Kiirikou et M'Rick, humoristes, nouvelle génération

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Kiirikou et M'Rick
Les humoristes Kiirikou (à gauche) et M'Rick (à droite). ©Léia Santacroce
Les Antillais Kiirikou et M'Rick, 33 ans, humoristes en herbe, présenteront leurs spectacles respectifs sur la scène du théâtre de la Traversière, le 26 juin, à Paris. Rencontre avec les deux complices à quelques jours de l'échéance.
Le jour, l'un fait de la maintenance de bus RATP, l'autre des livraisons de pièces automobiles. La nuit, depuis bientôt trois ans, