François Hollande inaugure le Mémorial ACTe au son des lambis et des tambours

abolition de l'esclavage du 10 mai
François Hollande inaugure le Mémorial ACTe aux côtés de Victorin Lurel, président de la Région Guadeloupe
François Hollande inaugure le Mémorial ACTe aux côtés de Victorin Lurel, président de la Région Guadeloupe ©NICOLAS DERNE / AFP
La Guadeloupe a vécu ce dimanche une journée historique avec l'inauguration du Mémorial ACTe. François Hollande accompagné de plusieurs ministres a visité ce centre caribéen d'expressions et de mémoire de la traite et de l'esclavage. Il a ensuite fait un discours devant de nombreux chefs d'Etats.  
François Hollande a inauguré ce dimanche à Pointe-à-Pitre le Mémorial ACTe, centre caribéen d'expressions et de mémoire de la traite et de l'esclavage. Une inauguration qui s'est faite au son grave des tambours et des conques, avec lesquels communiquaient les esclaves. Le chef de l'État a coupé le ruban tricolore, sous un jeu d'ombre et de lumière distillé par le treillage métallique qui coiffe le bâtiment. 


Grosse délégation ministérielle

François Hollande était accompagné de plusieurs ministres : Ségolène Royal (Écologie), Christiane Taubira (Justice), Fleur Pellerin (Culture), George Pau Langevin (Outre-mer), Annick Girardin (Francophonie) ainsi que le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone. Le président de la région Guadeloupe Victorin Lurel et le maire de Pointe-à-Pitre Jacques Bangou ont accueilli cette importante délégation. 

 

Visite officielle du Mémorial ACTe

Le président est ensuite entré dans le bâtiment, passant d'abord devant une sculpture monumentale dans le patio central, un arbre métallique de six mètres symbolisant le "poto mitan", pilier des cultures antillaises et métaphore des racines. C'est autour d'un arbre de l'oubli que les esclaves effectuaient sept tours pour oublier leur passé avant d'embarquer sur les bateaux négriers.


Visite nocturne la veille

François Hollande avait déjà fait une visite très privée samedi soir en compagnie de
Victorin Lurel, porteur du projet et ancien ministre des Outre-mer, de la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Michaëlle Jean, et du président du Sénégal, Macky Sall, admirant ainsi les éclairages nocturnes qui donnent au Mémorial ACTe l'allure d'un phare à l'entrée de la baie de Pointe-à-Pitre.

Mémorial ACTe de nuit
Mémorial ACTe de nuit (Pointe-à-Pitre Guadeloupe) ©Nicolas Derne/AFP


Les dix traités de Bartolomé de las Casas

Ce dimanche, le chef de l'État a parcouru les premières salles aménagées de l'exposition permanente, s'attardant plus particulièrement devant les dix traités de Bartolomé de las Casas dénonçant le sort fait aux indigènes, une sculpture poignante de quatre esclaves enchaînés par le cou.

Sculpture de quatre esclaves enchaînés par une chaîne venue du Benin et datant du 19e siècle
Sculpture de quatre esclaves enchaînés par une chaîne venue du Benin et datant du 19e siècle ©NICOLAS DERNE / AFP


Un livre d'or signé par François Hollande

"C'est avec émotion que j'ai inauguré le mémorial ACTe. Les oeuvres exposées, les faits restitués, les personnages rappelés, et surtout le souvenir des femmes, hommes, enfants victimes de la traite, nous font obligation de ne rien oublier et de lutter encore aujourd'hui pour la dignité humaine", a écrit François Hollande sur le Livre d'or, signé également par les ministres qui l'accompagnaient. "Il arrive par moment que le monde soit un seul lieu, aujourd'hui c'est ici", a pour sa part témoigné Christiane Taubira, alors que Ségolène Royal estimait: "La liberté est un combat pour le passé, le présent et le futur, cet endroit exceptionnel le rappelle au monde entier."

Discours de François Hollande

La cérémonie d'inauguration s'est ensuite poursuivie par le discours de François Hollande en présence d'une vingtaine de chefs d'État, dont ceux du Sénégal, du Mali et d'Haïti, ainsi que les chefs de gouvernements de tous les États de la Caraïbe. 


Le président de la République a rappelé certains faits historiques : "Lors de l'abolition de l'esclavage à Saint Domingue (ex-Haïti), l'indemnisation a été demandée non pas par les ex-esclaves, mais par les anciens maîtres". Et il a ajouté devant Michel Martelly, le président haïtien : "quand je viendrai en Haïti (ce mardi) j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons". A ces mots, tout le parterre de chefs d'Etat s'est levé pour applaudir. Regardez cet extrait :

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