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JO 2012 : l’heure du bilan pour les Ultramarins

La délégation française a rapporté 34 médailles de Londres, moins qu’à Pékin où elle en avait glané 41, mais plus de titres. Retour sur ces Jeux Olympiques où les Ultramarins qui étaient attendus ont brillé.

  • Par Benoît Jourdain
  • Publié le , mis à jour le
Le rideau est tombé sur Londres, refermant une parenthèse de 15 jours d’exploits, de polémiques et de médailles. Ces Jeux Olympiques resteront encore une fois ceux d’Usain Bolt et de Michael Phelps, avec des accessits pour Yannick Agnel et son doublé sur 200 mètres nage libre et 4x100 mètres nage libre et Paul Rudisha et son record du monde du 800 mètres. Le Jamaïquain et l’Américain ont poursuivi à Londres leur entreprise de dépoussiérage de Livres des records qu’ils avaient entamée à Pékin en 2008. "L’éclair" est le premier homme a réalisé un deuxième triplé, 100, 200, 4x100 mètres en athlétisme. Six médailles d’or, c’est douze de moins que Michael Phelps qui avant de prendre sa retraite à assuré sa place au panthéon du sport. Vingt-deux médailles olympiques, 18 titres, des chiffres qui font tourner la tête, à seulement 27 ans. Phelps peut prendre sa retraite, saoulé qu’il était par l’eau chlorée des bassins. Pour Bolt, l’heure n’est pas encore à la retraite, mais le Jamaïquain l’a dit, il ne se projetait pas encore sur Rio. Les deux laissent derrière eux une impression de domination, de puissance et de grâce qui a émerveillé Londres. Et les Français dans tout ça ? Yannick Agnel, Florent Manaudou et Camille Muffat sont les nouvelles figures de la natation française, Christophe Lemaître a déçu, Tony Estanguet est entré dans l’histoire avec 3 titres olympiques en canoë-kayak et Renaud Lavillenie a remporté l’or à la perche. L’objectif avant les Jeux était de ramener plus de titres qu’à Pékin (7). Avec onze, il est atteint.

Riner, Décosse, handballeurs, l’or des géants


Comme souvent, le judo français a été l’un des principaux pourvoyeurs de médailles. Six, quatre de bronze et deux d’or. Deux très attendues. Celles de Teddy Riner et de Lucie Décosse. Les deux judokas étaient les hyper favoris de leur catégorie des +100 kg et des -70kg. Les deux ont survolé leur journée de combats sur les tatamis londoniens. Les deux avaient des revanches à prendre par rapport à Pékin. La Guyanaise avait échoué en finale il y a quatre ans, Teddy Riner avait terminé sur la troisième marche. Ils sont tous les deux allés au bout de leur quête, piétinant la concurrence comme ils le font depuis Pékin. A 30 ans, Lucie Décosse a atteint son Graal et peut désormais se tourner vers le journalisme. Avec 7 ans d’avance sur la Guyanaise, le géant de Levallois a aussi atteint son Graal, mais à 23 ans il pourra être tenté de pousser jusqu’à Rio pour conquérir un deuxième titre et devenir le deuxième judoka de l’histoire, après David Douillet, à conserver son titre olympique.
Eux aussi étaient très attendus. Après l’échec des championnats d’Europe (11e place), les Experts avaient une revanche à prendre. Contre leurs adversaires, contre les médias qui les avaient enterrés un peu vite à leur goût, mais surtout contre eux-mêmes. Ces redoutables compétiteurs ont montré que l’âge n’est pas un problème, ils quittent Londres avec une deuxième médaille d’or olympique autour du cou. Sur le fil en quarts contre l’Espagne, plein de maîtrise en demi-finale contre la Croatie et au bout du suspense en finale devant la Suède, ils ont triomphé de toutes les épreuves se relevant parfaitement de l’alerte islandaise en phase de poules. La bande de Claude Onesta est toute seule, tout en haut du panthéon du handball. Double championne olympique (2008, 2012), double championne du monde (2009, 2011) et championne d’Europe (2010), les Experts sont légendaires.

