La Cafat demande une aide de 600 millions de francs au gouvernement

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Cette rallonge demandée par la Cafat au gouvernement a pour objectif de pouvoir assurer les mesures de chômage partiel de la SLN et de l’usine Vale. Sans ces fonds supplémentaires, la caisse locale l’assure : elle n’aura pas les moyens de payer. 

[MISE A JOUR AVEC INVITE DU JT]

Va-t-il falloir faire un choix entre les bénéficiaires du chômage partiel ? C’est en tout cas le risque dans les prochaines semaines si la Cafat ne reçoit pas de quoi alimenter le régime des demandeurs d’emploi.

La synthèse de Dave Waheo-Hnasson : 

 

La situation à Vale met à mal la Cafat

La Cafat est donc dans le rouge. En cause, la baisse d’activité de la SLN et de Vale en raison des blocages à répétition. « Le régime du chômage à l’heure actuelle est déjà en difficulté. Les prévisions pour 2021 s’annoncent mauvaises, on ne peut pas subvenir aux nouvelles dépenses qui se présentent et donc il faudra payer ces dépenses-là par l’intermédiaire d’une subvention » explique Jean-Pierre Kabar, président du conseil d’administration de la Cafat.

Le Conseil d’administration de la Cafat, réuni en conseil extraordinaire mercredi, a donc envoyé ce jeudi, un courrier à Thierry Santa, président du gouvernement pour solliciter une subvention exceptionnelle de 600 millions de francs, de quoi tenir les mois de janvier et février.

Déficits cumulés

Le régime chômage de la Cafat a connu ces dernières années des déficits structurels. Moins 200 millions en 2019, moins 360 millions en 2020…. et pour 2021, ce même régime prévoit un gouffre abyssal de 400 millions de francs. Pour redresser ses comptes cette année, la Cafat a dû céder ses titres immobiliers. Elle comptait également sur un prêt censé pallier le déficit du Ruamm. Le texte n’a pas été voté au Congrès. La Cafat ne peut donc pas encore compter sur ce dernier. 
 
Retour donc à la case départ, avec en plus, pour 2021, le paiement des chômages partiels qui s’annonce. Déjà acté, ce sont 660 salariés mis au chômage partiel, du côté des sous-traitants de Vale. En cours d’instruction…on compte 1200 salariés de Vale et 230 salariés de la SLN, principalement du site de Kouaoua.
 
Au total, pour l’ensemble de ces salariés, le régime chômage de la Cafat devra donc débourser environ 300 millions de francs par mois….en plus de son déficit de 400 millions de francs. « Si on prend Vale, la SLN et si on continue à financer les sous-traitants, on est sur des sommes qui avoisinent les 300 millions de francs par mois. Si on veut couvrir au moins les deux mois qui sont annoncés, il faut au moins une subvention de 600 millions de francs, sous réserve que ça se prolonge » indique Jean-Pierre Kabar.

Comment fonctionne le chômage partiel ?

Pour comprendre la situation actuelle, il faut déjà comprendre comment une entreprise peut bénéficier du chômage partiel.  Si elle se retrouve dans une situation économique difficile, une société peut demander à la DTE d’être placée en chômage partiel. Si après examen du dossier, c’est accordé, la Cafat a alors le feu vert pour indemniser. Indemniser l’entreprise qui elle a continué à payer ses salariés. En gros, même avec le chômage partiel, l’entreprise continue de payer ses employés puis, elle se fait rembourser par la Cafat. Le montant remboursé par la caisse correspond à 66% du SMG pour chaque employé concerné. Il est financé, comme l’assurance chômage par les cotisations sociales. 

Puisque c’est le gouvernement qui accorde le chômage partiel, la Cafat estime donc que c’est à lui de régler ces 600 millions supplémentaires inopinés.  Si le gouvernement refuse le prêt, les seules options : arbitrer entre les bénéficiaires du chômage partiel ou ponctionner dans le seul régime excédentaire, soit les prestations familiales.... Une solution que la Cafat n'envisage pas. 
 

L'invité du JT

Le président du conseil d’administration de la Cafat était jeudi soir l'invité du journal télévisé.
L'entretien de Jean-Pierre Kabar avec Yvan Avril :