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Corinne Narassiguin, en première ligne, pour le Mariage pour tous

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Corinne Narassiguin
Corinne Narassiguin ©Maïté Koda / FTV
Le projet de loi sur le Mariage pour Tous a été voté ce mardi. Nous avions rencontré la Réunionnaise Corinne Narassiguin, députée de Français de l'étranger et responsable du projet de loi pour le PS pendant les débats.
Si le manque de sommeil s'est fait ressentir, elle n'en a rien montré. La députée PS des Français d'Amérique du Nord n'a pourtant pas été ménagée depuis qu'elle s'est portée volontaire pour devenir co-responsable du projet de loi Mariage tous pour le groupe socialiste. C'était en juillet et depuis elle n'a pas beaucoup dormi.  Encore moins ces derniers temps. Douze jours et presque autant de nuits passées sur les bancs de l'assemblée  à suivre les débats, parfois virulents, entre partisans et opposants, ces derniers n'étant pas forcément issus du camp adverse.
 
Elue en juin  2012- elle a raflé la circonscription des français d'Amérique du Nord à l'UMP Frédéric Lefebvre -, Corinne Narassiguin ne parait pas décontenancée devant l'âpreté du combat "On s'y attendait", affirme-t-elle dans un sourire.  En revanche, ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était la vague anti-mariage pour tous et sa communication "autour de valeurs religieuses revendiquées".

"La proposition de campagne de François Hollande avait été plutôt bien reçue. Du coup, j'ai  été très surprise de constater, dès le mois d'août,  la mobilisation se mettre en place sous l'impulsion de la hiérarchie catholique ", reconnaît-elle. L'étonnement est  d'autant plus grand pour la trentenaire installée à New-York depuis plus de dix ans, que la politique américaine irrite de façon récurrente. "J'ai l'habitude des amalgames souvent malvenus entre le religieux et le politique sur toutes sortes de questions. J'ai été particulièrement choquée de voir ces mêmes amalgames dans la république laïque française".
 
Dans l'Hémicycle, lorsqu'elle prend la parole, Corinne Narassiguin se veut déterminée.  Si elle garde ses notes à portée du regard et bute parfois sur les mots, la silhouette menue reste bien droite, la main posée sur le micro et le regard balayant l'assemblée. La députée a déposé un amendement - adopté-  visant à garantir le mariage aux couples homosexuels résidant à l'étranger.

Une insatiable Twitteuse


Son intervention a été pourtant moins remarquée que celle de son homologue martiniquais Bruno-Nestor Azerot. Le discours de ce dernier, farouchement opposé au projet de loi a été repris en étendard par les anti mariage pour tous. "Comme en 40, la liberté est venue d'Outre-mer", avançait même le député UMP Marc Le Fur. Tant qu'à parler d'Outre-mer justement, la députée préfère mettre en avant les interventions dans l'hémicycle des réunionnaises Monique Orphée et Ericka Bareigts, en faveur du projet. Ou encore la Guyanaise Christiane Taubira.  En quelques jours, la ministre de la Justice, avec ses piques, ses discours sans notes et ses nombreuses références à la littérature, est quasiment devenue une icône du débat. "Elle donne une très belle image de l'Outre-mer", reconnaît la députée qui s'avoue impressionnée par sa "capacité extraordinaire à rester précise, claire et  pédagogique avec un sens de la répartie, de l'humour et des connaissances phénoménales".

La jeune députée - 36 ans-  revient néanmoins sur le discours "choquant" d'Azerot et regrette "qu'il ait choisi d'appuyer son argumentation sur la question de la lutte contre l'esclavage". "On ne met pas de hiérarchie entre les discriminations. Confiner des personnes dans des catégories séparées sur le plan des droits, c'est quand même ce qui a justifié fondamentalement les politiques de ségrégation aux Etats-Unis et d'apartheid en Afrique du Sud", s'indigne-t-elle.
 

Corinne Narassiguin


 
Les partisans du mariage pour tous, eux, savaient où trouver la députée. Quelques 3 000 personnes ont pu suivre jour et nuit cette insatiable Twitteuse. C'est sur le site de micro-bloggin qu'elle a commenté les débats, émis critiques et encouragements, répondu aux questions sur son engagement ou sa tenue vestimentaire. D'effréné, le rythme est devenu plus que modéré depuis la fin des débats.

A l'heure ou nous écrivons le papier, elle n'a rien twitté depuis 13 heures. Pas dit qu'elle se repose cependant, elle a présenté ce mardi un rapport sur la transparence de la gouvernance des grandes entreprises. Ensuite d'autres dossiers concernant sa circonscription l'attendent. Avec encore de nombreux déplacements prévus entre  le Canada, les Etats-Unis et Paris où elle s'installe avec son compagnon. C'en est pas fini des nuits décalées. Heureusement, ça ne devrait pas se voir.
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