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Mango retire définitivement ses bijoux style "esclave"

société
Louis-George Tin et Mango
Louis-George Tin, président du Cran proteste contre les bijoux "esclaves" de Mango ©Lo Calzo / Le Cran
Après la polémique liée à la mise en vente de bijoux style "esclaves" sur le site Internet de la marque de prêt-à-porter, le Cran a annoncé que Mango avait retiré tous les bijoux incriminés de la vente.





C'est ainsi que Rokhaya Diallo, en tête de la fronde contre Mango s'est réjouie de la nouvelle sur son compte Twitter.  L'éditorialiste avait, en compagnie des comédiennes Aïssa Maïga et Sonia Rolland protesté publiquement et monté une pétition pour s'indigner que la marque espagnole Mango mette en vente sur son site Internet français des bijoux nommés "esclave". "L'esclavage n'est pas fashion", écrivaient-elles dans un texte appelant à retirer ces bijoux de la vente et signé par près de 9 000 personnes.
Le Cran (Conseil représentatif des associations noires) avait de son coté organisé une manifestation avec des comédiens déguisés en esclaves devant une boutique Mango à Paris, et brisé symboliquement des certains bijoux incriminés à coup de marteau.

"Une faute grave et révélatrice"

Mango qui avait dans un premier temps évoqué une erreur de traduction s'était ensuite défendu en assurant que le terme "esclave" était couramment utilisé dans le monde de la bijouterie. Seulement, pour les protestataires, la ressemblance entre les bijoux mis en vente par la marque et ceux réellement portés par les esclaves étaient trop flagrante pour que l'utilisation du terme soit fortuite.

Des discussions ont eu lieu entre le Cran et les représentants de la marque. Dans un premier temps, celle-ci a retiré l'appelation "esclave" de sa gamme de bijoux dont elle maintenu la vente. Ce jeudi, Louis-George Tin, président du Cran a affirmé dans un communiqué avoir reçu le 20 mars "une lettre de Ninona Vila, directrice de communication du groupe Mango au niveau international quoi présente ces excuses".  "Ce que nous pouvons vous dire, c'est qu'au jour d'aujourd'hui, il n'y a pas de stock de ces produits sur nos boutiques en France, et qu'il n'est pas prévu pour ce marché de réassortir ces modèles", aurait-elle expliqué.
 
"Une victoire totale", pour Louis-George Tin qui estime par ailleurs que "cette faute grave est révélatrice et devrait pousser Mango, et les autres entreprises de ce niveau, à mettre en place d'urgence des plans de formation pour sensibiliser leurs salariés à la diversité culturelle".
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