Vendée Globe : Damien Seguin prêt à livrer sa dernière bataille avant l’arrivée

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Damien Seguin
Damien tente un dernier pari, rentrer dans le top 5 ©DS

L’arrivée du Vendée Globe est prévue mercredi pour le vainqueur. Damien Seguin le guadeloupéen sur son monocoque Groupe APICIL coupera la ligne jeudi matin. Aux portes du top 5, le marin entend bien livrer une dernière bataille pour y accéder. Au bout de son tour du monde il étonne encore !

Outre-mer la 1ère : Damien on est à quelques heures de l’arrivée dans la dernière ligne droite, le money-time comme on appelle cela dans pas mal de sports. Et c'est incroyable vous arrivez cette semaine...

Damien Seguin : Pour être franc j’entends ce que les gens disent sur ce Vendée globe, que ce que j’ai fait c’est incroyable, oui certainement. Mais je ne m’en rends pas compte encore car je suis dans ma course, parce que je suis à la bataille pour essayer de gagner au moins une place et finir 6è sur ce Vendée Globe

Je vois bien avec le classement que c’est dingue d’avoir un bateau à dérive aussi proche des leaders, mais je ne trouve pas que ma course est un truc de dingue non plus. J’ai essayé de bien naviguer, je pense que ma place, je ne l’ai pas volé. Voilà c’est tout, je suis un compétiteur, j’essaie de faire du mieux possible.

Après, une fois que je serai arrivé je prendrai un peu plus conscience de ce que j’ai fait parce que j’aurai le recul sur les derniers jours, des dernières semaines, les derniers mois. Ce recul que je n’ai pas du tout encore en ce moment, je vais prendre le temps de digérer tout ça pour faire un bilan

Outre-mer la 1ère : Vous êtes donc complémentent concentrés sur votre fin de course ?

Damien Seguin : L’arrivée est programmée jeudi dans la matinée pour moi, dans des conditions qui vont se muscler au fur et à mesure. C’est dingue de se dire que je suis si proche de l’arrivée, je suis tellement dans l’action que j’ai du mal à regarder le chemin que j’ai déjà parcouru jusque-là. 
Je suis partagé entre la joie d’arriver, le fait d’être complétement dans ma course et gérer les heures qui passent sur le bateau car la lutte est assez intense avec l’Italien Gian Carlo Pedote pour la sixième place.

Damien Seguin
Groupe APICIL vu du bateau de Boris Hermann le futur vainqueur ? ©BH


Outre-mer la 1ère : Le top 5 est-il jouable pour vous ? On voit les uns et les autres empanner ou virer, c’est assez incroyable de voir ça sur une arrivée de Vendée Globe ?

Damien Seguin : Je ne pense pas que le top 5 soit jouable pour moi, après il peut toujours y avoir une défaillance, un problème technique sur un des bateaux qui sont devant moi, ce que je ne souhaite pas. Mais pour moi déjà, au vu de la configuration de ces derniers jours, faire 6è devant Gian Carlo ce serait génial, car il a un bateau plus performant que le mien.
On risque d’avoir huit bateaux en moins de 24h, c‘est incroyable ! On en en train de vivre une étape de Figaro qui vient conclure un tour du monde, ça montre tout le côté magique de cette édition qui sera indécise jusqu’à la fin.

 

J’ai du boulot devant moi mais le top 5, je ne veux pas encore trop y penser. Mais je regarde de pas si loin la bataille qu’ils se livrent devant. Pour le moment ils m’ont l’air tous tendus et nerveux au vu de leur trajectoires.

Damien Seguin, skipper Groupe APICIL

 

 

Outre-mer la 1ère : En parlant de top 5, vous mettez une pièce sur quel bateau étant donné le bonus de temps des uns ou des autres ? Allez mouillez-vous, un pronostic ?

