Philippe Gomes au cœur du nickel calédonien et d'Eramet

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Philippe Dunoyer et Philippe Gomes
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Le nickel calédonien a désormais un administrateur de poids. Le groupe Eramet se félicite de la nomination ce vendredi à Paris de Philippe Gomes. André Dang, autre acteur clef du nickel regrette que son candidat au poste de second administrateur ait été rejeté.

Consensus pour Philippe Gomes

Dans l'enceinte feutrée du Cercle national des Armées à Paris, le nouvel administrateur calédonien est resté impassible à l'annonce de son élection. L'ensemble des actionnaires d'Eramet a approuvé la désignation de Philippe Gomes au sein du conseil d'administration du groupe minier et industriel français. Aucun commentaire de la part de celui qui représente désormais les intérêts de la Nouvelle-Calédonie, détentrice de 4 % du capital d'Eramet.
 
Ancien président du gouvernement calédonien, aujourd'hui député de la seconde circonscription du Territoire, Il est aussi un expert et stratège reconnu dans le secteur du nickel. Patrick Buffet, le président d'Eramet s'en félicite : « Nous sommes heureux que Philippe Gomes devienne notre administrateur et à travers lui la Nouvelle-Calédonie toute entière ».
 

Partition contrariée

Mais l'échiquier du nickel calédonien est complexe. André Dang proposait en effet un second administrateur de son choix. Le président de la STCPI (Société territoriale calédonienne de participation industrielle) détient 4 % d'Eramet et gère la participation des provinces calédoniennes au sein du groupe français. Son candidat, Didier Julienne, a été rejeté par 55,5 % des votants de l'Assemblée générale. Le profil de ce spécialiste des ressources naturelles semble avoir cristallisé de vieilles rancoeurs entre les différents acteurs du nickel calédonien. Officiellement, ce rejet serait lié à un "conflit d'intérêt" entre les différentes activités de conseil de M. Julienne, ce que l'intéressé dément.
Toutefois, si le vote est examiné à la loupe, une question se pose. Si Philippe Gomes, en tant que représentant de la STCPI, s'est naturellement exprimé en faveur de Didier Julienne, comment expliquer le "oui" du représentant de l'Etat à cette candidature ?
 

Le jeu du balancier

Contradiction ou choix politique délibéré ? En votant pour Didier Julienne, L'Etat détenteur de 30 % d'Eramet renouvellerait ainsi son soutien à André Dang lié au leader indépendantiste de la Province Nord Paul Neaoutyine. Vendredi prochain doit se tenir à Paris un Comité des Signataires extraordinaires de l'accord de Nouméa. Accord garant du rééquilibrage politique et économique du territoire dans son processus d'autodétermination.
Si la question du nickel ne figure pas à l'ordre du jour, en dépit du souhait de certains responsables Kanak, le vote du représentant de l'Etat ce vendredi à Paris démontre le souci de ne pas envenimer un contexte politique local tendu et des perspectives économiques incertaines pour l'industrie calédonienne du nickel. Maigre consolation pour la Province Nord et celles des Iles qui ne pourront pas présenter de nouveau candidat au conseil d'administration d'Eramet avant un an. De fait, Philippe Gomes devra assumer seul la représentation des composantes calédoniennes. Une lourde responsabilité qui explique sans doute son extrême discrétion à l'issue de l'Assemblée Générale des actionnaires d'Eramet.
 

La petite phrase…

En 2014, Eramet a produit 55.000 tonnes de nickel en Nouvelle-Calédonie pour un chiffre d'affaires de 781 millions d'euros. Le PDG d'Eramet s'est exclamé : « Nous sommes les seuls à produire vraiment du nickel en Nouvelle-Calédonie, nous espérons que nos concurrents finiront par y parvenir car c'est l'intérêt du Territoire ».
 
LIRE : le rapport annuel détaillé d'Eramet  
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