Les iguanes des Petites-Antilles en danger ?

environnement
Iguane des petites antilles
©DENIS-HUOT Michel / hemis.fr / Hemis
L'iguane des Petites-Antilles, un grand lézard herbivore, est une espèce endémique qui symbolise la biodoversité en Guadeloupe notamment. Une étude du Muséum national d'Histoire naturelle montre qu'au fil des siècles, le nombre et la taille des iguanes diminuent fortement. 
L'iguane des Petites-Antilles, de son nom scientifique Iguana Delicatissima,  mesure fréquemment un mètre de long. Ce lézard herbivoire ne vit que dans cette région du monde.
Iguane des Petites-Antilles
Iguane des Petites-Antilles (Iguana delicatissima). ©Michel Breuil

On le trouve en Guadeloupe (sur la grande terre mais aussi à la Désirade), en Martinique, à Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Antigua, Anguilla ou encore à la Dominique. L'animal a été l'objet de nombreuses études, mais peu de scientifiques s'étaient jusque là intéressé à l'historique de sa présence dans les îles.

A quoi ressemble cet iguane ?

regardez ce reportage tourné à Petite-terre, au large de la Désirade. La réserve naturelle abrite de nombreux iguanes des Petites-Antilles. 

TERRITOIRE DES IGUANES from Franck Decluzet - KLORO Films on Vimeo.


Des iguanes plus petits

La revue Quaternary Science Reviews (lien vers l'article payant, en Anglais)  vient de publier une étude menée dans le cadre d'une thèse de doctorat au Muséum national d'Histoire naturelle. Les travaux ont porté sur les ossements d'iguanes découverts en Guadeloupe. Les résultats montrent que les iguanes qui vivent aujourd'hui en Guadeloupe sont en moyenne 20% plus petits que leurs ancètres, dont les ossements ont été mesurés. En clair, la taille des iguanes diminue, ainsi que leur nombre.
Mandibule iguane des Petites-Antilles
Mandibule d’un Iguane des Petites-Antilles (Iguana delicatissima) retrouvée dans un site archéologique datant de la période amérindienne Saladoïde (environ 2000 ans avant le présent). ©MNHN - Corentin Bochaton

Le tournant du XVIIème siècle

Selon les chercheurs, si les premiers habitants amérindiens des Petites-Antilles chassaient bien les iguanes, cette chasse n'avaient pas de conséquence sur la population globale des lézards. En revanche, c'est à partir de l'arrivée des Européens au XVIIème siècle que les populations d'iguanes ont commencé à diminuer et que la taille moyenne des lézards s'est réduite. 

Espèce en danger

Classé vulnérable depuis 2006 par l'UICN (l'Union International pour la Conservation de la Nature), l'iguane des Petites-Antilles fait l'objet d'une surveillance attentive et un plan national d'actions a été lancé entre 2011 et 2015 en faveur de cette espèce. L'étude du Muséum permettra d'adapter les différentes politiques de sauvegarde des iguanes dans les Antilles.  
Les Outre-mer en continu
Accéder au live