Le livre que déteste Audrey Pulvar est paru

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Audrey Pulvar en juillet 2009 dans la propriété normande de son ex-compagnon, le restaurateur Alain Passard. ©Paris Match
Le livre de Besma Lahouri, "Prends garde à toi si je t’aime", évoquant la relation passée d’Audrey Pulvar avec le ministre Arnaud Montebourg vient de sortir, malgré une mise en demeure envoyée par la journaliste martiniquaise à la maison d’édition. Morceaux choisis.
Audrey Pulvar est très « véner ». Et l’affaire risque d’avoir des suites judiciaires. En dépit d’une mise en demeure adressée par l’avocat de la journaliste à l’éditeur Michel Lafon au début du mois, ce dernier n’a pas renoncé à publier in extenso le chapitre du nouveau livre de Besma Lahouri, « Prends garde à toi si je t’aime », consacré à la relation de la Martiniquaise avec l’ex-ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.
 

Pandémonium du sexe et des sentiments

L’ouvrage de Besma Lahouri, également journaliste, auteur de biographies « non autorisées », comme on dit, de Zidane et de Carla Bruni, évoque sans détours les relations amoureuses et souvent sulfureuses entre journalistes et personnalités politiques. Dans sa galerie de portraits, on retrouve les frasques dorénavant connues du « président normal » François Hollande, les « romances discrètes » de Nicolas Sarkozy, l’inénarrable et priapique Dominique Strauss-Khan, ainsi qu’une Aurélie Filippetti devenue midinette qui craque pour le reporter d’un grand quotidien. Ce n’est pas Sodome et Gomorrhe mais on y est presque.
 
Dans ce pandémonium du sexe et des sentiments, 47 pages sont consacrées à la relation qu’Audrey Pulvar a eue avec le ministre socialiste Arnaud Montebourg. Et qui a causé sa disgrâce journalistique.
 
Disons-le tout de suite, le chapitre ne nous apprend pas grand-chose, et on ne voit pas bien ce qui a pu provoquer l’ire de l’ex-égérie des plateaux de télévision. Essayons quand même. Besma Lahouri suggère qu’Audrey Pulvar a pris l’initiative de sa première rencontre avec Arnaud Montebourg, « par l’intermédiaire d’un ami, autour d’un bon dîner ». Un « ami » qui s’est senti comme le dindon de la farce.
 
« Audrey est passée par moi pour rencontrer Arnaud, qui était un de mes amis » témoigne-t-il dans le livre. « D’abord elle s’est intéressée à moi. Elle m’envoyait des dizaines de textos par jour. J’étais sous le charme, évidemment. J’organise donc un dîner discret avec Arnaud. » Pas de bol pour l’ « ami » énamouré d’Audrey, une « idylle » naît rapidement, mais avec le sémillant Montebourg.
 

Montebourg va devenir un vulgaire goujat

Une relation qui va poser problème, pas sur le plan sentimental mais sur les « soupçons de conflits d’intérêts » qui finissent par apparaître quand Audrey Pulvar prend la tête du magazine les Inrockuptibles, dont le propriétaire Matthieu Pigasse, qui dirige la banque Lazard Frères, doit conseiller le gouvernement. Froidement, sentant ses intérêts menacés, Arnaud Montebourg va devenir un vulgaire goujat.
 
« Sans doute a-t-il également pris conscience que son histoire d’amour devenait un handicap professionnel », écrit Besma Lahouri. « Or pour lui, comme pour tout personnage politique, l’ambition ne souffre pas de problèmes domestiques. Entre Audrey Pulvar et sa carrière, son choix était fait. Un matin de septembre 2012, Arnaud Montebourg cessa de donner des nouvelles à celle qui était sa compagne depuis deux ans. Le silence dura deux mois, jusqu’à ce que la journaliste comprenne que leur histoire était bel et bien terminée ». Apparemment, ainsi va l’amour en politique.

 
Besma lahouri
©Editions Michel lafon

Extraits

Le recrutement d’Audrey Pulvar à France Télévisions
Alors journaliste à LCI fin 2002, Audrey Pulvar contacte un ami de son père, le Guadeloupéen Michel Reinette, journaliste à France Télévisions et ancien présentateur à France 3, pour tenter de rejoindre le service public.
« France Télévisions s’interrogeait de plus en plus sur la place des « minorités » sur ses antennes, et Michel Reinette comptait parmi ses conseillers sur le sujet. « Pour être franc, explique celui-ci, je connaissais les critères officieux. Il fallait trouver une personne pas trop foncée de peau, mais pas trop claire non plus. En gros, café au lait. Une jolie femme, mais aussi une journaliste assez solide. Bref, il y avait le choix entre Audrey et Christine Kelly. » Audrey a su le convaincre de la mettre en avant, elle, plutôt que sa consoeur guadeloupéenne. « Elle connaissait la politique, elle savait à quelle porte frapper. Elle venait le voir à la rédaction tous les jours. Elle n’a jamais lâché l’affaire. Et elle a fini par obtenir le job : d’abord à France 3 Marseille, puis à Paris. »   
 
En septembre 2004, Audrey Pulvar prend les commandes du « Soir 3 »
« A France 3, Audrey Pulvar a commencé à se conduire comme une star, même si les journaux people d’alors ne s’intéressaient pas à elle. « Elle se rendait chez le coiffeur tous les jours, raconte Jean-Claude Basier. Elle déjeunait souvent chez son ami, le chef Alain Passard, et revenait à la rédaction vers 15 heures. Alors elle s’enfermait pour écrire ses lancements… »
« Fallait-il voir une timidité excessive, un manque d’assurance dans cette façon de s’isoler des autres journalistes ? En tout cas le lien ne s’est pas créé. « Pendant un an, elle a eu très peu de contacts avec la rédaction, affirme Jean-Claude Basier. Elle était distante. (…) Plusieurs fois, je lui ai demandé d’aller à la machine à café où se retrouvaient les membres de la rédaction, à la cantine, de faire un effort, mais non, elle ne voulait pas. » Ce qui lui importait, c’était de peaufiner son talent d’écriture, d’atteindre le meilleur niveau, de sortir du lot. »
 
« J’ai fait une bêtise », juge Audrey Pulvar
« La position dans laquelle se trouve Audrey Pulvar aujourd’hui, Arnaud Montebourg est le premier à la trouver « injuste ». « Notre situation est devenue intenable dès ma nomination au gouvernement, nous a-t-il confié. Je l’ai convaincue d’entrer aux Inrockuptibles parce qu’elle avait tout perdu à cause de moi, et elle a été perdante encore plus. Alors oui, c’est injuste. D’autant qu’elle est et reste une très bonne journaliste. »
« Audrey Pulvar en est d’ailleurs elle-même convaincue. Si elle a refusé de nous accorder un entretien malgré nos demandes répétées, elle estime – et elle l’exprime dans le landerneau médiatique parisien – que sa carrière a considérablement ralenti, qu’elle se sent lésée, punie pour sa relation avec Arnaud Montebourg. Elle l’a d’ailleurs confié au magazine Gala en mai 2013 : « Je n’ai pas tout à fait la trajectoire que j’aurais pu avoir si je ne l’avais pas rencontré. J’ai fait une « bêtise ».
 

Besma Lahouri, « Prends garde à toi si je t’aime » - éditions Michel Lafon – avril 2014 - 223 pages, 17,95 euros.