La détresse des familles de victimes face au silence de Yoni Palmier, le "tueur de l’Essonne"

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Yoni Palmier
Les familles des victimes doivent faire face au silence de l'accusé, Yoni Palmier. ©GAELLE MALET
D’origine guadeloupéenne, Yoni Palmier, surnommé "le tueur de l'Essonne", comparaît aux Assises d’Evry, depuis le 31 mars. Il est accusé de quatre meurtres. Après les proches de l’accusé, ce sont ceux des victimes qui témoignent. Compte rendu d’audience.
Des sanglots dans la voix, les proches des deux premières victimes du "tueur de l'Essonne" racontent leurs vies brisées par la douleur. Face à eux, Yoni Palmier, jugé depuis une semaine à Evry, lance d’un air désinvolte : "Rien à dire."
Au cinquième jour d'audience, comme depuis le début de son procès devant la cour d'assises de l'Essonne, Yoni Palmier soupire, fronce les sourcils faisant mine de ne pas comprendre les questions. Il hésite, cherche ses réponses, puis lâche : "Je ne suis pas le tireur. Désolé."

Les familles des victimes demandent des réponses

Assises en face de lui, les familles des quatre personnes tuées d'au moins une balle dans la tête entre novembre 2011 et avril 2012 dans un rayon de quelques kilomètres, s'impatientent.

"J'aimerais, si Yoni Palmier est vraiment l'assassin, qu'il le dise, qu'il s'explique. J'attends la vérité et des explications", déclare à la barre la mère de Nathalie Davids, la première victime du "tueur de l'Essonne". "Nathalie était aimée de tout le monde. Elle me manque et elle me manquera jusqu'à la fin de ma vie", ajoute-t-elle la voix tremblante après avoir revu des photos de sa fille, tuée sans mobile apparent dans le parking de son immeuble. 

Elle évoque sa vie "difficile" depuis que sa fille est "partie", et dit ne vivre désormais que grâce au soutien de son fils et aux médicaments. "Je voudrais savoir pourquoi ma fille. C'était mon soleil. On n'a pas le droit d'enlever le soleil à sa maman. On ne peut pas s'en prendre à une personne humaine qui n'a rien fait."

"Qui est le tireur ?"

"J'ai entendu ce que vous avez dit, mais je ne suis pas le tireur. Je porte une responsabilité, mais je ne suis pas le tireur", répète Yoni Palmier, sans émotion, depuis le box des accusés. "Alors qui est le tireur ?" lui demande la mère de Nathalie Davids. "Ce n'est pas si simple que ça", répond-il, l'air confus, évoquant un mystérieux "groupement" qui serait le commanditaire des meurtres.

"Pourquoi Nathalie ?" insiste l'avocate de la famille Maître Elisabeth Auerbacher. "C'est pas moi qui ai demandé. Il n'y avait pas de cible précise. Après si vous ne me croyez pas..." ajoute-t-il en haussant les épaules.

Ecoutez ci-dessous la réaction de Maître Elisabeth Auerbacher au micro Outre-mer 1ère de Fabienne Acosta :

"Je sais qu'il ne donnera jamais d'explication"

Puis, c'est au tour de Catherine, la veuve de la deuxième victime, Jean-Yves Bonnerue, abattu d'une balle dans la tête dans le même parking trois mois plus tard, alors qu'il sortait des courses de sa voiture, de témoigner. Tête basse, il l'écoute raconter le moment où, en voyant par sa fenêtre les camions de pompiers, elle a compris qu'il était arrivé quelque chose de grave à son mari. Puis, quand, après six jours d'hospitalisation, elle réalise qu'il ne survivra pas. "J'ai compris que mon mari n'avait plus de cerveau, que c'était fini".

Mais lorsque le juge lui demande ce qu'elle attend de ce procès, elle ne se fait pas d'illusion. "Ma conviction est faite. Je n'espère qu'une chose, c'est qu'il soit mis hors d'état de nuire. De lui personnellement, je n'attends rien", dit-elle. "Je sais qu'il ne donnera jamais d'explication."

Ecoutez ci-dessous la réaction de Maître Simon Vouaux, avocat de Catherine Bonnerue au micro Outre-mer 1ère de Fabienne Acosta :



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