Eramet: la stratégie résistante du producteur français

nickel
eramet duval
©NC 1ère

Les mauvais cours mondiaux du nickel ont une incidence importante sur le chiffre d’affaires d’Eramet. La répartition de l’activité autour de trois pôles, nickel, alliages et manganèse permet néanmoins de limiter l’impact des lourdes pertes de la SLN en Nouvelle-Calédonie.

 

A la mi-journée, Eramet pointait en tête des hausses du SBF 120 à Paris. Le yoyo en bourse d’Eramet se poursuit. Hier à la baisse, aujourd'hui en forte hausse signe que la spéculation hésite devant les capacités et les ressources du groupe français.


Leader mondial du ferronickel

Le Groupe Eramet est le 6ème producteur mondial de nickel et le leader mondial du ferronickel, alliage utilisé dans l’élaboration des aciers inoxydables.En Nouvelle-Calédonie, sa filiale Le Nickel-SLN exploite d’importants gisements de minerai oxydé (garniérites) sur 5 centres miniers situés dans le Nord et le Sud de l’Ile. Elle transforme le minerai dans son usine métallurgique de Doniambo, à proximité de Nouméa, l'une des plus grandes usines de ferronickel au monde. 80% de la production environ y est réalisée sous forme de ferronickel, un produit très apprécié par les producteurs d’aciers inoxydables. Les 20 % restants sont produits sous forme d’une matte de nickel, transformée en France à la raffinerie de Sandouville.


-23%  sur les neuf premiers mois de 2013

Eramet producteur de métaux d’alliages a donc vu son chiffre d’affaires se dégrader une nouvelle fois, mais moins que prévu, au troisième trimestre pour s’établir à 754 millions d’euros, soit une baisse de 5% sur un an. Le fléchissement des cours du nickel continue d’avoir une incidence importante sur les activités du groupe, dont les activités et la production notamment en Nouvelle-Calédonie ont reculé de 21% au troisième trimestre et de 23% sur les neuf mois d’activité. Les marges du groupe, qui a une part importante de charges fixes, vont sensiblement pâtir de cette situation. Le pôle Alliages a fait légèrement mieux en accusant un repli limité de 7% au troisième trimestre et de 9% sur les neuf premiers mois. Seules les activités liées au manganèse sont ressorties en hausse, générant des revenus en progression de 6%. La société fait également état d’un niveau record de production au troisième trimestre.


Chiffre d'affaires en baisse

Ces performances contrastée entraînent une dégradation du chiffre d’affaires à neuf mois  de 6%, à 2,4 milliards d’euros. Le producteur industriel français de métaux non ferreux précise dans un communiqué qu'il va intensifier les mesures visant à baisser ses coûts, réduire ses dépenses d'investissements et ajuster ses productions en fonction des marchés et diminuer ses besoins en fonds de roulement.