Damien Seguin : Ok allons-y alors je vois Charlie (Dalin) qui fait premier sur la ligne à l’arrivée, mais au petit jeu des bonus de temps accordés (NDLR trois bateaux ont obtenu du jury un bonus de temps pour s'être portés au secours de Kevin Escoffier)  je vois Boris Hermann vainqueur du Vendée Globe devant Charlie, et troisième Yannick Bestaven. Je me suis mouillé.

 

Damien Seguin
Fin de tour du monde en vue pour jeudi ©DS

 

Outre-mer la 1ère : Pour jeter vos dernières forces dans le "money-time", vous reste-t-il de l’énergie à bord et notamment du Beaufort à bord ?

Damien Seguin : Il me reste un tout petit peu de Beaufort, mais pas que cela. Je vais pouvoir piocher dans la nourriture des éléments importants et réconfortants. Comme j’avais prévu 90 jours de nourriture, j’en ai un peu trop du coup et j’ai le luxe de choisir ce que je vais manger sur ces derniers jours, c’est top.

Outre-mer la 1ère : A propos de repas, vous rêvez de quoi dès que vous aurez mis pied à terre ?

Damien Seguin : Une pizza, c’est le truc dont je rêve le plus depuis que j’ai embarqué, une pizza quatre fromages. Mais aussi du poulet boucané comme dans mon île, mais là ça va être plus difficile car ce n’est pas une arrivée de Route du Rhum. Une pizza donc, avec un bon fruit bien juteux car ça fait plus de deux mois que je n’ai pas vu un fruit, ça va me faire du bien d’en manger.

Outre-mer la 1ère : Est- ce que vous allez dormir ou pas sur ces dernières 48 h de course, est ce que vous êtes capables d’aller au bout et d’être à fond sur le bateau ?

Damien Seguin : Bien évidemment il va falloir que je dorme car je ne vais pas passer trois jours à ne pas dormir, mais voilà, je suis prêt à tout. S’il y a des bonnes conditions, que le bateau va bien et que je peux me reposer je me reposerai. S’il y a des conditions exigeantes qui font que je dois plus manœuvrer, je m’adapterai, mais pour l’instant je suis en parfait état pour livrer la bataille jusqu’à la fin.  
 

Je suis en forme, prêt à en découdre et je sais que j’ai un mental très fort dans ces conditions-là. Je suis capable de me faire mal pour atteindre un objectif donc tout est permis.

Damien Seguin, skipper Groupe APICIL

 

Damien Seguin
Revenir vers le monde des Terriens ne sera pas si simple, que se passe-t-il dans sa tête ?


Outre-mer la 1ère : On a vu la semaine dernière que vous n’avez pas trop parlé, est-ce de l’inquiétude vis-à-vis du monde des terriens que vous allez retrouver dans 48 heures ?

Damien Seguin : Non ce n’est pas de l’inquiétude vis-à-vis de l’arrivée mais j’avais des conditions de mer qui n’étaient pas faciles en remontant l’Atlantique nord. Je n’avais pas trop envie de me plaindre au téléphone, aux gens, il y a certains médias qui commençaient à me faire dire des choses que je n’avais pas trop envie de dire aussi.  Donc voilà j’ai préféré couper, ça m’a permis de me recentrer sur ma fin de course aussi, et je fais le minimum pour l’instant, car je sais qu’après mon Vendée Globe sur l’eau, va commencer mon Vendée globe médiatique. Ça ne va pas être si facile tous les jours mais je me réserve ça pour plus tard (rires).

Outre-mer la 1ère : Avez-vous eu vos proches au téléphone ?

Damien Seguin : Je les ai toujours au téléphone, que ce soit Tifenn, les enfants, mes parents, les amis aussi. Je n’ai pas tout coupé avec le monde des terriens et je sais qu’ils seront nombreux à l’arrivée, ça va être super. Mes parents arrivent exprès de Guadeloupe, ça va être fort, je ne sais pas comment va se passer mon contact avec les terriens. Mais sur l'eau je gère comme j’ai envie de gérer ma fin de course et là, ça se passe plutôt bien.