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Racisme : la tolérance s’améliore, mais les actes à caractère raciste augmentent, notamment sur internet

La "tolérance" des Français s’améliore, selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH). Pourtant, les actes à caractère raciste augmentent, notamment sur internet. Il reste aussi des clichés qui ont la vie dure. Explications.

"Touche pas à mon pote", l'un des slogans de l'association SOS Racisme. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP "Touche pas à mon pote", l'un des slogans de l'association SOS Racisme.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le , mis à jour le
Les Français deviennent plus tolérants. C’est ce qui ressort du rapport 2014 (à lire en bas de page) sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Rédigé par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), il a été rendu public, ce jeudi 9 avril. Après quatre années de baisse consécutive, l'indice de tolérance, calculé à partir d'une série de questions posées aux sondés, marque une stabilisation, voire une légère progression. De plus, la proportion de Français se déclarant "pas racistes du tout" est en hausse pour la première fois depuis 2010, atteignant 43%, selon un sondage de l'institut BVA pour la CNCDH.

Des actes à caractère raciste plus nombreux

Pourtant, pas de quoi se satisfaire. La commission remarque que si la tolérance s’améliore, "des points de crispation persistent voire s'aggravent". Les pratiques liées à l'islam dérangent, les vieux clichés antisémites ont la vie dure et surtout les actes à caractère raciste ont connu une inquiétante recrudescence, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

En témoignent les récents attentats de janvier 2015 mais aussi plusieurs événements en 2014 tels que l’affaire Dieudonné ou la condamnation d’une élue du Front National pour des propos haineux.

Une intégration difficile, notamment pour les Noirs

Dans ce contexte, la Commission décrit une intégration difficile des différentes populations composant la société actuelle. Deux groupes restent perçus comme à part : les Roms (82 %) et les gens du voyage (80 %). Les Noirs sont eux perçus comme étant moins bien intégrés par rapport à 2013 (25 %, + 2 points).

L'assimilation des Antillais à la société française semble quant à elle poser peu problème








Enfin toujours selon ce document, "l’assimilation des Antillais à la société française semble quant à elle poser peu problème". Pas davantage d'explications sur ce point dans le rapport qui n'évoque pas la condition des autres Ultramarins.

Des discours haineux sur internet

En dressant l’état des lieux du racisme en France en 2014, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), a également poussé son analyse sur la lutte contre les discours de haine sur internet. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, la commission remarque que des propos haineux prolifèrent sur internet. Apologie du terrorisme, théories complotistes ou négationnistes, attaques racistes, antisémites... Ces contenus pullulent sous la forme de vidéos, de posts sur les réseaux sociaux ou de commentaires.

L’anonymat, le sentiment d’impunité, (...)  favorisent cette résurgence brutale de ces formes d’expression du racisme








"L’anonymat, le sentiment d’impunité, le tropisme de l’instantanéité et de la surenchère favorisent cette résurgence brutale de ces formes d’expression du racisme, loin de la modernité supposée de l’outil qui en est le support", écrit la commission en dénonçant au passage le "manque d'efficacité des politiques et des moyens mis en œuvre".

"Le net n'est pas une zone de non-droit", rappelle Christine Lazerges, présidente de la CNCDH qui recommande qu'une autorité administrative indépendante "réactive et innovante", comme l'est le web, s'empare de ces sujets. La commission conseille aussi l'adoption d'un plan d'action national portant notamment sur l'éducation et la citoyenneté numérique.

Ecoutez ci-dessous les recommandations de Christine Lazerges, présidente de la CNCDH, au micro Outre-mer 1ère de Steven Gnipate.


Peu de plaintes et un manque de données pour les Outre-mer

Dans son rapport, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) déplore un manque de données chiffrées pour les Outre-mer. Elle annonce son intention de mener prochainement une étude sur l’application des droits dans toutes les collectivités ultramarines. Elle traitera notamment des droits des peuples autochtones, de l’accès aux droits économiques et sociaux, du droit des étrangers et du droit d’asile, ou encore des conditions de détention. Par ailleurs, Christine Lazerges, la présidente de la Commission, remarque que les victimes de racisme ne portent pas souvent plainte Outre-mer. "J’invite toutes les victimes à batailler pour que leurs plaintes soient prises en mains courantes ou en procès verbal," encourage Christine Lazerges.

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