L’Outre-mer, solide soutien de l’armée française

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La relation entre « la grande muette » et les régions ultramarines est solide et ancienne. L’évolution actuelle des relations internationales fait que l’Outre-mer est et restera un axe majeur de la politique de défense de la France.
De la bataille de Bir Hakeim qui marque le retour de la France libre dans la guerre après la défaite de 1940, au débarquement de Provence, qui marque le début de la fin pour les troupes d’Hitler, personne n’a oublié les 600 héros du Bataillon du Pacifique, venus au secours de la mère patrie. Composé essentiellement de Polynésiens et de Calédoniens, ce détachement armé s’est illustré par son courage face à un ennemi supérieur en nombre et en équipement. Le surnom de « Bataillon des Guitaristes » dont les Anglais les ont affublés à cause de la chaleur de leurs veillées nocturnes cache en fait l’admiration que suscitaient ces robustes Maoris et Kanaks, qui refusèrent l’armistice de Pétain et ont fait le tour du monde pour rejoindre le général De Gaulle, la fleur de tiare au fusil.

Avant eux et jusqu’à aujourd’hui, les Ultramarins occupent une place essentielle au sein de l’Armée. Selon Eric Deroo, chercheur associé au CNRS et historien de l’armée, ils pourraient représenter 30 à 40% des effectifs dans certaines unités, notamment dans les unités de marine héritières des troupes coloniales. Parmi eux, on trouve de nombreux ressortissants des régions du Pacifique, car, selon le chercheur : « Sans entrer dans le cliché des qualités militaires des Polynésiens, qui seraient disciplinés, costauds et endurants, il y a une tradition militaire en Polynésie, où l’on s’engage souvent de père en fils.  » Les ressortissants des Antilles ne sont pas en reste et peuvent s’appuyer sur l’héritage glorieux de la 2° Division Blindée et du 1er régiment de DCA (anti-aérienne), qui se sont illustrés tout au long de la seconde guerre mondiale.

A partir des années 60, le service militaire adapté remporte un franc succès auprès des ressortissants de l’Outre-mer qui y voient l’occasion de sortir de l’ornière grâce aux nombreuses formations professionnelles que propose l’armée. 60 à 80% des jeunes gens passés par ce service militaire exclusivement réservés aux Ultramarins intègrent le monde du travail directement, sans passer par la case chômage.

Enfin, l’Outre-mer pour l’armée française, c’est aussi des bases militaires dans tous les océans de la planète. Les crises économiques successives n’ont pas épargné la défense et la question du maintien de ces bases coûteuses s’est posée à de nombreuses reprises. Mais l’importance de sécuriser les ressources halieutiques et les voies navigables rend indispensable la présence des militaires français partout où cela est possible. Certaines bases, notamment à La Réunion et à Mayotte prennent aujourd’hui une importance stratégique nouvelle en raison de l’intensification rapide des échanges avec l’Asie et du grand nombre de navires sur cette route commerciale en pleine mutation.