Le vote ultramarin, un des enjeux de la bataille des municipales à Paris

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Hidalgo/NKM
©JOEL SAGET GUILLAUME BAPTISTE / AFP
La bataille pour conquérir les suffrages des électeurs originaires d'Outre-mer à Paris a commencé entre le parti socialiste et l'UMP. Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet se livrent un duel à distance.

Assaut d’amabilités

La scène se déroule samedi dernier, à l’occasion de l’inauguration de la place Jenny Alpha
Philippe Goujon, maire UMP du 15ème arrondissement, ceint de l’écharpe aux couleurs de la République, termine son allocution en mémoire de l’actrice et chanteuse par quelques mots de créole.  La centaine de personnes présente apprécie et applaudit discrètement.
Quelques minutes plus tard, c’est Anne Hidalgo, candidate désignée par le parti socialiste pour succéder à Bertrand Delanoë, arborant la même écharpe tricolore qui monte sur l’estrade transparente. Rebondissant sur les propos de Phillipe Goujon, elle précise qu’elle ne parlera pas, elle, en créole. Car cette langue n’était pas celle maternelle de l’actrice. Que Jenny Alpha n’avait appris le créole que tardivement et à … Paris.
A moins d’un an des élections municipales, la guerre de position est bien finie. Le vote ultramarin, même si on n’en connaît pas précisément l’étendue, est important. Il ne faut froisser personne. C’est donc à deux mains qu’ils ont tiré la cordelette dévoilant la plaque en hommage à la martiniquaise décédée il y a trois ans.


L’espace appartient à celui qui l’organise

Et ce n’est qu’un début. Lors de son discours de samedi, Anne Hidalgo en a profité pour annoncer que le 26 juin prochain, jour anniversaire du centenaire de la naissance d'Aimé Césaire, une partie du quai des Tuileries sera re-baptisé du nom du poète martiniquais.  Elle invite chaleureusement l’ensemble des participants à venir la rejoindre pour cette cérémonie présidée… par elle.
La bataille des soutiens est décidément bien lancée puisque, hasard du calendrier, au même moment dans le 6ème  arrondissement, Nathalie Kosusko Morizet tiendra précisément une petite causerie politique. Thème : reconquérir Paris. Lieu : le restaurant antillais « la Créole ».