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23 mai : la ville de Saint-Denis (93) honore les victimes de l’esclavage transatlantique

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La garde des Sceaux Christiane Taubira à Saint-Denis (93) rend hommage aux victimes de l’esclavage transatlantique, samedi 23 mai 2015. ©La1ere.fr
La ville de Saint-Denis en région parisienne (93) a rendu hommage samedi matin aux victimes de l’esclavage transatlantique en présence du maire de la commune, de la ministre de la Justice Christiane Taubira et de représentants d’associations ultramarines. 
La matinée d’hommages aux victimes de l’esclavage a d’abord commencé par une cérémonie religieuse à la Basilique de Saint-Denis, en présence de monseigneur Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis et vice-président des évêques de France. De là, les personnes présentes se sont rendues à l’angle de la rue de la Boulangerie et de la rue du Cygne, à quelques 200 mètres, pour assister à la cession du monument en souvenir des esclaves antillais à la municipalité de Saint-Denis.
 
L'oeuvre, réalisée par le sculpteur Nicolas Cesbron (voir photo au bas de l'article), avait été inaugurée il y a deux ans par le ministre des Outre-mer de l’époque, Victorin Lurel, et le maire de Saint-Denis Didier Paillard, de nouveau présents ce samedi. Autour d’eux, aujourd’hui, la ministre de la Justice Christiane Taubira, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, la déléguée interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer Sophie Elizéon, des représentants d’associations ultramarines et Serge Romana, président du CM98 et initiateur de la journée du 23 mai.  
 
« C’est en tant que descendant d’esclaves que je me présente à vous » a lancé ce dernier devant environ 500 personnes réunies pour l’occasion, en majorité d’origines antillaises. « Cela fut si long de construire une filiation avec eux ». « Ce ne sont pas de simples esclaves, mais des parents qui ont souffert de l’esclavage » a-t-il rappelé, soulignant qu’ « il ne peut y avoir de groupe humain sans mémoire acceptable de ses origines ».  

C’est notre histoire commune et c’est une mémoire vers l’avenir, une mémoire en mouvement qui imprègne et interroge le présent. Il faut aussi comprendre que cette histoire d’une extrême violence a produit de la créativité et une prodigieuse beauté " (Christane Taubira)

 










Parlant sans notes et très inspirée comme à son habitude, Christiane Taubira a tenu à préciser que « nous faisons mémoire ensemble au nom de la République », et que « la date du 23 mai a été officialisée en reconnaissance du combat de la société civile, un combat de militants de la mémoire qui contraignent l’histoire à surgir. » « Ce n’est pas que l’histoire des Outre-mer, c’est l’histoire de la France, de l’Europe, de l’Afrique et du monde, c’est notre histoire à tous », a martelé la ministre sous un déluge d’applaudissements.
 
« C’est notre histoire commune et c’est une mémoire vers l’avenir, une mémoire en mouvement qui imprègne et interroge le présent. Il faut aussi comprendre que cette histoire d’une extrême violence a produit de la créativité et une prodigieuse beauté » a déclaré Christiane Taubira. « Ces hommes et ces femmes esclaves ont su surpasser les difficultés de leur temps. Il faut enseigner cette vitalité qui a permis à nos aïeux de survivre, porter haut les noms et les épopées de ces hommes et de ces femmes, ces femmes qui ont d’ailleurs lutté pour la liberté et aussi pour l’égalité ».
 
« Nous devons continuer à lutter, car nous sommes porteurs d’un patrimoine qui nous oblige à lutter pour la dignité humaine, plus encore que les autres » a conclu la garde des Sceaux. « Le progrès de l’humanité n’est possible qu’avec un idéal de justice. C’est une nécessité impérieuse pour changer notre rapport au monde. » 

Les commémorations du 23 mai se poursuivent tout l'après-midi avec la Fête de la Fraternité "Limyè Ba Yo" place de la République à Paris, de 14h à 23h, avec un concert géant à 20h. Plus d'infos ici. 

cesbron sculpture
L'oeuvre du sculpteur Nicolas Cesbron à Saint-Denis (93) en hommage aux esclaves antillais. ©Philippe Triay/La1ere.fr

 

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