Crash AirAsia : la famille du copilote martiniquais porte plainte contre la compagnie

L'Airbus AirAsia QZ8501 a disparu des écrans radars dimanche 28 janvier. A son bord : 162 passagers dont le copilote martiniquais Rémi Plesel.
La famille de Rémi Plésel, le copilote martiniquais de l'avion d'AirAsia qui s'est écrasé en mer de Java le 28 décembre 2014, a porté plainte, mardi, à Paris. Elle vise la compagnie AirAsia pour mise en danger de la vie d'autrui.
La famille du copilote martiniquais Rémi Plesel a porté plainte ce mardi, à Paris, contre la compagnie AirAsia. L’Airbus s’était abîmé en mer de Java le 28 décembre 2014. La plainte s'appuie sur le fait qu'AirAsia Indonesia, filiale de la compagnie malaisienne AirAsia, n'avait pas l'autorisation de vol pour la liaison entre la ville indonésienne de Surabaya et Singapour le jour du crash, selon le ministère indonésien des Transports.
        

"AirAsia doit répondre de ses négligences coupables"

Peu après le décollage, le pilote de l'avion d'AirAsia avait demandé à prendre de l'altitude pour éviter des nuages très menaçants, mais n'avait pas reçu le feu vert immédiat du contrôle aérien en raison d'un trafic trop important dans ce secteur très fréquenté. L'Airbus avec 162 personnes à son bord avait disparu des écrans radar peu après.
 
"A l’évidence, vous avez un espace aérien surchargé, explique l’avocat de la famille de Rémi Plésel, Me Eddy Arneton. Ce qui s’est passé précisément, c’est qu’à 6h12, les pilotes ont demandé de changer de trajectoire. A 6h14, ils ont disparu des écrans radar et ont eu leur réponse à ce moment-là. Quand on voit que deux minutes se sont écoulées sans réponse, on peut s’interroger… La famille souhaite que toute la lumière soit faite sur l'accident. AirAsia doit répondre de ses négligences coupables", a-t-il ajouté (écoutez sa réaction ci-dessous, au micro d’Outre-mer 1ère).
 


Encombrement chronique de l’espace aérien en Asie du Sud-Est

L'encombrement de l'espace aérien en Asie du Sud-Est, du fait du développement du tourisme, pose de nombreuses questions en termes de sécurité. Des infrastructures inadaptées et le manque de personnel bien formé face à la hausse du trafic restent des sujets d'inquiétude, selon les experts.
        
Le 9 janvier, le ministère indonésien des Transports a annoncé la suspension de 61 vols domestiques effectués sans autorisation par cinq compagnies aériennes du pays, à la suite d'un audit effectué après l'accident. Plusieurs pistes ont été évoquées pour expliquer le crash, comme une ascension trop rapide de l'appareil, qui aurait ensuite décroché, ou la météo, du givre ayant pu provoquer la chute de l'avion.
        

Bientôt un juge d’instruction ?

Du fait de la présence d'un Français parmi les victimes, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour "homicide involontaire", confiée à la gendarmerie des transports aériens. La famille de Rémi Plésel demande également la désignation d'un juge d'instruction, aux pouvoirs d'enquête plus étendus.
        
Originaire de Martinique, Rémi Plésel avait 46 ans. Cet ancien ingénieur à Total avait changé de carrière et passé son brevet de pilote avant de se faire embaucher par Air Asia en 2012. Parmi les 162 personnes à bord, se trouvaient également 155 Indonésiens, un Britannique, trois Sud-Coréens, un Malaisien et un Singapourien.