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Christiane Taubira dans la ligne de mire de Marine Le Pen

Après l'évasion spectaculaire d'un braqueur récidiviste de la prison de Sequedin dans le Nord, la présidente du Front national a mis en cause l'action de la Garde des Sceaux, la qualifiant de "dangereuse pour la République".

Christiane Taubira et Marine Le Pen © PIERRE VERDY/ PIERRE ANDRIEU/ AFP
© PIERRE VERDY/ PIERRE ANDRIEU/ AFP Christiane Taubira et Marine Le Pen
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Dès sa nomination au poste de Garde des Sceaux, Chrisitiane Taubira s'est vue reprocher par l'opposition son incompétence présumée, son passé d'indépendantiste et surtout, son supposé laxisme. Les mesures de la ministre de la Justice qui remet notamment en cause l'utilité des centres éducatifs fermés ou souhaite supprimer la rétention de sûreté ont suscité l'ire des représentants de l'UMP ou du Front national.
 

"J'avais demandé sa démission"

Cette fois-ci, c'est l'évasion de Redoine Faid qui a déclenché la charge de Marine Le Pen. Selon la présidente du Front national, l'évasion du braqueur multirécidiviste et soupçonné d'être impliqué dans le meurtre d'une policière municipale en 2010 dans le Val-de-Marne est une conséquence des actes de la ministre de la Justice. "C'est la conséquence  directe du gaucho-laxisme que je dénonce en toutes circonstances", a-t-elle déclaré à l'issue d'une conférence de presse ce dimanche à Balman près de Toulouse.
"L'action de Mme Taubira est pitoyable, cette femme est dangereuse pour la République, elle est dangereuse pour la sécurité des Français, il est temps que le gouvernement s'en rende compte", a-t-elle poursuivi. Dans le viseur de la présidente du FN: l'arrêt des  "fouilles aléatoires des cellules" et des "fouilles systématiques à la sortie  des parloirs".
"J'avais demandé sa démission quelques minutes après qu'elle soit nommé", a-t-elle rappelé.
 
Selon le journal Le Parisien, qui détaille précisément le procédé d'évasion, l'évasion de Redoine Faïd était "prévisible". Le détenu  s'était procuré une arme de poing et des explosifs qui lui ont servi pour ouvrir les différentes portes du centre. Il a ensuite pris quatre surveillants en otages, qu'il a relâché peu après sains et saufs. Son évasion spectaculaire aura en tout et pour tout duré quinze minutes.
Les fouilles à nu sytématiques, où en est-on?

Marine Le Pen a fustigé l'arrêt des fouilles intégrales systématiques. Ces fouilles à nu systématiques, longtemps pratiquées sur les détenus, ont régulièrement été condamnées par la Cour européenne des droits de l'Homme. 
En 2009, c'est sous la houlette de Michèle Alliot-Marie, bien avant l'arrivée de Christiane Taubira à la Justice, qu'une loi pénitentiaire a annulé leur caractère systématique. Dans un communiqué envoyé ce dimanche , Marine Le Pen a dénoncé "les graves insuffisances" de cette loi et a réclamé le rétablissement de ces fouilles "justifiées aussi bien par les actes criminels commis que par la dangerosité et les contacts établis avec des tiers".

De nombreux détenus, ainsi que l'Observatoire international des prisons mais aussi un rapport du Contrôleur général des lieux de privations de libertés ont signalé leur recours quasiment systématique, généralement justifié par les directeurs de centre par la découverte d'objets illicites au sein de leur établissement. 
Les surveillants de prison en revanche militent pour leur maintien, selon eux nécessaire à leur sécurité et à celle des détenus. Dans les faits, le maintien ou non de ces fouilles intégrales et systématiques est étudié au cas par cas, il dépend des décisions prises par les tribunaux administratifs de la juridiction dans laquelle se trouve le centre pénitentiaire en question.

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