Air Caraïbes : la galère des passagers, la compagnie s'explique

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Pas de nuage pour Air Caraibes
©cc-by takot
Plusieurs passagers du vol Paris/Port-au-Prince/Saint-Domingue, détourné aux Açores pour cause de problème moteur, se sont plaints des conditions de transit. Et ils n'épargnent pas la compagnie.  
La compagnie aérienne Air Caraïbes a fait face ces derniers jours à une répétition de problème techniques sur l'un de ses avions, un A330/300. Le dernier accroc, sur le vol Paris-Haïti du 7 août, lié à une surchauffe moteur, a obligé l'appareil à se détourner sur l'aérogare de Lajes (base militaire des Açores) après environ quatre heures de vol. Une escale forcée dont les conditions ont provoqué la grogne de certains passagers.

Selon une passagère, qui a témoigné sur le site d'informations Rue 89 sous le pseudonyme de Djamila M., les passagers ont passé la nuit sur place - les réparations ne pouvant pas être réalisées à Lajes -  en attendant l'arrivée d'un autre avion. Mais ce qui a provoqué la colère de cette passagère, c'est la priorité donnée aux personnes munies de passeport européens pour quitter l'aéroport et se rendre vers le lieu d'hébergement.

"Suite à cette maladresse, la désorganisation la plus complète s'est installée et c'est aussi le dernier moment où l'on a vu l'équipage d'Air Caraïbes", témoigne Djamila M. "A partir de ce moment ce sont les autorités portugaises qui ont pris les choses en main. La police est arrivée : elle a eu peur des débordements suite à l'annonce calamiteuse sur la priorité aux Européens", ajoute t-elle.

Un passager haïtien également présent sur le vol nous a confirmé que sur place l'équipe d'Air Caraïbes n'était pas présente, ce qui a contribué à l'énervement des voyageurs. 

Les passagers du vol Paris/Haïti/Saint-Domingue ont finalement embarqué dans un autre avion 24 heures après l'atterrissage forcé du vol initial.  


Vous étiez présents sur le vol Paris/Haïti/Saint-Domingue. Racontez-nous votre périple sur la page Facebook de la 1ère ou contactez-nous par mail (philippe.triay@francetv.fr).


> A la suite de la publication de cet article, nous avons reçu les précisions suivantes d'Air Caraïbes :


"Sur le contrôle aux frontières à Terceira :

Le contrôle aux frontières extérieures de l’Escape Schengen dont l’île de Terceira fait partie est régi par le Règlement (CE) 562/2006 du Parlement Européen et du Conseil en date du 15 mars 2006 établissant un code communautaire appelé Code Frontières Schengen. Celui-ci stipule que le contrôle aux frontières est effectué par les garde-frontières, conformément aux dispositions du Règlement et au droit national du territoire sur lequel est situé la frontière (article 15).
 
En conséquence, les modalités d’exécution du contrôle documentaire effectué aux frontières de l’Ile de Terceira relève des seules autorités portugaises et non de la compagnie aérienne. Par application du Règlement, les autorités locales ont néanmoins l’obligation d’aménager des couloirs de contrôle séparés afin de procéder aux vérifications des personnes jouissant du droit à la libre circulation au sein de l’Union Européenne indépendamment des personnes ne jouissant pas de ce droit.
 
Les gardes frontières locaux ne parlant pas le français auraient demandé à l’équipage son entière coopération pour la traduction des consignes relatives au contrôle documentaire. Notamment, ils ont été priés de demander aux passagers d’établir deux files suivant que les personnes avaient ou non un passeport d’un pays membre de l’Union Européenne et de préciser aux passagers titulaires de passeports de pays tiers à l’Union Européenne qu’ils ne seraient contrôlés qu’en dernier. Ces derniers prétextant alors être victimes d’une discrimination s’en sont pris violemment au commandant de bord de l’appareil. Les forces de l’ordre sont intervenus afin de faire cesser l’émeute.
 
Sur l’hébergement des passagers :
 
Conformément au règlement (CE) 261/2004, en cas de déroutement, les compagnies aériennes ont une obligation d’assistance envers les passagers. Cette obligation comprend notamment l’organisation et la prise en charge des frais d’hébergement et de restauration. Cependant, cette obligation cesse dès lors qu’il est matériellement impossible d’héberger les passagers. C’est notamment le cas lorsqu’il n’y a plus de capacités hôtelières. Il appartient dans cette situation aux autorités locales compétentes de déclencher leurs propres plans d’assistance aux populations, selon les règles du droit national du territoire sur lequel est situé l’aéroport.
 
Les Acores n’étant pas une destination desservie par la compagnie, celle-ci n’a aucun représentant sur place. Suite au déroutement de l’appareil, l’assistance à l’aéronef et aux passagers a été confiée à une société locale d’assistance en escale. La compagnie a donc demandé à cette dernière de trouver des solutions de restauration et d’hébergement. Sur l’ensemble de l’île de Terceira, seuls quelques hôtels ayant encore des disponibilités ont pu accueillir un nombre limité de passagers.
 
La compagnie en liaison permanente avec son assistant a déployé tous ses efforts en lui demandant de trouver d’autres solutions d’hébergement. Les forces armées américaines et portugaises ayant toutes deux une base militaire sur l’ile de Terceira ont été sollicitées et ont finalement accepté d’héberger le reste des passagers dans l’enceinte de leur base. Néanmoins, un certain groupe de passagers ont refusé de quitter l’aéroport."