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Jours fériés Outre-mer : marche arrière toute du gouvernement

L’amendement de la députée Ericka Bareigts, qui prévoit le remplacement des jours fériés chrétiens Outre-mer par des fêtes locales, ne devrait pas aller plus loin que l'Assemblée. Le chef de l’Etat et le gouvernement estiment qu’il n’a pas sa place dans la loi Macron.

Image d'illustration © MYCHELE DANIAU / AFP
© MYCHELE DANIAU / AFP Image d'illustration
  • Par Laura Philippon
  • Publié le , mis à jour le
Remplacer le lundi de Pâques par l’Aïd ou le Dipavali ne devrait pas être possible de sitôt. Le gouvernement fait marche arrière toute. Après avoir été adopté par les députés, l’amendement Bareigts qui prévoit de remplacer les jours fériés catholiques Outre-mer par des fêtes locales, ne devrait finalement pas aller plus loin que l’Assemblée Nationale.
Si les députés l’ont approuvé le 13 février dernier, de manière inattendue et en pleine discussion sur l’emploi, il semblerait qu’il n’en soit pas de même au Sénat où l’amendement pourrait être retiré du projet de loi Macron.

"Ça n’a rien à faire dans la loi Macron"

Ce mercredi, dans le Parisien-Aujourd’hui en France, le chef de l’Etat s’est lui-même exprimé sur le sujet. François Hollande estime que cet amendement de la députée réunionnaise Ericka Bareigts "n'a rien à faire dans la loi Macron". "Ça peut se discuter, mais ça n'a rien à faire dans un texte qui porte sur l'activité, la croissance et l'emploi", affirme le président de la République.

La décision des sénateurs

Même discours, ce mercredi, à la sortie du conseil des ministres. George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer avoue : "on l’a dit dès le début, ce texte sur les jours fériés Outre-mer est un peu bizarre dans une loi sur l’économie et l’activité." La ministre précise toutefois "que les discussions parlementaires doivent se poursuivre et que ce sera aux sénateurs de décider si cet amendement sur les jours fériés a sa place dans la loi Macron ou s'il est préférable d’en reparler à un autre moment".

Des discussions, oui, mais dans un autre cadre

"Il faut que l’on puisse avoir une discussion sereine sur cette possibilité qui serait offerte à ces départements de remplacer des jours fériés catholiques par d’autres fêtes," soutient pour sa part le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll qui reprend les mêmes arguments que le chef de l'Etat, affirmant que "cette loi sur l’activité et l’emploi n’est pas le meilleur véhicule législatif pour des discussions sur ce sujet important."

"Le jeu de la démocratie"

Dans ces conditions, l'amendement porté par la députée réunionnaise Ericka Bareigts semble bien compromis. De l’aveu même de son entourage, on s’en remet au "jeu de la démocratie". "On verra bien ce que décident les sénateurs. Dans tous les cas, il y aura d’autres occasions législatives de le déposer et il a le mérite d’avoir sérieusement lancé le débat", estime-t-on parmi les proches de la députée.

Manuel Valls moins clair, hier...

 Pourtant, pas plus tard qu'hier, mardi, interpellé lors des questions au gouvernement, le Premier ministre avait défendu ce texte, estimant qu’il "fallait s’inspirer davantage de ce qui se fait dans les départements et territoires d’Outre-mer." Manuel Valls avait également ajouté : "j’imagine qu’au Sénat comme à l’Assemblée, nous aurons l’occasion de revenir sur ces sujets dans le cadre d’un débat apaisé ".

Un débat qui ne devrait pas se tenir dans l’immédiat. Un débat qui ne devrait pas, non plus, être si apaisé que cela à en croire la polémique déclenchée suite au passage de ce texte à l’Assemblée. Des parlementaires UMP ont lancé depuis une pétition en ligne contre le remplacement des jours fériés catholiques Outre-mer. Elle a recueilli à ce jour plus de 45 000 signatures. Le député UMP, Eric Ciotti à l'origine de cette pétition a réagit, ce mercredi, aux propos du chef de l'Etat sur son compte twitter. 



Cet amendement à la loi Macron sera étudié au Sénat à partir du 17 mars en Commission spéciale et à partir du 7 avril en séance.

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