Balmy, les basketteuseuses, la récompense


Sandrine Gruda et sa bande resteront le vent de fraîcheur de ces Jeux Olympiques, la très belle surprise qui fait la magie des JO. Championnes d’Europe en 2009 d’où elles héritent d’un surnom, les "Braqueuses", elles ont régalé le public français et consolé les basketteurs défaits en quarts de finale. Le basket féminin français ne comptait qu’une seule participation aux JO (Sidney, 2000) et une cinquième place. Douze ans plus tard, les joueuses de Pierre Vincent ramène une médaille d’argent qui, pour elles, valait bien l’or lorsqu’on voyait les sourires sur les visages au moment de monter sur la deuxième marche du podium, en dessous des intouchables américaines. Ceux de Céline Dumerc, d’Emilie Gomis, les chansons de Sandrine Gruda et d’Isabelle Yacoubou résonneront encore dans les têtes et ont permis au basket féminin de sortir de l’ornière. Le championnat d’Europe 2013 qui se déroulera en France sera l’occasion de capitaliser sur cet argent, qui plus que jamais à Londres a fait le bonheur de ces "Braqueuses".
Il y a quatre ans, Coralie Balmy, alors âgée de 21 ans, avait manqué la médaille par deux fois. Quatrième en 400 mètres nage libre, cinquième au relais, la Martiniquaise avait fixé ses objectifs avant Londres : deux finales en 400 mètres et 800 mètres. Contrat rempli et une cerise sur le gâteau, une médaille de bronze avec le relais 4x200 mètres nage libre, tracté par la nouvelle reine de la natation française, Camille Muffat.

Baugé, Graffe, les sports collectifs, des médailles, des regrets


On les attendait au sommet et ils ont raté la dernière marche. Grégory Baugé en cyclisme-sur-piste et Anne-Caroline Graffe en taekwondo venaient pour l’or, ils repartiront avec l’argent. Le Guadeloupéen dominait la vitesse depuis les Jeux de Pékin, où il avait terminé deuxième par équipe, Londres devait être la consécration. Triple champion du monde et invaincu dans les grands championnats depuis 2009 (il ne perd son titre 2011 à cause de ses manquements au contrôle antidopage), lui et le trio de la vitesse ont du s’incliner devant la furia britannique (7 titres, 9 médailles sur les 10 épreuves). Par deux fois, en finale, il a échoué devant des hôtes déchaînés dans un vélodrome en fusion. Le coup est rude pour l’élève de Florian Rousseau qui avait toutes les cartes en main pour rejoindre Daniel Morelon au palmarès des champions olympiques de la vitesse.
Pour Anne-Caroline Graffe, l’histoire est différente. Au départ, elle ne devait pas participer aux JO, la fédération lui ayant préféré Gwladys Epangue. Son forfait a laissé le champ libre à la Polynésienne qui est arrivée à Londres, pleine d’ambition. La championne du monde a bien cru être la première française championne olympique de taekwondo, mais comme son entraîneur Myriam Baverel à Athènes, elle a échoué en finale face à une jeune Serbe Milica Mandic.
Si Baugé et Graffe ont raté l’or, le sport collectif français peut nourrir des regrets. Il est passé à côté d’un carton plein largement dans ses cordes, cinq équipes engagées et autant de potentielles médaillées. Au bout des 15 jours, seuls les Experts et les Braqueuses ont fait la fête qui s’était terminée trop tôt pour les footballeuses, les handballeuses et les basketteurs. Pour les joueuses de Bruno Bini, elle a même viré au cauchemar, quatrièmes après leur défaite dans la petite finale contre le Canada. Les larmes étaient peut-être encore plus grosses qu’en Allemagne il y a un an, où elles avaient également échoué au pied du podium.
Quant à la bande de Ronny Turiaf et celle d’Allison Pineau, ils peuvent regretter leur fin de rencontre manquée en quarts de finale. Les premiers ressasseront peut-être longtemps leurs tirs ratés dans le dernier quart temps face à une Espagne, à leur portée, finalement vice-championne olympique derrière les Etats-Unis, comme il y a quatre ans. Les secondes, elles, ont réalisé une première semaine parfaite en dominant notamment les futures championnes olympiques, les Norvégiennes. L’équipe d’Olivier Krumbholz s’est inclinée d’un but en quarts de finale à la dernière seconde contre le Monténégro, l’autre finaliste.

L’escrime, Payet, Moo Caille, Londres du doute


Impossible de ne pas souligner le fiasco total de l’escrime française. Zéro médaille pour un sport qui en avait ramené 115 depuis les premiers Jeux Olympiques. La porte-drapeau, Laura Flessel s’est arrêtée au stade des huitièmes de finale, imitée notamment par Ysaora Thibus, Enzo Lefort. Yannick Borel a vu les portes des demi-finales se refermer brutalement. Ces trois-là sont jeunes et seront encore là à Rio où il faudra afficher un tout autre bilan. L’escrime française à quatre ans pour se relever. Autres échecs, celui de Laëtitia Payet (judo) éliminée dès les huitièmes chez les -48kg par la future championne olympique, la Brésilienne Sarah Menezes. Enfin en BMX, le Réunionnais Moano Moo Caille, troisième des derniers Mondiaux, n’a pas pu dépasser le stade des quarts de finale.

Pour tous ces athlètes, une parenthèse de leur vie, entièrement dédiée à ces Jeux, à pris fin ce dimanche 12 août. Tous ne seront pas à Rio, où l’olympisme donne rendez-vous au monde, dans quatre ans.


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