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Mayotte: le préfet refuse le report de la législative partielle

Le préfet a opposé une fin de non recevoir aux élus de Mayotte qui avaient réclamé samedi le report de l'élection législative partielle prévue dimanche en évoquant "des raisons de sécurité" et des difficultés pour les candidats à faire campagne.

Réunion à la préfecture de Mayotte © Mayotte La1ère
© Mayotte La1ère Réunion à la préfecture de Mayotte
  • La1ère avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
Dans une déclaration à la radio dans l'après-midi, le préfet de Mayotte Frédéric Veau a annoncé que "les élections se tiendraient" bel et bien dimanche. "Mayotte, c'est la République, la République, c'est la démocratie, la démocratie, ce sont les citoyens qui s'expriment dans les urnes", a-t-il dit, assurant que "l'Etat prendra toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin".  


Demande de report

Le maire de Tsingoni, Mohamed Bacar, premier vice-président de l'association des maires et porte-parole du comité de coordination des élus, a indiqué samedi matin devant la presse que les élus réclamaient "le report de l'élection pour des raison de sécurité".

Rencontre à la préfecture

Le président du conseil départemental de Mayotte Soibahadine Ibrahim Ramadani, et plusieurs maires et conseillers départementaux rencontraient en fin de matinée le préfet et la délégation de haut-fonctionnaires mandatés par le gouvernement, pour leur faire part de cette demande.


"Même si les mairies sont ouvertes, il n'y a pas de garantie que les conditions de sécurité soient réunies", a expliqué Mohamed Bacar, en évoquant des "risques de barrages et de soulèvements".

 


Le porte-parole des élus a aussi indiqué que les mairies seraient ouvertes mais que, dans certains endroits, des écoles (devant servir de bureau de vote, ndlr) avaient été cadenassées.

Cascade de plaintes

"Si un bureau ne peut pas être ouvert, le code électoral permet de le déplacer à un autre endroit", a répondu le préfet. Prenant acte de la décision du préfet, le porte-parole des élus a prédit "une cascade de dépôts de plaintes" après l'élection.

Un porte-parole du mouvement social, Salim Nahouda, a estimé qu'"il appartient à la population de voir s'il est nécessaire ou pas d'aller voter", invitant les électeurs à boycotter l'élection.

Pas de campagne électorale

Jeudi, un candidat à la législative, Boina Dinouraini, avait indiqué qu'il souhaitait également le report de l'élection. "on ne circule pas, on ne peut pas faire campagne, on a la peur au ventre", a-t-il expliqué.

Le maire de Mamoudzou pour l'élection

Le maire de Mamoudzou Mohamed Majani s'est désolidarisé de cette demande. "Je m'exclus de la demande du report, j'organise des élections en tant qu'agent de l'Etat, donc j'exécute. Ca appartient à l'Etat d'assurer la sécurité", a-t-il dit.


Dans une motion, les élus soulignent également avoir "constaté que des opérations de lutte contre l'insécurité et l'immigration clandestine sont engagées" et "demandent qu'elles soient amplifiées et renouvelées".

Des opérations de sécurisation et de contrôle des personnes en situation irrégulière ont été menées depuis deux jours par les forces de l'ordre à Mayotte, pour faire suite aux engagements de la ministre Annick Girardin.

Les élus indiquent aussi rejoindre une demande, formulée par l'intersyndicale et le collectif de citoyens "que le gouvernement nomme un autre émissaire avec un mandat qui pourrait engager le gouvernement".

Bonne volonté

Dans une déclaration faite samedi sur le site internet d'un média local, l'un des porte-parole du mouvement Saïd Kambi déclare que "concernant la demande de la ministre, nous disons chiche ! Nous laissons donc un mois à la ministre pour démontrer sa bonne volonté et régler le problème de l'insécurité et de l'immigration à Mayotte".

Mais "nos revendications vont bien au-delà de la sécurité et de l'immigration, il faut aussi développer notre île. Aussi, nous resterons sur les barrages jusqu'à l'arrivée du Premier ministre ou d'un émissaire pour négocier nos revendications".

Le président du conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani a pour sa part indiqué à la presse voir "un début de mise en oeuvre" des engagements de l'Etat, ajoutant "l'Etat a demandé un mois, qu'on lui fasse confiance".

Election législative partielle

Une élection législative partielle est prévue dimanche, après l'annulation de l'élection en juin 2017 de Ramlati Ali (LREM) par le Conseil constitutionnel qui avait estimé "altérée" la "sincérité du scrutin" en raison du "faible écart de voix" entre elle et son adversaire Elad Chakrina (LR).

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