VIDEO. Serge Monroc, le Martiniquais différent

tranches de vie
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Serge se revendique martiniquais. Mais il sait que son histoire personnelle fait de lui un Antillais pas comme les autres. Sa relation avec son île est fortement conditionnée par une enfance vécue loin des terres de sa famille. Il a déjà deux ans lorsque son père, militaire, rentre d'Indochine.

" Mon père et ma mère s'étaient rencontrés en Martinique. Malheureusement ma mère a eu son bac et une bourse pour étudier en France. Donc mon père s'est engagé dans l'armée pour la rejoindre, sauf qu'il a été envoyé tout de suite en Indochine. Quand il est revenu j'avais déjà deux ans ".
Le petit Serge se retrouve face à un inconnu et le rejette d'emblée. De ce jour il a entretenu des relations compliquées avec son père jusqu'à l'adolescence.

Aujourd'hui Serge a 67 ans. Lorsqu'il se retourne sur son parcours, il réalise à quel point les premières années de sa vie ont déterminé la relation qu'il entretient avec la Martinique. Il noue un premier contact avec son île à deux ans et demi, par l'intermédiaire de son père qui le présente à sa famille.

"J'ai toujours eu ce sentiment que même en étant à l'extérieur, j'étais toujours martiniquais avec tout ce que cela comporte, la force et les faiblesses parce qu'il y en a. Mais je me suis toujours revendiqué martiniquais en premier ".
S
'il admet éprouver des regrets de ne pas avoir davantage vécu en Martinique, Serge affirme haut et fort qu'il a autant de sensibilité antillaise que les autres.

Une sensibilité qui le mène depuis des années maintenant à faire des portraits photographiques en noir et blanc de Caribéens. Au départ Serge voulait être photographe de guerre, il voulait aller sur les conflits mais devant le veto posé par son père, il renonce sans abandonner pour autant sa passion. Il vient de terminer une exposition de ces visages en région parisienne et s'est promis d'en organiser d'autres à l'avenir.