Dasvidania Soyouz, bonjour Ariane 6 !

économie
Satellite pour la guyane
Satellite ©DR
Le projet Ariane 6 devrait être officiellement lancé demain à Luxembourg où les ministres des Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) vont se réunir. Au Centre spatial guyanais, les deux versions d’Ariane 6 vont donc succéder à Ariane 5 mais aussi à Soyouz. 
Trois semaines après l'euphorie qui a suivi l'atterrissage historique sur la comète Tchouri du petit robot Philae parti il y a dix ans de Guyane, l’ESA, l’agence spatiale européenne doit se pencher sur l’avenir d’Ariane mais aussi de Soyouz et de Vega.

Pourquoi changer d’Ariane ?

L'actuelle fusée européenne Ariane 5 affiche avec fierté 62 lancements réussis d’affilée depuis la base spatiale de Kourou en Guyane. Selon l’ESA, elle a conquis plus de la moitié du marché des lancements de satellites.
Mais ce lanceur n’est plus adapté au marché. Ariane 5 n'est plus compétitive en termes de prix face à la concurrence du Falcon de l'américain SpaceX. Par ailleurs, le marché des satellites a évolué. La tendance est à l’accroissement de la masse de ces engins dont la plupart sont des satellites de télécommunications.
 
Satellite GPS
Satellite GPS ©DR

A quoi va ressembler la future Ariane ?

La future Ariane 6 pourra se décliner en deux modèles : une version institutionelle Ariane 62 avec deux propulseurs à poudre et une version commerciale plus lourde Ariane 64 avec quatre boosters, pouvant emporter deux satellites. Ariane 62 sera adapté aux satellites "institutionnels" d'intérêt public, comme ceux destinés à la recherche ainsi que la mise en place des constellations Gallileo et Copernicus. Ariane 64 permettra de mettre en orbite des satellites plus gros, comme les satellites de télécommunication qui représentent deux-tiers des lancements.
 
Ariane 6
Les deux versions d'Ariane 6, extérieur et intérieur ©ESA


Que deviennent les lanceurs Soyouz et Vega ?

Jusqu’à présent, le CSG, le centre spatial guyanais se targuait d’avoir trois modèles de lanceurs : Ariane 5, Vega et Soyouz répondant aux demandes du marché de la mise en orbite de satellites. Mais avec la création d’une Ariane 62, version institutionnelle, le lanceur russe Soyouz qui se trouve sur le même créneau va devoir céder sa place. "En Guyane, cela n’a jamais été dit officiellement de peur de froisser les Russes puisqu’il est prévu des lancements jusqu’en 2019", souligne le  journal les Echos. Airbus qui fait preuve de moins de diplomatie indique dans un communiqué publié dans la lettre "TTU" cité par Les Echos que l’arrêt de l’exploitation de Soyouz est programmé. "Ce n'est pas une surprise, souligne un proche du dossier, l'ESA préfère faire travailler l'industrie européenne".
En revanche, Vega, la petite fusée italienne va évoluer. Elle se nommera Vega-C et restera positionnée sur le marché des petits satellites.

Centre Spatial Guyanais
Base spatiale de Kourou en Guyane ©DR
 

Combien ça va coûter ?

Le budget demandé aux Etats membres de l’Agence spatiale européenne pour mener à bien le programme de développement d’Ariane 6 et de Vega-C s’élève à 3,8 milliards d’euros. La France et l’Allemagne assurent à elles deux la moitié du financement de ce programme de lanceurs européens, la France "prenant la part la plus importante", selon Geneviève Fioraso, la secrétaire d'Etat française à la Recherche interrogée par l’AFP.
 

Qui décide ?

C’est l'Agence spatiale européenne (ESA), qui va tenter de mettre sur les rails le nouveau lanceur européen Ariane 6. Cette organisation intergouvernementale crée en 1975 est composée de l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège (non membre de l'UE), les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse (non membre de l'UE). Le Conseil de l'ESA est l'instance dirigeante de l'organisation. Chaque État membre y dispose d'une voix, quelle que soit sa taille ou sa contribution financière. Son directeur général est actuellement le Français Jean-Jacques Dordain, dont le 3e mandat s'achèvera en juin 2015.

Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'ESA
Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'ESA ©DR


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