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Dany Laferrière reçoit son épée d’académicien à l’Hôtel de ville de Paris

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L’écrivain haïtien Dany Laferrière recevant son épée d’Académicien des mains de Jean d’Ormesson, le 26 mai 2015 à la mairie de Paris. ©MATTHIEU ALEXANDRE/AFP
L’écrivain canadien d’origine haïtienne Dany Laferrière a reçu mardi soir son épée d’académicien des mains de Jean d’Ormesson, à l’Hôtel de ville de Paris, avant la cérémonie officielle sous la coupole de l’Académie française qui aura lieu jeudi. 
Environ 400 personnes ont assisté à la cérémonie de remise de l’épée d’académicien à Dany Laferrière, dans les salons majestueux de l’Hôtel de ville de Paris, ce mardi soir. Ce rassemblement solennel, organisé par le Comité de l’épée, est le prélude à l’intronisation officielle de l’écrivain canadien d’origine haïtienne sous la coupole de l’Académie française, jeudi après-midi.
 
Devant une pléiade d’invités, dont des membres de la famille de Dany Laferrière et plusieurs « immortels », avec parmi eux Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie, l’écrivain et académicien français Jean d’Ormesson a remis son épée au romancier canadien-haïtien. Une épée créée et fabriquée en Haïti par le sculpteur haïtien Patrick Vilaire et qui représente la divinité vaudou Legba. Clin d'oeil à son compatriote écrivain, Vilaire a ajouté au bout de l'épée une minuscule bulle d'encre. Tout un symbole. L'arme, c'est l'écriture. Le combat, la littérature.   
 

Le "Québécois de Haïti"

Volontiers cabotin, Jean d’Ormesson a loué les talents du « Québécois de Haïti, une espèce de rêve de francophonie et de diversité ». « J’aime que soient représentés à l’Académie tous les spectres littéraires », a-t-il ajouté en s’adressant à Dany Laferrière. « Je te tutoie et pourtant je tutoie très peu de monde. Nous nous sommes vus seulement deux ou trois fois. Comment cela s’est-il passé ?  J’ai eu pour toi une espèce de coup de foudre. On s’est envoyé des lettres. Les miennes étaient stupides. Les tiennes étaient irrésistibles. »

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L'épée d'académicien de Dany Laferrière, ornée du symbole du dieu haïtien Legba. ©MATTHIEU ALEXANDRE/AFP

« Jeudi ce sera une grande cérémonie, un dîner de gala. Je pense à ta grand-mère, à ta mère, à tes sœurs, ces femmes qui ont été autour de toi, ainsi qu’à tous les autres », a conclu avec une certaine émotion Jean d’Ormesson, qui aura 90 ans en juin.
 
C’est également par un hommage à ces femmes, et plus particulièrement à sa mère et sa grand-mère, qu’a enchaîné Dany Laferrière, soulignant « que leurs vies méritaient d’être contées ». « Je suis né en Haïti, mais je suis devenu écrivain au Québec. Je suis un être en trois morceaux répartis entre Haïti, Montréal et Miami », a-t-il dit, en prenant soin de préciser que « Montréal n’est pas une succursale littéraire de Paris, mais un réel lieu d’invention ». 
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