outre-mer
territoire

A la découverte des vestiges archéologiques des Terres Australes et Antarctiques Françaises

histoire
Vestiges archéologiques TAAF
©la1ere.fr
Les îles Crozet, Kerguelen, Amsterdam n'ont pas de population autochtone. Pourtant, depuis leur découverte au 18ème siècle, ces îles du sud de l'océan Indien ont connu une histoire variée, entre pêche à la baleine et expéditions scientifiques. Une expo sur l'archéologie des TAAF se tient à Paris. 
L'exposition, qui se tient jusqu'en juin 2015 à l'Aquarium tropical de la porte Dorée à Paris, dévoile quelques vestiges archéologiques des îles françaises du sud de l'océan Indien, administrées par les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) : Crozet, Kerguelen, Amsterdam et Saint-Paul.

Dans cette exposition ne figure pas la mystérieuse bouteille déposée sur l'archipel des Kerguelen le 12 février 1772 par le premier équipage qui accosta dans ces contrées hostiles, mené par le Breton Yves Joseph de Kerguelen de Tremarec. Et pour cause : cette bouteille n'a jamais été retrouvée. Les plus anciens vestiges archéologiques connus, retrouvés et exposés, remontent à l'époque où ces îles servaient de base pour la pêche à la baleine et la chasse aux éléphants de mer. 

L'une des pièces les plus impressionnantes de l'exposition est cet énorme chaudron de 800 kilos qui servait à faire fondre la graisse des éléphants de mer :
chaudron taaf
©la1ere
Le chaudron vient du site de la baie américaine, sur l'île de la Possession dans l'archipel des îles Crozet. Les pêcheurs, souvent venus de la région de Nantucket, une île américaine située au large de Cape Cod, passaient plusieurs mois de suite dans les îles australes. Ils vivaient dans des conditions extrêmement difficiles. Retiré de Crozet en 2006, le chaudron était totalement oxydé. Il a fallu neuf ans pour le restaurer.  

Autre vestige du temps des baleiniers, la presse à tourbe, surnommée "presse à manchots". Sur ces îles, il n'y a aucun arbre tant le vent est omniprésent. Seule la tourbe pousse. Grâce à cette presse, les résidents temporaires pouvaient fabriquer des briques de tourbe afin de construire des abris ou du combustible, une fois les briques séchées. 
Presse à tourbe
©la1ere.fr



La pêche à la baleine

Autres vestiges de l'époque de la chasse à la baleine, les harpons plus ou moins artisanaux, puis les têtes d'obus. Nathalie Moreigneaux, chargé de mission sur le patrimoine au sein de l'administration des TAAF explique : "A l'époque, au 19ème siècle, la pêche à la baleine était la plus prestigieuse des pêches. Si les gens peuvent aujourd'hui rouler en voiture c'est parce que l'histoire industrielle a débuté grâce à la farine de baleine qui servait à faire de l'engrais, la graisse de baleine qui permettait le fonctionnement des machines dans les usines et l'huile de baleine qui servait à l'éclairage public dans les villes. Ensuite, nous sommes passés au pétrole et au gaz, mais l'histoire de la pêche à la baleine c'est le début de l 'industrie."
Tête d'obus de harpon
Tête de harpon de baleine qui était lancée par canon ©la1ere.fr

Un site archéologique : Port Jeanne d'Arc

A Kerguelen, le site de Port Jeanne d'Arc est le plus emblématique de l'époque de la pêche à la baleine. Soumis au climat très rude des 50èmes hurlants, le site qui fut en son temps administré par les Norvégiens, est extrêmement dégradé. Mais en 2010, les TAAF ont procédé à sa modélisation en 3D. Une partie des installations est désormais visitable en 3D  via le site internet des TAAF. A terme, l'idée est de faire revivre virtuellement Port Jeanne d'Arc en insérant des personnages virtuels. 

Vestiges des expéditions scientifiques

Si la pêche à la baleine et la chasse aux éléphants de mer ont été les principales activités au 19ème siècle dans les îles subantarctiques, de nombreuses expéditions scientifiques ont également été menées. A Kerguelen notamment, les conditions pour les observations solaires et astronomiques sont optimales. En 1874, à l'occasion du passage de vénus devant le soleil, plusieurs expéditions ont été envoyées dans les îles : des Anglais se trouvaient à Kerguelen, tandis que des Français étaient à Saint-Paul. En souvenir de leur passage, ils ont laissé cette pierre gravée (visible dans l'exposition) :
passage de Venus TAAF
©la1ere.fr


Croix de bois et pierres gravées

Autres vestiges, ceux qui témoignent de la souffrance des hommes, ou tout simplement de leur passage sur les îles. 
C'est le cas de cette croix de bois. Elle fut posée sur la tombe d'un jeune matelot, qui perdit accidentellement la vie à Kerguelen, en 1874. Sur la croix, on distingue l'âge du matelot : 23 ans.
croix gravée kerguelen
©la1ere.fr

D'autres pierres gravées sont visibles dans l'exposition. A Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam, il en existe plusieurs dizaines. Les personnes de passages (naufragés, navigateurs, pêcheurs) gravaient ainsi des les pierres ou les rochers pour témoigner de leurs passages. Modélisées en 3D, elles ont été reconstituées grâce ) des moulages en résine.
pierres gravées
©la1ere.fr


Le cas particulier des iles Eparses

Les îles Eparses, également administrées par les TAAF, sont situées sous des latitudes bien différentes : Juan de Nova, Europa, Glorieuses et Tromelin sont soit dans le canal du Mozambique, soit à l'Est de de Madagascar pour Tromelin. Il existe très peu de vestiges archéologiques car ces îles ne sont pas isolées, contrairement à Crozet ou Kerguelen. De très nombreux pêcheurs de l'océan Indien s'y sont arrêtés pour faire relâche. Seul vestige présenté dans l'exposition, une pirogue façonnée à Juan de Nova. Elle n'a jamais naviguée. 
Pirogue Juan de Nova
©la1ere.fr


Une visite vidéo de l'expo

Avec cette vidéo des TAAF, voici un aperçu de l'exposition de la porte Dorée :

Aperçu de l'exposition #TAAF60 à l'Aquarium... par TAAFL'exposition est prévue à l'Aquarium tropical de la porte Dorée (293 avenue Daumesnil à Paris) jusqu'en juin 2015.