Discussions à Paris: le FLNKS annonce qu'il n’ira pas au rendez-vous fixé par l'Etat

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Conférence FLNKS, 5 mai 2021
Le FLNKS en conférence de presse à Nouméa, mercredi 5 mai. ©Stéphanie Chenais / NC la 1ere

Le FLNKS rend publiques les positions décidées durant sa convention de samedi dernier, à Kouaoua. Dans les conditions actuelles, il ne compte pas répondre à l'invitation de l'Etat pour les discussions autour de l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, en invoquant plusieurs raisons.

Il n’y aura pas de délégation du FLNKS durant les discussions initiées par l’Etat du 25 mai au 3 juin, à Paris, annonce le Front. Parmi les raisons invoquées, "l’impréparation de la mission". Le mouvement indépendantiste estime aussi que "les conditions ne sont pas réunies sur le contenu des implications de l'Etat en cas de 'Oui'" et regrette "les [rencontres] bilatérales non tenues malgré notre insistance". Il demande que soit missionné "un haut responsable habilité à préparer la mission à Paris en amont" (comme Jean-Pierre Djaïwe l'évoquait le 18 avril dans notre journal télévisé). 

Ecoutez Patrick Jomessy, membre du bureau du FLNKS pour le Palika, au micro de Stéphanie Chenais.

FLNKS après convention de Kouaoua, Patrick Jomessy

 

Le FLNKS réuni en convention au centre administratif de Kawipa le 1er mai 2021 estime qu'il n'y a pas d'urgence à se rendre à Paris à la fin du mois, car les sujets d'ordre de souveraineté qui doivent se discuter avec l'Etat français méritent des séances de préparation en amont, pour disposer de tous les éléments.

FLNKS, le 5 mai 2021


Après Kouaoua

Cette décision des indépendantistes a été annoncée mercredi 5 mai, dans la matinée. C'était durant une conférence de presse à Nouméa, qui transmettait les conclusions du bureau politique suite à la convention du front, samedi à Kouaoua.

Il n'y a pas un refus catégorique, il y a simplement un refus d'aller discuter dans ces conditions proposées par l'Etat.

Aloisio Sako, porte-parole du FLNKS

 

Sébastien Lecornu : "La main est tendue"

Un peu plus tôt, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu déclarait devant le Sénat : "Je pense que tout le monde viendra, à Paris. En tout cas, nous nous serons là. Si je dois rester seul, je resterai seul, mais la main est tendue."

 

Une consultation citoyenne "opaque" et à la finalité "pas bien définie"

Le FLNKS l'a aussi dit ce mercredi, il n’a pas l’intention de participer à la restitution de la grande consultation aux acteurs politiques, jeudi 6 mai, à la Résidence : "La consultation citoyenne initiée par l'Etat nous paraît opaque", formule-t-il et sa finalité, "pas bien définie".

Un président du gouvernement d'ici la mi-mai ?

Selon la motion présentée, le FLNKS "s'engage à installer un président commun du dix-septième gouvernement dans le respect des équilibres avant la présentation du budget 2021 de la Nouvelle-Calédonie", soit d'ici la mi-mai. "La convention a décidé une meilleure répartition des responsabilités au sein des institutions", développe Wassissi Konyi, membre du bureau politique. "Donc il faut qu'on recherche les équilibres entre les institutions : provinces, gouvernement et Congrès. Cette semaine, il y a encore deux réunions à l'intérieur de l'UC et la semaine prochaine, il y a la convocation du haussaire, le 12 mai."

Wassissi Konyi, membre du bureau politique du FLNKS, au micro de Stéphanie Chenais :

FLNKS après convention de Kouaoua, Wassissi Konyi


 

Usine du Sud : "acharnement judiciaire"

Par ailleurs, le FLNKS "confirme la majorité océanienne au Congrès (…) pour la sortie de l'accord" de Nouméa. Enfin, concernant la vente du l’usine du Sud, il condamne "l’acharnement judiciaire autour des interpellations" et soutient ses militants. Le Front, qui interpelle l’Etat à ce sujet, parle même de "manœuvres  à peine voilées [pour] discréditer la mobilisation de tout un peuple".

Synthèse avec Thérèse Waïa et Philippe Kuntzmann :