Tatouage : les encres toxiques n'épargnent pas les Outre-mer

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Tatouage de Viriamu Teuruarii
©Cécile Baquey

L'UFC-Que Choisir alerte sur des molécules toxiques dans 75% des encres utilisées par les tatoueurs en France. La Polynésie, où le tatouage est une institution, a aussitôt pris des précautions. Au moins deux des encres pointées par l'association de consommateurs sont utilisées sur le territoire.

Élisabeth Chesnais, journaliste au magazine Que Choisir et auteure de l’enquête, dénonce la "présence de produits cancérigènes" dans 75% des encres utilisées par les tatoueurs français. Contactée par Outre-mer la 1ère, l'association réclame "le rappel de tous les produits mis à l'index" et une plus grande attention des professionnels sur les encres qu’ils utilisent au quotidien.

Deux fournisseurs d'encre en Polynésie

Au total, sur les 20 produits testés, 15 s'avèrent dangereux. Deux des produits jugés toxiques figurent sur la liste d'un des deux fournisseurs en Polynésie. Le centre d'hygiène et de salubrité public de l'archipel du Pacifique a aussitôt lancé une procédure de précaution et avertit ses tatoueurs adhérents, leur demandant de retirer les encres ciblées par l'UFC-Que Choisir.

En Polynésie, le tatouage est une tradition de plusieurs siècles. Regardez le reportage de Polynésie la 1ère auprès des professionnels de l'archipel, suite à la publication de l'étude de l'UFC-Que Choisir.

 

Une composition peu encadrée

Les experts de l'UFC-Que choisir ont analysé les 20 encres les plus utilisées par les tatoueurs français et les couleurs les plus fréquentes, à savoir le noir, rouge, vert et jaune. Ils ont détecté des "ingrédients cancérogènes, des conservateurs bannis des cosmétiques et des colorants interdits" dans 15 d'entre elles.

Si le pigment reste sur la peau, de nombreux autres produits chimiques, et notamment des nanoparticules, se propagent dans l'organisme, jusque dans le système immunitaire, alerte Élisabeth Chesnais. Certaines de ces substances sont, pourtant, interdites dans les cosmétiques en France, "or les cosmétiques, on les met sur la peau, on ne les injecte pas dans l'organisme !"

Multiplier les contrôles

Si les règles d'hygiène sont très strictes dans les salons de tatouage, "en revanche, la composition des encres, personne ne s'en préoccupe, regrette Élisabeth Chesnais. Il commence à y avoir une réglementation européenne mais jusqu'ici il n'y avait rien." A compter de décembre 2021, une nouvelle réglementation européenne encadrera la composition et l'étiquetage des encres de tatouage.

Ce ne sont pas du tout les tatoueurs qui sont en cause dans l'histoire, ce sont les industriels qui leur fournissent des encres.

Elisabeth Chesnais, journaliste


"On demande aux services de la répression des fraudes de retirer du marché toutes les encres que nous avons disqualifiées et de multiplier le contrôles parce que manifestement, il n'y en a pas assez (…) Les étiquettes ne disent pas tout, nos analyses l'ont prouvé."

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