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Confrontée à sa véritable identité, Michèle, l'ex-"inconnue de Thuir", va devoir se reconstruire

faits divers
Inconnue Thuir
© HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE THUIR / AFP
La jeune patiente qui confrontait l'hôpital psychiatrique de Thuir (Pyrénées-Orientales) à un cas rare de perte d'identité va entamer un long travail de reconstruction maintenant qu'elle a un nom grâce à un appel à témoins. 
L'inconnue admise fin janvier sans papiers d'identité affirmait s'appeler Sarah Mastouri et être née en Algérie le 4 juillet 1984. Elle fournissait des éléments très précis et persistants sur sa biographie. Mais toutes les démarches de l'établissement pour confirmer ses dires étaient restées vaines. L'équipe soignante qui envisageait de mettre un terme à l'hospitalisation de cette jeune femme frêle aux cheveux noirs a pris l'initiative rarissime de lancer un appel à témoins pour lever le doute, l'aider à établir de nouveaux papiers et plus généralement à se réinsérer.
 

Sarah s'appelle en fait Michèle

Cet appel s'est révélé fructueux puisque la famille de la patiente s'est manifestée et a pu attester auprès de la police sa véritable identité. Une femme domiciliée à Reims a ainsi appelé en début de semaine pour dire qu'elle était sa mère, et d'autres membres de la famille ont appuyé ses dires en transmettant des photographies très ressemblantes. Sarah s'appelle en fait Michèle, elle est née en France en 1980 et non en Algérie en 1984. 
 

Phase de reconstruction

Elle va bien mais doit désormais entamer une phase de "reconstruction" au sein de l'établissement, a expliqué mercredi à la presse le docteur Philippe Raynaud. Il a remercié les médias pour leur aide tout en les appelant à présent à respecter le processus de reconstruction de la patiente. "C'est une personne qui a un trouble de l'identité et la mission du service public est de l'aider à retrouver une existence humaine", a-t-il déclaré. Mais "il va falloir beaucoup de temps, de tact, et de patience pour l'aider. Elle n'est ni une affabulatrice, ni une menteuse", a-t-il précisé. Un diagnostic a été "posé" mais le médecin, tenu par le secret médical, n'a pas souhaité le rendre public.
 

Trouble lié à un traumatisme  

Selon lui, les cas de perte d'identité sont "relativement fréquents en psychiatrie. Ce qui est moins fréquent, c'est la durée et la constance de celle-ci". La jeune femme a expliqué pendant son hospitalisation avoir été victime d'une agression fin juillet 2012 à Perpignan, un traumatisme qui pourrait être à l'origine de l'adoption inconsciente par Michèle d'une identité d'emprunt.
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