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Bahia Bakari, symbole malgré elle

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Bahia Bakari
Bahia Bakari aux coté de Saïd Assoumani, président d'une association de victimes ©Maïté Koda / Outremer 1ere
Les familles des victimes du crash de la Yemenia se retrouvent ce samedi devant le Palais de Justice à Marseille. Vendredi elles étaient devant le ministère des Transports. Parmi elles, Bahia Bakari l'unique rescapée de l'accident. 
C'était le 29 juin 2009. On se souvient des premières images après le crash. Les familles dévastées, les secours à la recherche de débris de la carlingue désintégrée, et elle. La miraculée. Bahia Bakari, unique survivante du crash a perdu sa mère dans l'accident. A 13 ans, elle seule a survécu à l'accident qui a coûté la vie aux 152 passagers et membres de l'équipage. Elle s'est accrochée, huit heures durant, à un débris d'avion flottant sur la mer, avant d'être recueillie par un pêcheur. Ses photos, sur son lit d'hôpital, le visage tuméfié et le bras perfusé étaient sur tous les écrans.
 

"Je suis là pour connaître la vérité"

Quatre ans plus tard, Bahia Bakari se trouve devant le ministère des Transports, avec les familles de victimes. Elle a désormais 17 ans, passe son bac de français. Une adolescente élancée, les cheveux savamment tressés, le sourire bagué. Devenue bien malgré elle un symbole du drame, elle avait prévu de prendre la parole devant une centaine de personnes. Submergée par l'émotion, gênée par le micro, elle a finalement préféré laisser son père s'exprimer. Même malaise devant les quelques journalistes présents. Après le crash, Bahia avait publié un livre, dans lequel elle affirmait avoir été traquée par les médias - certains journalistes la guettant même lors de ses rendez vous médicaux.  Elle laisse néanmoins échapper quelques mots. "C'est important pour eux que je sois là", concède-t-elle, désignant du regard les familles de victimes. "Mais je suis là pour les même raisons qu'eux: je veux connaître la vérité."
 
Inscrit sur son T-shirt, comme sur celui des manifestants: un slogan: "La Yemenia m'a tué. Les Comores m'ont trahi. L'Etat français m'a sacrifié". Des paroles que Bahia, rentrée en France après l'accident dans un avion ministériel se refuse à commenter. 
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