"J'ai beau être une sorcière d'Amazonie, il y a des limites à mon pouvoir" : Christiane Taubira toujours dans la tourmente

La conférence de presse improvisée hier à la sortie du conseil des ministres n'a pas, bien au contraire, mis fin à "l'affaire Taubira", concernant ce que la garde des Sceaux savait exactement des écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy. Le tourbillon politique et médiatique se poursuit. 
Hier lors de la conférence de presse improvisée de la ministre de la justice à la sortie du conseil des ministres (photo ci dessus), Christiane Taubira, pour prouver sa bonne foi, avait en main les quelques documents qui lui avaient été adressé par les autorités judiciaires sur le placement sur écoutes de Nicolas Sarkozy. Mais cela n'a pas suffi à éteindre la polémique, et l'a même ravivée. Plusieurs journalistes, dont ceux du journal Le Monde (lien abonnés) se sont procurés ces documents que tenait en main Christiane Taubira. Ils affirment qu'elle savait nécessairement plus de choses que ce qu'elle affirme.

"Je ne démissionnerai pas"

Ce matin, dans une nouvelle interview accordée au journal Le Monde (lien abonnés),  Christiane Taubira explique qu'elle n'est pas "lâchée" par le président de la République et le Premier ministre. Visiblement agacée par les questions insistantes des journalistes, elle finit par dire: 

Vous allez continuer à croire que ce n'est pas vrai. Désolée, mais j'ai beau être une sorcière d'Amazonie, il y a des limites à mon pouvoir.








Elle confirme dans cette même interview qu'elle n'a pas l'intention de démissionner du gouvernement.

Les Unes ravageuses

Mais ce matin, la presse écrite, de droite comme de gauche, continue à consacrer ses gros titres sur l'affaire. 

Hier, le journal Le Monde consacrait en première page un éditorial au vitriol sur cette affaire, dont voici un extrait: 

 " La ministre de la justice est disqualifiée. Le 10 mars encore, Christiane Taubira assurait qu'elle n'était pas au courant de cette procédure d'écoute de M. Sarkozy. Il s'avère qu'elle a menti (...) On peut faire crédit à la ministre de ne pas intervenir dans les affaires individuelles. Mais elle a évidemment été informée. L'image d'inégrité patiemment construite par Mme Taubira s'effondre donc". 











 


La droite réclame sa démission

En l'espace de quelques jours, "l'affaire Sarkozy" est donc devenue dans les médias "l'affaire Taubira". L'UMP et ses alliés en profitent à plein, comme en témoigne le hashtag #TaubiraGate repris notamment par Jean-Pierre Raffarin: