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Mondial du tatouage à Paris, Roonui : "Je choisis mes clients"

On faisait la queue ce midi pour entrer au Mondial du tatouage à la grande halle de la Villette, à Paris. Le succès de cet événement qui se poursuit ce week-end ne se dément pas. 340 tatoueurs de 30 pays y participent. Parmi eux, le Polynésien Roonui, venu de Montréal, que la1ère a rencontré. 

Roonui, tatoueur polynésien au Mondial du tatouage 2015 à Paris © CB
© CB Roonui, tatoueur polynésien au Mondial du tatouage 2015 à Paris
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
Roonui a déjà un carnet de bal bien rempli pour ce Mondial du tatouage. Le tatoueur polynésien a déjà tout planifié de Montréal, aidé par Lynda, sa femme québécoise. "J’ai deux clients par jour que je les garde 4 heures chacun. Je sais déjà ce qu’ils veulent et les dessins sont prêts". A 53 ans, Roonui n’est pas du genre à s’embêter avec des clients pénibles. "Je ne fais que des grands tatouages. Je refuse aussi de corriger les erreurs des autres", précise-t-il.

 

Roonui, tatoueur polynésien salue un ami au Mondial du tatouage 2015 à Paris © CB
© CB Roonui, tatoueur polynésien salue un ami au Mondial du tatouage 2015 à Paris


Tatouage à 18... agrandi à 30 ans

Ce vendredi, Morgan de Riberolles a rendez-vous avec Roonui. Il y a douze ans, ce natif de Papeete s’était fait tatouer par lui à l’âge de 18 ans. Agé aujourd’hui de 30 ans, Morgan souhaite agrandir l’image que Roonui a composé sur son bras. "Ma vie est liée à la mer, explique Morgan de Riberolles. Je suis né pendant un tour du monde à la voile. J’aime le tatouage polynésien traditionnel qui me rappelle mes origines". Morgan voulait que Roonui poursuive son œuvre sur lui, même s’il avait un peu peur de la douleur.
 
Roonui et Morgan de Riberolles au Mondial du tatouage 2015 à Paris © CB
© CB Roonui et Morgan de Riberolles au Mondial du tatouage 2015 à Paris

L'école de la rue à Tahiti

A l’âge de 10 ans, Roonui a quitté Makemo, dans l’archipel des Tuamotu pour Tahiti. Sa mère atteinte d’un cancer est morte peu de temps après. Son père a sombré dans l’alcool. Roonui a alors passé beaucoup de temps dans la rue avec ses amis. C’est là qu’il s’est mis à faire des tatouages avec des aiguilles à coudre fixées sur des bâtons d’allumettes. "J’ai appris tout seul. Je ne comprends toujours pas pourquoi les missionnaires disaient que les tatouages étaient réservés aux pirates ou aux bandits, se désole Roonui. Pour moi, c’était magique".

Bras gauche de Roonui © CB
© CB Bras gauche de Roonui
 

La convention : le temple des tatoueurs 

Plus tard, Roonui a découvert les livres de l’explorateur Karl Van der Steinen qui a recensé les tatouages polynésiens. Et puis, il s’est frotté à d’autres artistes en Nouvelle-Zélande ou au Japon. "Dès que je gagnais un peu d’argent, je partais à des conventions comme le Mondial. C’est là qu’on trouve le meilleur matériel et des gens avec qui on apprend".

 

Mondial du tatouage à Paris : Roonui en plein travail © CB
© CB Mondial du tatouage à Paris : Roonui en plein travail


Un sentiment de liberté

Depuis 16 ans, Roonui a posé ses valises à Longueuil tout près de Montréal. Mais le tatoueur a toujours l’impression d’être dans la rue, comme à Tahiti. "Ca m’a rendu fort, ce n’était pas violent ni dur, car à Tahiti, la nature est généreuse. J’attrapais une mangue, je mangeais du poisson que j’avais pêché". Aujourd’hui, le pays lui manque, mais Roonui possède en lui un sentiment de liberté qui ne l’a jamais quitté. 
 

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