Volley aux JO de Tokyo : l'ancien capitaine martiniquais Laurent Chambertin voit les Bleus au top

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Le Martiniquais Laurent Chambertin, ancien capitaine de l'équipe de France de volley-ball.
Autoportrait de l'ex-volleyeur martiniquais Laurent Chambertin. ©LC.

Le volley est sport olympique depuis 1964. Sauf que le tournoi n'a jamais réussi à la France. Quatre participations. Aucune phase finale. Mais tout va changer en 2021 pour le Martiniquais Chambertin. L'ancien capitaine des Bleus espère voir ses héritiers réaliser le hold-up parfait à Tokyo.

La parole des sages est toujours précieuse. Riche. Laurent Chambertin a aujourd'hui 54 ans. Une vie de volleyeur international derrière lui. Le Martiniquais a longtemps été le passeur vedette de l'équipe de France. Époque dreadlocks. Plus de 330 sélections au compteur. Grand respect. Forcément. Aujourd'hui, même sans les cheveux, il passe toujours. Plus les ballons, mais les idées. La passion. La confiance. La sérénité. Laurent Chambertin est devenu coach mental et consultant en entreprise, et dans le monde du sport. Il accompagne en ce moment les boxeurs français sélectionnés aux JO de Tokyo. Des JO où, selon lui, les volleyeurs tricolores ont une belle carte à jouer.

L'équipe de France de volley euphorique.
De gauche à droite : Laurent Tillie, le sélectionneur, Daryl Bultor, Kévin Tillie et Earvin Ngapeth. ©FFVB.

 

Le groupe de la mort ? Même pas peur !

Le tournoi olympique de volley réunit douze équipes. Réparties en deux poules de six. Force est de constater que le hasard a placé la France dans une poule explosive. Certains médias ont même osé parler du groupe de la mort : Brésil, champion olympique en titre, États-Unis, champions olympiques 2008, Russie, championne olympique 2012… Face à cette armada, nos petits Français ont-ils seulement une chance ? "Mais bien sûr ! rassure Laurent Chambertin. Ce groupe de la mort, il faut le voir comme une opportunité. Le collectif tricolore a aujourd'hui une dimension incroyable. Ils sont prêts physiquement. Ils ont les armes pour battre tous ces gros en phase de poule. Et s'assurer ainsi une phase finale peut-être plus facile."

À ce jour, aucune équipe de France de volley n'a eu la chance de se qualifier pour cette fameuse phase finale olympique. Il y a bien eu un titre européen. Deux Ligues mondiales. Un podium au championnat du monde. Mais rien au niveau olympique. Cherchez l'erreur. "Sur les quatre participations, les Bleus n'ont rien à se reprocher au niveau du volley, constate Laurent Chambertin. En revanche, tout s'est perdu dans la tête. Les JO, c'est à part. Cela demande une préparation mentale spécifique. De la maturité aussi. D'où mes espoirs pour 2021."

Le groupe actuel a déjà vécu l'expérience de Rio. Et des joueurs comme Ngapeth ou Toniutti sont aujourd'hui des stars mondiales redoutées. L'histoire ne peut donc pas se répéter.

Laurent Chambertin

Le volleyeur réunionnais Stephen Boyer.
Le volleyeur réunionnais Stephen Boyer est de retour en équipe de France et s'apprête à disputer ses premiers JO. ©FFVB.

 

Deux ultramarins dans l'aventure olympique

Douze joueurs composent l'équipe de France olympique. Parmi eux, deux ultramarins. Stephen Boyer tout d'abord, 25 ans. Le pointu réunionnais est de retour chez les Bleus après avoir zappé volontairement le Tournoi de Qualification Olympique (TQO) en 2020. Malheureusement pour lui, un autre attaquant, Jean Patry en a alors profité pour prendre sa place. "C'était le risque, confirme Laurent Chambertin. Maintenant, l'attitude de Boyer est bonne. Il se montre discret. Il ne sera peut-être pas dans l'équipe-type. Mais comme le sélectionneur fait beaucoup tourner son effectif, Stephen conserve une belle carte à jouer. Même si selon moi, Patry demeure un ton au-dessus."

Reste le Guadeloupéen Daryl Bultor, 25 ans lui aussi. Premiers JO au menu. Tout comme Stephen Boyer. Sauf que Daryl part plutôt à Tokyo dans un rôle de remplaçant. "Disons qu'il a un petit déficit de taille. Daryl est très bon en attaque. Un peu moins en défense sur les blocs. Mais il jouera, vous verrez. Dans le volley moderne, tu ne peux plus te permettre d'évoluer uniquement avec six ou sept joueurs. Les choix tactiques deviennent alors trop visibles. Il faut faire tourner ton effectif. Laurent Tillie, le sélectionneur, l'a parfaitement compris."

Les anneaux olympiques à Tokyo.
Les anneaux olympiques à Tokyo. ©AFP/Charly Tribolleau.

 

L'arme fatale du mental

L'équipe de France doit disputer son premier match, le 24 juillet prochain contre les États-Unis. En 2021, les Jeux Olympiques auront un goût particulier. Il s'agira des premiers JO de l'histoire… sous bulle sanitaire. "Voilà une donnée à intégrer en priorité. Les Bleus sont déjà sous bulle avec la Ligue des nations disputée actuellement. Mais au Japon, les conditions risquent d'être encore plus strictes. Du style "un gardien à chaque porte de chambre !" Il faudra être fort mentalement pour ne pas finir par éprouver de la lassitude. C'est presque un critère de réussite."

À croire que tout va se jouer dans la tête. Au mental. "Pas entièrement, tempère Laurent Chambertin. Mais une bonne partie. Je dirais 60 %. Et dans ce pourcentage, j'intègre aussi la gestion du stress, la communication, la posture, l'écoute. Après quoi, le physique n'entre en ligne de compte que pour 25 %. Et la technique pour 15 %. Bien préparée, une équipe arrive au top de sa forme aux JO. Le mental dans toute sa globalité est donc primordial."

Les JO de Tokyo constitueront la dernière aventure de Laurent Tillie à la tête des Bleus. Son successeur est déjà connu. Il s'agit du très respecté technicien brésilien Bernardo Rezende. Le coach mental Chambertin a trouvé cette annonce judicieuse. "Il m'est arrivé d'être critique avec certaines décisions fédérales mais là, je dis : chapeau ! La transition est parfaitement gérée. C'est clair. Sans la moindre zone d'ombre. Tu termines un cycle avec un coach qui a fait un super boulot. Avant de te concentrer sur 2024 avec l'un des meilleurs entraîneurs du monde. Psychologiquement, c'est du grand art."