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Tour de France : la première semaine des Guadeloupéens de A à Z

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Kevin Reza TDF
Kevin Reza, a bouclé cette première partie du Tour à la 145e place au classement. ©PASCAL PAVANI / AFP
Entre l'échappée de 224 km de Kévin Reza, le contre-la-montre de Nice et les étapes explosives dans les Pyrénées, les deux Guadeloupéens de l'équipe Europcar ont connu dix jours mouvementés. Le résumé. 

Le Grand départ en Corse (29 juin - 1er juillet)

Pour le premier passage du Tour de France en Corse, pendant trois jours, Kévin Reza et Yohann Gène ont joué à fond leur rôle d'équipier auprès de Thomas Voeckler et Pierre Rolland. Ils ont donc logiquement perdu du temps sur les fins de parcours de ces premières étapes vallonnées. 

On en avait déjà parlé dans cet article : Les coureurs guadeloupéens attendent des jours meilleurs

Kévin Reza a lui résumé ces premiers jours en un tweet :

Le contre-la-montre par équipe (2 juillet - Étape 4)

Dans ce chrono par équipe le long de la Promenade des Anglais à Nice, l'équipe Europcar se classe au 19e rang sur 22, à 1 min 13 sec des coureurs d'Orica-GreenEdge. Si la team vendéenne n'a pas vraiment de coureurs spécialistes du contre-la-montre en son sein, c'est tout de même une relative contre-performance.

"On a perdu un peu de temps. Mais pas tant que ça. On est dans les clous. Le Tour est encore long. Aujourd'hui à Nice (...) on pouvait à peine passer. c'était impressionnant. Il y avait du bruit. Ça donne envie d'y retourner, note Kévin Reza. Le chrono par équipe ? On a eu un briefing avant. On n'a que des petits mots brefs pendant la course. Si on arrive à parler, c'est qu'on ne se donne pas à 100% (rires). Je suis quelqu'un qui a du mal à gérer. Je donne des à-coups. Là, il fallait rester à la même allure. je suis satisfait de mes relais."

L'échappée belle de Kévin Reza (3 juillet - Étape 5)

L'échappée de Reza Photo
Kévin Reza (en tête du groupe) dans l'échappée du 3 juillet entre Cagnes-sur-mer et Marseille. ©Joel Saget/AFP

Pour son premier Tour de France, Kévin Reza ne tarde pas à découvrir les joies d'une échappée. Accompagné de quatre hommes, dont son coéquipier japonais Yukiya Arashiro, le Guadeloupéen se fait reprendre dans les rues de Marseille à cinq kilomètres de la ligne d'arrivée, alors qu'il avait passé 224 km devant depuis le départ de l'étape à Cagnes-sur-mer.
"J'avais encore les jambes au pied de la Gineste (la dernière montée de la journée, NDLR), indique le natif de Versailles. Je voulais voir comment les autres réagissaient donc j'ai accéléré. Mais avec un fort vent de face, il n'y avait pas d'écart. Puis Lutsenko (coureur kazakh de l'équipe Astana, NDLR) a attaqué dans la descente. J'ai pu rentrer sur lui mais sur la fin, il m'a manqué un peu de force pour espérer aller plus loin", confiait Kévin Reza. "Je ne pense pas avoir fait d'erreur. C'est une déception mais il faut passer à autre chose", relativise t-il. Il est désormais 156e du général à 27'44" du leader.

Retrouvez notre article publié à l'issue de cette étape : Kévin Reza y était presque! 

Deux jours de transition (4 et 5 juillet - Étapes 6 et 7)

Entre Marseille et la chaîne des Pyrénées, pour les premières étapes de montagne, le peloton du Tour a vécu deux étapes dites de "transition" dans lesquelles Yohann Gène et Kévin Reza ont rempli leur rôle de coéquipiers pour une nouvelle fois "protéger" leurs leaders. 

Yohann Gène, interrogé par le quotidien France-Antilles, revient sur l'étape du 5 juillet entre Montpellier et Albi. "On est resté dans le deuxième groupe car d'un coup, le peloton est monté très vite, il y a eu des cassures, Thomas (Voeckler) était mal placé. On a roulé tout de suite, mais il n'a pas voulu qu'on continue car il ne joue pas le général. Ce n'était pas une mauvaise journée car notre leader, Pierre Rolland, était devant. Demain (samedi 6 juillet), une échappée va sortir, les équipes des leaders vont rouler derrière. Ils vont se tester. Mon boulot consistera à placer Pierre Rolland. Ce sont deux étapes difficiles mais ça ne devrait pas être compliqué pour rentrer dans les délais car les cols sont sur la fin. Dimanche (le 7 juillet), il faudra se battre et s'accrocher."

Les Pyrénées (6 et 7 juillet - Étapes 8 et 9)

Deux journées explosives pour les deux premières étapes de haute montagne dans ce Tour. Samedi 6 juillet, l'équipe Sky de Chris Froome a commencé par faire exploser le peloton dans la montée finale d'Ax 3 domaines. Le lendemain, sur un parcours orné de cinq grands cols, les leaders ont passé la journée à s'attaquer.  

Pour Kévin Reza et Yohann Gène cela a ressemblé à deux jours de galère pour accrocher le gruppeto et ne pas finir hors-délai. Rien de très surprenant mais toujours un moment difficile à passer. Dans l'étape la plus dure, celle du dimanche 7 juillet entre Saint-Girrons et Bagnères de Bigorre, Yohann Gène est arrivé dans le dernier groupe à plus de 26 minutes des premiers. Kévin Reza, a lui fait un petit peu mieux, en terminant en 70e position à 20'26" du vainqueur. Ce dernier a d'ailleurs raillé, dans un tweet, certains coureurs du grupetto qui se seraient accrochés aux voitures dans les cols pyrénéens selon lui. 
Les deux coureurs profitent aujourd'hui de leur journée de repos à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), avant d'attaquer la deuxième semaine du Tour. A l'issue des neuf premières étapes, Kévin Reza est classé en 145e position à 1h37'5" du maillot jaune Chris Froome. Yohann Gène, 175e, pointe lui à 1h51'28".
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