Référendum en Calédonie : la date du 12 décembre 2021, source de divisions [RÉACTIONS]

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©Outre-mer la 1ère

La question divisait avant même le début de la séquence parisienne de discussions le 26 mai. Les indépendantistes réclamaient la tenue de ce troisième référendum, prévu par l'Accord de Nouméa, à l'automne 2022. Le camp loyaliste poussait, quant à lui, pour une consultation la plus rapide possible.

Le ministre des Outre-mer a officiellement levé le voile ce mercredi 2 juin, à l'issue du Conseil des ministres : la troisième et dernière consultation référendaire permise par l'Accord de Nouméa se tiendra avant la fin de cette année. 

Le gouvernement de la République convoquera les électeurs de la liste électorale concernée par cette consultation le 12 décembre 2021.

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

 

► Pierre-Chanel Tutugoro, secrétaire général du Mouvement d'Union Calédonienne

La position de l'État ne nous engage pas. Elle n'a pas été validée par notre délégation.

Pierre-Chanel Tutugoro

 

Contactés par Outre-mer la 1ère ce mercredi, les membres de l'Union Calédonienne (UC) n'ont pas souhaité réagir, à ce stade, à l'intervention du ministre des Outre-mer. Seule branche du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) présente aux discussions à Paris, l'UC a tout de même expliqué mercredi matin dans un communiqué que la déclaration de l'État après le Conseil des ministres était une "déclaration unilatérale" qui "reflètera et exprimera les intentions de l'État en cas de Oui et en cas de Non". La date du 12 décembre 2021 avait, en effet, été évoquée dès mardi 1er juin, lors d'un entretien entre les élus calédoniens et le président de la République à l'Élysée. 

"L'État assume ses positions, et il le fait librement. La position de l'État ne nous engage pas. Elle n'a pas été validée par notre délégation. Une fois la déclaration de l’État révélée ainsi que le document sur le Oui et le Non publié, l’Union Calédonienne pourra délibérer dans ses instances d’une position officielle."
 

► Gil Brial, président du Mouvement Populaire Calédonien et 2e vice-président de la province Sud

Cette date, c'est une victoire pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie. Il faut tourner la page de l'Accord de Nouméa. On est au bout aujourd'hui d'une séquence, et il faut en ouvrir une autre. 

Gil Brial


"La date, c'est l'État qui la décide. Et l'État, pendant toute cette semaine a été respectueux de chacun, c'est-à-dire de la revendication indépendantiste et de notre volonté, à nous, de rester au sein de la République française. C'est cet état d'esprit qu'on doit garder dans les semaines qui viennent. On va avoir une campagne [électorale, ndlr], et il y aura un après. Donc il faut que chacun fasse cette campagne de manière honnête. Les Calédoniens méritent de l'honnêteté, de la clarté sur ce qui va se passer en cas de Oui et en cas de Non. Mais ils méritent aussi qu'on prépare l'après. Ce référendum n'est pas une fin en soi, c'est juste la page de l'Accord de Nouméa qui se tourne (...) Si l'État maintient cette pression, on fera une campagne en continuant à se parler. Et c'est ce qui a été le plus marquant cette semaine, le retour à une discussion apaisée et le retour au centre de l'échiquier de l'Union Calédonienne avec tout l'histoire qu'elle porte."

Gil Brial se dit également très "satisfait de l'ensemble de la séquence parisienne." "C'était important pour nous que l'État soit fort en Nouvelle-Calédonie pour faire progresser le dossier. On voit bien que quand un ministre le prend à bras le corps, ça avance. Il nous a fait progresser avec de nombreux interlocuteurs qui ont répondu aux questions qu'on se posait en cas de Oui, en cas de Non. On va pouvoir maintenant faire une campagne qui sera transparente pour les Calédoniens. Ils auront les réponses à beaucoup de questions sur la double nationalité qui ne sera pas possible en cas d'indépendance, sur l'arrêt des transferts de compétence. Mais également sur le Non, qui peut être un Non de progrès, de développement."
 

► Virginie Ruffenach, présidente du groupe "L'Avenir en Confiance" au Congrès de Nouvelle-Calédonie

Sortir du processus de l'Accord de Nouméa est une bonne chose pour l'ensemble des habitants de la Nouvelle-Calédonie.

Virginie Ruffenach


"On salue la décision de l'État de fixer cette date avant la fin de l'année. Il s'agit d'une décision de responsabilité parce que les Calédoniens ont trop souffert ces dernières années de ces consultations à répétition. Je considère, et nous considérons au sein des loyalistes, qu'ils aspirent aujourd'hui à de la sérénité. Sortir du processus de l'Accord de Nouméa est une bonne chose pour l'ensemble des habitants de la Nouvelle-Calédonie."

Virgine Ruffenach affirme que cette semaine de discussions a été "un exercice pertinent du Oui et du Non à l'indépendance". "Les fils du dialogue ont été renoués. Nous avons eu un bon niveau de discussions et des échanges sincères avec le partenaire Union Calédonienne." "Cette décision va nous permettre désormais d'engager une campagne active pour permettre aux Calédoniens pour la troisième et la dernière fois, nous l'espérons, d'exprimer leur attachement à la République française et leur volonté de rester au sein de la France pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie."
 

► Philippe Gomès, député de Nouvelle-Calédonie (Calédonie ensemble)

On voulait un référendum éclairé. Désormais, il est éclairé. 

Philippe Gomès


"Si la question c'est Oui ou Non, il est inutile de continuer à attendre parce que l'attente est source d'incertitude, de tensions, d'attentisme économique. Et à la sortie, c'est le Pays et les populations du Pays qui en payent le prix. Donc puisqu'on peut faire que Oui ou Non, faisons-le à la fin de l'année et construisons après quelque chose. Donc la date de 2021 est la bonne date. 

Philippe Gomès s'est exprimé en lmarge d'une rencontre avec les étudiants calédoniens à la Maison de la Nouvelle-Calédonie mercredi soir. "Cette déclaration, c'est le retour de l'État. Il y a enfin une perspective qui est tracée par l'État, on n'est plus dans le saut dans le vide avec ce troisième référendum. On appelait ça, nous, le référendum aveugle et on voulait un référendum éclairé. Désormais, il est éclairé. Et il est éclairé également parce qu'il permet de construire un après, un après Accord de Nouméa. L'accord de Nouméa, ce n'est pas la fin de quelque chose, c'est le début d'autre chose. Donc il est très important que l'État ait repris la main pour tracer un cap pour tous les Calédoniens pour qu'on puisse construire ensemble quelque chose pour continuer à vivre en paix. C'est indispensable dans un pays qui a une histoire comme la nôtre."