Voile : le skipper guadeloupéen Damien Seguin abandonne sur la Vendée Arctique les Sables d’Olonne

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Damien Seguin
Damien Seguin à la manœuvre sur son Imoca ©Jean-Marie Liot
Damien Seguin avait toujours bouclé toutes les transats ou courses dont il prenait le départ. Ce premier abandon de sa carrière, suite à la casse d'un support d'alternateur, arrive finalement au bon moment. Il vaut mieux ne pas prendre de risque avant le départ du Vendée Globe. Interview.
 
Cette décision d’abandonner la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne a-t-elle été difficile à prendre ?
Il y a beaucoup de déception, je n’ai pas fait demi-tour de gaité de cœur. J’étais bien avec le bateau, je me sentais bien, j’étais dans un bon petit groupe de bateaux. C’est la première fois que je fais demi-tour sur une course. Il y a toujours beaucoup d’enseignements à prendre d’un départ, j’ai pu m’étalonner sur quelques centaines de milles avec les autres concurrents. J’ai pu tester mon Imoca dans des conditions difficiles. Il y a plein de choses positives à retirer, je me sentais bien à bord. Mais c’est vrai que ce n’est jamais facile d’abandonner une course. Il faut passer outre ma déception, j’espère que tous mes fans me comprendront.

Que s’est-il passé à bord hier exactement ?
Je me suis rendu compte de l'avarie quand le bateau tapait - et il faut dire que ça tapait pas mal dans les vagues quand on était au près – en montant sur l’Irlande. J’ai remarqué que toute la fixation moteur où se trouve la production d’énergie avec l’alternateur avait complètement cassé. J’ai regardé rapidement ce que je pouvais faire et je me suis rendu compte que malheureusement je ne pouvais pas du tout réparer. Ça paraissait compliqué de continuer comme ça au près sans pouvoir recharger les batteries du bord donc j’ai pris la décision avec l’équipe de rentrer à Port-la-Forêt. 

Il n’y avait pas d’autres alternatives pour continuer la course ?
J’ai plusieurs sources d’énergie à bord, on a des hydro-générateurs qui permettent de fabriquer de l’électricité avec la vitesse du bateau. La problématique, quand on va à des allures faibles ou alors au près ça tape beaucoup. De fait on ne peut pas trop s’en servir et ça ne produit pas assez d 'énergie pour au moins étaler la consommation qu’on a à bord avec le pilote automatique et les ordinateurs. Après en complément on a des panneaux solaires mais pour ça il faut du soleil pour que cela puisse produire de l 'énergie. Enfin la plus grosse source de production à bord reste le moteur thermique qui est couplé soit à une génératrice soit à un alternateur. J’étais un petit peu dans l’impasse quand je me suis rendu compte de la casse du support d’alternateur. Les panneaux solaires ne sont pas encore installés sur le bateau donc je n’avais pas non plus cette source-là. Au vu des conditions météo de la nuit et des prochains jours, il n’était pas question de commencer cette longue traversée comme ça. On a donc pris la décision de faire demi-tour.  
 
Damien Seguin
Groupe Apicil dans une mer formée ©Jean-Marie Liot

Décision sage car la réparation était impossible ?
La mer était assez formée, je voyais bien que le bateau était sollicité. Malheureusement ça fait partie des casses matérielles, la course au large est un sport mécanique dépendant de ces choses-là. Ca ne peut pas être réparé assez rapidement pour que je puisse repartir en course, et puis je serais beaucoup trop loin des autres, il ne faut pas se tromper d’objectif et prendre le moindre risque.

Et maintenant quelle est la suite du programme, le bateau rentre en chantier ou tu fais les réparations directement ?
Non ce n'est pas nécessaire de sortir le bateau de l'eau. Au niveau structure tout est ok. On va réparer tranquillement, c'est vraiment une petite casse. Il faudra être prêt pour le 8 novembre, pour le départ du Vendée Globe. Ensuite nous allons naviguer avec mon équipe, ou moi en solo. On va multiplier les sorties. Là j'ai juste besoin d'une petite pause avant de naviguer. 

Rien n’est fixé dans mon calendrier. Il y a des courses fin juillet et en septembre, on verra. L’essentiel est d’abord de naviguer sur ce beau bateau en Bretagne, autour de Port-la-Forêt et Lorient, d'inviter mes partenaires qui me soutiennent toujours. Nous verrons ensuite si nous modifions le calendrier initial des courses et si nous serons à Cherbourg ou pas le 19 juillet, pour le départ de La Dhream Cup. En sachant qu'il y a aussi le défi Azimut en Septembre entre Lorient et Groix. 
 
Damien Seguin
Le monocoque rouge Groupe Apicil va bientôt reprendre la mer ©Jean-Marie Liot


 
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