Les vols directs de l'été avec Paris divisent la classe politique à Saint-Pierre et Miquelon

coronavirus
ASL airlines à Paris
©Frédéric Lahiton/SPM la 1ère
Certains élus de Saint-Pierre et Miquelon s'inquiètent des risques accrus d'entrée du coronavirus avec le maintien de la plupart des vols directs. Mais d'autres expriment leur satisfaction quant à la réouverture du territoire et la liberté de mouvement retrouvée.

Après l'annonce du calendrier des vols directs entre Roissy et Saint-Pierre pour cet été, les réactions politiques locales sont contrastées. Le préfet Thierry Devimeux a tranché, ASL Airlines, la compagnie affrétée par Air-Saint Pierre, assurera la moitié des vols prévus de la fin juin jusqu'à la fin juillet. Mais tous les vols hebdomadaires sont maintenus sur les mois d'août et de septembre. 
 

Vif débat dans la population


Sur l'archipel, le maintien total ou partiel de ces vols directs, qui s'ajoutent aux liaisons internationales hebdomadaires avec Montréal, fait débat au sein de la population. Certains appellent à cette ouverture du territoire, afin de regagner un peu de liberté de circulation et de ne plus vivre "sous cloche". D'autres au contraire s'inquiètent du risque accru d'importation du coronavirus, si la quatorzaine stricte imposée aux voyageurs était allégée ou levée durant l'été. Pour faire entendre leur voix, ils se sont rassemblés au sein d'un collectif "Anti-vols 114N stricte" (sans quatorzaine).
 

Un clivage politique


Ce clivage qui traverse la population, s'exprime également au sein de la classe politique. Le sénateur Stéphane Artano fait aujourd'hui figure de principal opposant à l'ouverture du territoire. Quelques minutes après l'annonce préfectorale, il a publié une tribune sur les réseaux sociaux pour s'inquiéter du "revirement soudain" de l'État sur la question.


En avril dernier, le sénateur de Saint-Pierre et Miquelon (Archipel Demain) s’était déjà opposé au maintien des vols directs afin de conserver le virus hors du territoire, aux côtés des deux maires de l'époque Karine Claireaux (Ensemble pour Construire) et Danièle Gaspard (DVG).

Le sénateur s'est exprimé et à clarifié sa position dans une interview télévisée ce lundi 8 juin. Il se dit favorable à l'ouverture progressive du territoire, mais il émet toutefois quelques réserves et réclame le maintien de la quatorzaine stricte.

Retrouvez la position du sénateur de l'archipel Stéphane Artano.
©saintpierremiquelon

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Le président du conseil territorial Stéphane Lenormand, se dit pour sa part également favorable à une ouverture progressive du territoire, mais il dit aussi comprendre l'inquiétude que cela peut générer.

Retrouvez la position du président de la collectivité territoriale Stéphane Lenormand.
©saintpierremiquelon
 

Des élus approuvent l'ouverture


A l'inverse, d'autres élus réagissent d'ores et déjà positivement à l'annonce préfectorale. Le nouveau maire de Saint-Pierre Yannick Cambray (Cap sur l'Avenir) ne voit aucun inconvénient à ce que le territoire accueille quelques vols directs, pour autant qu’une sécurité sanitaire soit assurée. Il juge le dispositif "raisonnable et sécurisé".

Le député Stéphane Claireaux (Cap sur l'Avenir) estime lui que le territoire ne pourra rester sous cloche éternellement. Il se déclare, lui aussi, pour une ouverture progressive et maîtrisée de l’archipel.
 

Pour le préfet, la sécurité sanitaire de l'archipel est "garantie"


La préfecture de son côté, insiste sur la modestie de cette ouverture progressive, correspondant à "20 à 30% du trafic estival habituel", tenant compte du vol hebdomadaire vers Montréal annoncé à partir du 14 juin prochain, "qui permettra de garantir la sécurité sanitaire de l'archipel".
 

" Il y a beaucoup de gens qui ont besoin de faire revenir leurs enfants étudiants, faire venir de la famille, ou de retour d'évasan, et puis d'autres qui ont besoin de partir retrouver leur famille en métropole. Comme la menace épidémique est en train de s'éloigner, nous avons, avec l'accord des élus, décidé d'augmenter le nombre de passagers qui pourraient rentrer dans l'archipel. " - Thierry Devimeux


Le communiqué du préfet.


Un collectif attentif


De son côté, le collectif "Anti-vols 114N stricte" suit une voie médiane. Dans un message publié sur les réseaux sociaux quelques jours avant l'annonce du calendrier des vols directs, ses membres fondateurs précisaient que "le mouvement ne s’oppose pas au maintien des vols directs mais s’inquiète uniquement de l’assouplissement des mesures sanitaires à l’arrivée sur le territoire.Il restera vigilant sur les mesures qui seront mises en place au-delà [du 10 juillet]."

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Pour les passagers : remboursement ou report


Quoi qu'il en soit, les passagers qui ont réservé un billet sur les vols directs de cet été ont le choix de leur décision : que leur vol soit maintenu ou non, la préfecture précise qu’ils pourront bénéficier d’un remboursement ou d’un crédit pour un futur voyage.

Le reportage de Marie Paturel et Aldric Lahiton

©SPM la 1ère
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