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Le nombre d'IVG outre-mer est stable mais les avortements restent en proportion plus nombreux que dans l'hexagone

La Dress (direction de la recherche, des études de l'évaluation et des statistiques) publie son rapport concernant le nombre d'IVG en France en 2011. Les chiffres sont stables depuis 7 ans, avec, malgré tout, un recours qui reste comme les années précédentes plus important dans les DOM.

CHU de La réunion
CHU de La réunion
  • Par Eleonore Bailly
  • Publié le , mis à jour le

Un chiffre qui n’augmente plus

Dans les Départements d'Outre-mer (hors Mayotte), 13.161 femmes ont eu recours à une IVG en 2011, contre 209.291 en métropole. Cela représente 28 femmes sur 1.000 en âge de se reproduire (15/49 ans). Un chiffre qui recouvre d’importantes disparités régionales : seules 20 femmes (pour 1.000) ont utilisé l’avortement à La Réunion contre 43 (pour 1.000) en Guadeloupe.
 
C’est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les IVG demeurent les plus fréquentes. 50 femmes de cette classe d’âge sur 1.000  ont eu recours à  l'avortement (contre 27 en métropole). Pour les moins de 20 ans, 33 femmes sur 1.000 ont mis fin à leur grossesse en 2011. 
Des chiffres stables depuis 7 ans, et ce, malgré l’annonce du déremboursement des pilules de 3e et 4e générations.
 
© Dress
© Dress

Le problème récurrent des grossesses précoces

C'est entre 15 et 17 ans que le nombre d'avortements est le plus préoccupant. Si en métropole le nombre d'IVG pour cette classe d'âge est de 10,5 femmes pour 1000, en Guadeloupe, il est de 28,1, de 26,6 en Martinique, 29,9 en Guyane et 20,6 à la Réunion. Selon un rapport de l'INVS en avril dernier,  près des trois quart des adolescentes n’utilisaient aucun moyen de contraception le mois où la grossesse a débuté, tandis qu'elles avaient mal anticipé les rapports sexuels à venir : "26% des adolescentes estimaient ne pas pouvoir être enceinte dès le premier rapport sexuel (que ce soit le premier rapport d’une vie sexuelle ou le premier rapport avec un partenaire donné)". 


L’oubli, première cause de l’IVG

Ce n’est pas l’absence de contraceptif qui explique le recours à l’IVG. Selon le Baromètre Santé de l’INPES, 91 % des Françaises sexuellement actives, âgées de 15 à 49 ans, déclaraient en 2010 employer une méthode contraceptive. En 2007, d’après l’enquête de la DREES, deux femmes sur trois qui ont eu une IVG utilisaient une méthode contraceptive. Moyen qui n’avait pas fonctionné en raison d’un oubli de pilule ou d’un accident de préservatif.
Les effets "saisonniers" expliqueraient aussi ces négligences. On observe par exemple un "pic" d'IVG en mars, qui correspondrait aux conceptions de Nouvel An.
De plus, les femmes connaissent de mieux en mieux la contraception d’urgence et l’utilisent plus fréquemment. Depuis juin 1999, date à laquelle elle est devenue accessible en pharmacie sans prescription médicale, son utilisation s’est très fortement développée : plus de 1 million de pilules du lendemain et du surlendemain sont vendues chaque année depuis 2005, 33 000 boîtes de pilules du surlendemain (mises sur le marché en 2009) ont été vendues en 2011 et 40 000 en 2012.
 

L’IVG médicamenteuse plus utilisée que la chirurgie

En 2011, 20 % des IVG ont été réalisées en cabinet libéral contre 80% en hôpital.
L’augmentation progressive du nombre des IVG médicamenteuses en ville depuis 2009 s’est accompagnée d’une baisse du nombre des IVG chirurgicales réalisées en établissements hospitaliers.
Le nombre des IVG médicamenteuses en établissements de santé, lui, reste stable depuis 2005.
Désormais, 54 % des IVG réalisées le sont de façon médicamenteuse.

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