publicité

Un hommage rendu aux policiers en présence de la famille et des collègues de Clarissa

Un hommage a été rendu, ce mardi à la préfecture de police de Paris, aux trois policiers tués dans les attentats. François Hollande les a décorés de la légion d’honneur. Le chef de l'Etat a aussi salué la famille de Clarissa Jean-Philippe, policière martiniquaise tuée jeudi à Montrouge.

Les cercueils des trois policiers tués lors des attentats entrent dans la cour de police de Paris. © PATRICK KOVARIK / AFP
© PATRICK KOVARIK / AFP Les cercueils des trois policiers tués lors des attentats entrent dans la cour de police de Paris.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le
"Cet hommage ne nous ramènera pas Clarissa", lâche, effondrée, une de ses collègues. Thierry, Guadeloupéen, est quant à lui policier au commissariat du 11e arrondissement de Paris. Ahmed Merabet, tué lors de l’attentat de jeudi à Charlie Hebdo, était l'un de ses collègues. "Je ne travaillais pas jeudi, j’ai appris la nouvelle par les médias, j’étais anéanti," raconte-t-il.

Le lendemain, le policier est encore sous le choc lorsqu’il entend qu’une policière de Montrouge a été la cible d’une attaque alors qu’elle intervenait sur un accident de la route. Thierry prend peur. "Une de mes amies guadeloupéennes travaille à la police municipale de Montrouge. La veille, elle m’avait appelé pour savoir si ce n’était pas moi la victime de l’attaque au siège de Charlie Hebdo", raconte Thierry. Cette fois, c’est lui qui l’appelle. La jeune guadeloupéenne répond. Elle est saine et sauve, mais c’est Clarissa, son binôme qui a été tuée. Les deux jeunes femmes avaient l’habitude de travailler ensemble.


Des policiers en état de choc

Parmi les collègues de Clarissa, certains sont en arrêt de travail, d’autres sont pris en charge psychologiquement au sein du commissariat. "Chacun a sa manière de gérer le drame, confie Philippe, policier municipal à Montrouge. Certains sont plus touchés que d’autres, chacun réagit à sa façon mais ça reste un choc terrible pour tout le monde".

Les agents de la police municipale de Montrouge porte le cercueil de leur collègue, Clarissa, dans la cour de la préfecture de police de Paris © AFP PHOTO / POOL / FRANCOIS MORI
© AFP PHOTO / POOL / FRANCOIS MORI Les agents de la police municipale de Montrouge porte le cercueil de leur collègue, Clarissa, dans la cour de la préfecture de police de Paris


Une famille effondrée

Un choc terrible aussi pour la famille de Clarissa. Ce mardi matin, dans la cour de la préfecture de Police, le chef de l’Etat, François Hollande rend hommage aux trois policiers tués dans les attentats de la semaine dernière. Le chef de l’Etat s’avance vers la maman de la jeune martiniquaise, en larmes. François Hollande la salue un long moment. Il est suivi du premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

Puis c’est dans un lourd silence que les cercueils des trois policiers entrent dans la cour. Celui d’Ahmed Merabet, de Franck Brinsolaro, tués lors de l’attaque contre Charlie Hebdo, et celui de Clarissa Jean-Philippe. Son cercueil est porté par six de ses collègues de la police municipale de Montrouge.

La famille de Clarissa assiste à l'hommage rendu par le chef de l'Etat dans la cour de la préfecture de police de Paris. © PATRICK KOVARIK / AFP
© PATRICK KOVARIK / AFP La famille de Clarissa assiste à l'hommage rendu par le chef de l'Etat dans la cour de la préfecture de police de Paris.

François Hollande s’avance vers les cercueils et remet aux trois policiers la légion d’honneur à titre posthume. Dans un discours, le Président retrace le portrait de chacun et commence par Clarissa :

"Elle était née il y a 26 ans, en Martinique. Elle a grandi à Sainte-Marie. Elle aimait son quartier, son île, la France. Elle voulait servir, être utile. Très jeune, elle quitte la Martinique. A l'école de police de Pantin, elle se montre impatiente, rayonnante, ardente, elle a hâte de mettre en pratique les connaissances acquises à l'école. A Montrouge, sa responsabilité était d'assurer la tranquillité publique. Jeudi dernier, Clarissa a été lâchement atteinte d'une balle de gros calibre dans le dos. Comment le justifier ? Une jeune femme de 26 ans, riche de toutes les promesses de la vie, dévouée aux autres. Quel peut être le mobile d'une telle abjection ? Tout simplement, elle portait un uniforme, elle était le symbole de la République. C'est en martyre qu'elle est tombée. Le visage d'une jeune fille ultramarine heureuse de servir sa ville et son pays. Ce visage-là nous éclairera pour toujours."

"Ils sont trois visages de la France"

Le chef de l’Etat rend ensuite hommage à Ahmed Merabet, lieutenant de police du 11e arrondissement, exécuté alors qu'il se rendait sur les lieux de l'attaque de Charlie Hebdo. Puis François Hollande détaille le parcours du brigadier Franck Brinsolaro, protecteur de Charb, également abattu à Charlie Hebdo. " Ils sont trois poilciers, trois parcours, trois visages de la France (…). Ils sont morts pour que nous puissions vivre libres, dit François Hollande. Clarissa, Ahmed et Franck, je vous exprime ma fierté et ma gratitude. Grâce à vous, la France est debout."

 
legion.jpg
© AFP PHOTO / POOL / FRANCOIS MORI Le chef de l'Etat, François Hollande, décore Clarissa de la légion d'honneur à titre posthume
 
Après le discours, les cercueils quittent la cour de la préfecture de police de Paris, suivis des familles des victimes. De nombreuses personnalités ont assisté à cet hommage, dont la ministre des Outre-Mer, George Pau Langevin ainsi que la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Ce mardi soir, à 19h (heure de Paris), un hommage sera également rendu à Clarissa dans la ville de Montrouge.

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play