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"Kiwileaks" : la Nouvelle-Zélande espionne ses voisins, dont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française

Selon des documents dévoilés par Edward Snowden, dont font état le site d’investigation américain The Intercept et le New Zealand Herald, la Nouvelle-Zélande espionne la plupart de ses voisins dont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Explications.

Le site de Waihopai au centre de la Nouvelle-Zélande intercepte toutes les données de ses voisins, avant de les transmettre à la NSA. © New Zealand Herald
© New Zealand Herald Le site de Waihopai au centre de la Nouvelle-Zélande intercepte toutes les données de ses voisins, avant de les transmettre à la NSA.
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Qu’un Etat qui possède la technologie et les moyens de le faire espionne ses voisins immédiats, seraient-ils ses « amis », puis partage éventuellement ses informations, est une pratique habituelle dans l’univers du renseignement. C’est le cas de la Nouvelle-Zélande qui surveille des territoires insulaires de sa zone, dont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.
 
Selon les révélations du site américain d’investigation The Intercept, publiées en collaboration avec le quotidien New Zealand Herald, le 4 mars, l’Agence néo-zélandaise de sécurité des communications gouvernementales (Government Communications Security Bureau, GCSB), l’équivalent de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), intercepte de multiples données électroniques de la région et notamment des îles Tuvalu, Nauru, Kiribati, Samoa, Vanuatu, les Solomon, Fidji, Tonga, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française à des fins de surveillance et de renseignement.
 

Les « Five Eyes »

Les communications collectées par le GCSB sont transmises à un système de surveillance de la NSA dénommé XKEYSCORE, puis partagées par l’alliance du renseignement électronique surnommée « Five Eyes », qui comprend les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, selon The Intercept, qui se base sur des documents dévoilés par le lanceur d’alerte Edward Snowden, lui-même ex-informaticien de la NSA et actuellement réfugié en Russie.

Le site de Waihopai en Nouvelle-Zélande. © New Zealand Herald
© New Zealand Herald Le site de Waihopai en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande est un petit pays mais elle joue un rôle important au sein de l’alliance « Five Eyes » du renseignement à cause de sa position géographique dans le Pacifique sud. Un mémo de la NSA récupéré par Snowden note par exemple que Wellington fournit « un accès important et pas autrement disponible qui satisfait les demandes du renseignement des Etats-Unis ».
 
Les interceptions du GCSB néo-zélandais sont effectuées sur le site de la vallée de Waihopai (photo ci-dessus), dans le centre du pays. Cette structure permet d’aspirer littéralement toutes les communications régionales transmises par satellites, de manière indiscriminée. Toutes ces informations sont ensuite accessibles à travers le système XKEYSCORE, partagées et traitées par les analystes du renseignement des « Five Eyes ».
 

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