outre-mer
territoire

Le trafic maritime en hausse sur toutes les mers, en particulier dans l'océan Indien

environnement
Porte conteneurs en partance du port de Colombo au Sri Lanka
Porte conteneurs en partance du port de Colombo au Sri Lanka ©LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP
Le trafic maritime a connu une croissance sans précédent depuis le début des années 1990. C'est la principale conclusion d'une étude publiée par l’Ifremer  dans le journal "Geophysical Research Letters". Ce qui n'est pas sans conséquence sur la pollution atmosphérique. 
L'océan Indien connaît l’augmentation du trafic maritime la plus marquée avec une hausse de l'ordre de 300% en 20 ans. "La densité de bateaux, c'est-à-dire leur présence en mer, a pratiquement quadruplé. La pression s’est particulièrement accrue dans le golfe du Bengale et la mer d’Arabie et dans les mers de Chine", constate le Jean Tournadre  chercheur au Laboratoire d’Océanographie Spatiale du centre Ifremer Bretagne à Brest et auteur de l’étude.  Seul secteur déserté : le large de la Somalie, où la piraterie a pratiquement stoppé le trafic depuis 2006.  Regardez cette vidéo à bord de la frégate française Nivôse basée à La Réunion qui lutte contre la piraterie dans le sud de l’océan Indien.
 
Lutte contre la piraterie dans l'Océan Indien


L’Atlantique aussi connaît une forte hausse du trafic

Dans les autres bassins, en particulier l’Atlantique nord, au large de Saint-Pierre-et-Miquelon, la hausse est certes moins spectaculaire mais reste comprise entre 100% et 200%. Toutes les routes maritimes (même celle des bateaux de croisière entre l'Europe et les Caraïbes) connaissent une croissance significative.
 

Le Pacifique et son "autoroute polluée"

La route Sri Lanka-Sumatra-Chine est l’une des plus fréquentée au monde, souligne l’étude de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) . Or le trafic maritime est la cause principale de pollution atmosphérique en océan ouvert et les satellites ont permis de la mesurer : la concentration en dioxyde d’azote (gaz brun-rouge produit par les moteurs de bateaux)  a augmenté de 50% entre 1997 et 2010 sur cette voie maritime. Regardez ces images impressionnantes signées Planet Océan (Yann Atrhus-Bertrand)
 
Trafic maritime, reportage à Shanghaï

Analyse très fine

L’Ifremer a épluché et analysé 20 années de données délivrées par 7 satellites sur le trafic maritime. "Les données satellites permettent une analyse fine de l'évolution de la densité des bateaux". Pendant la crise économique de 2008-2009, on a ainsi assisté à une pause dans cette croissance du trafic maritime. Ce niveau d'analyse très précis est rendu possible grâce à l’altimétrie satellite, technique radar  habituellement utilisée pour mesurer par satellite  le niveau de la mer, les courants océaniques et la topographie du fond de l’océan.
 
Publicité