Régis Ribere : la réussite d'un Guadeloupéen en Afrique du Sud

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Régis Ribere
Régis Ribere, directeur pédagogique aux Alliances françaises de Johannesburg et Soweto ©Fortune Manthosi
Arrivé en novembre 2021 en Afrique du Sud, Régis Ribere est depuis directeur pédagogique aux Alliances françaises de Johannesburg et Soweto. Titulaire d’une thèse en langue et littératures étrangères, il va bientôt fêter son premier anniversaire dans le pays.

C’est par hasard que Régis Ribere est arrivé en Afrique du Sud, après plusieurs tentatives infructueuses pour trouver un emploi sur son île natale, la Guadeloupe. Un jour, il décide de candidater à un programme de volontariat international, et le voilà embarqué pour la grande aventure sur les terres de Nelson Mandela.

Coiffé de dreadlocks, des lunettes rondes vissées sur les yeux, un large sourire, et une tête pleine, cet ancien basketteur de l’Intrépide de Fort-de-France est prêt pour ses nouvelles fonctions. Une fois sur place, le voilà propulsé au rang de directeur pédagogique aux Alliances françaises de Johannesburg et Soweto, secondant ainsi le directeur des Alliances. Il a à sa charge l’équipe administrative et pédagogique, mais est aussi coordonnateur des nombreuses actions culturelles et sociales, le tout en coopération avec l’ambassade de France. Du fait de sa fonction, Régis Ribere est intégré au corps diplomatique sur place, et se retrouve missionné auprès du ministère des affaires étrangères.

La culture comme motivation

Passionné de culture, Régis ne cache pas son enthousiasme et ne tarit pas d’éloges sur ce qu’il acquiert au quotidien là-bas: « Johannesburg est une ville résolument moderne et cosmopolite. Quant à Soweto, c’est magique. C’est la seule province au monde, où on peut trouver une rue avec deux maisons de prix Nobel : Nelson Mandela d’un côté et Desmond Tutu de l’autre. Soweto a donc ce côté magique pour la culture, les droits de l’homme et pour toute la richesse humaine qu’on pourrait y trouver. Pour moi ça constitue des atouts de choix, et je ne regrette pas mon arrivée car j’ai pu m’enrichir humainement et culturellement ». 

Chargé de coordonner les actions culturelles, le Guadeloupéen s’occupe de faire la promotion de la culture francophone et locale à travers les cours dispensés par les Alliances « Je suis dans l’Alliance française d’Afrique du Sud la plus grande, et qui compte le plus d’étudiants. Notre calendrier culturel est chargé, et nous proposons de nombreux cours en français, en anglais, portugais, Isizulu, qui est la langue la plus parlée ici et le Xhosa.»

Déjà durant ses années universitaires, Régis avait une passion pour les cultures urbaines. Il a par ailleurs soutenu sa thèse sur le thème des problématiques socioculturelles et de la criminalité à travers le cinéma afro-Américain.

Photo d'une partie de l'équipe administrative de l'Alliance Française de Johannesburg, lors de la soirée de Gala Créative Africa, mettant à l'honneur les jeunes artistes émergents de Johannesburg, en partenariat avec l'Agence Française de Développement. ©DR

Un retour aux sources envisagé

Après un an en Afrique du Sud, Régis Ribere ne souhaite pas prolonger l’aventure là-bas. Malgré cette expérience forte, le Guadeloupéen de 29 ans a d’autres rêves et se verrait bien devenir maître de conférences sur son île ou dans la Caraïbe.

Originaire du quartier populaire de Grand Camp, il n’oublie jamais de le rappeler quand l’occasion se présente. Régis, à travers ses diverses expériences, a toujours voulu lutter contre le déterminisme social et les préjugés accolés aux jeunes des quartiers populaires. A travers son parcours de vie, il tend à faire savoir à chaque jeune qui veut bien l’entendre, « que nos origines ne doivent pas être un frein à notre ascension sociale, mais une force ». Son conseil, il a su le mettre en pratique et le fait savoir dès que l’occasion se présente. Lors de sa soutenance de thèse par exemple, devant un jury international, composé de chercheurs du Cameroun, d’Europe, et du bassin caribéen, il a introduit sa présentation en parlant de son enfance à Grand Camp. Une manière de montrer qu’un jeune des quartiers, avec des dreadlocks, peut atteindre des postes à haute fonction dans la société.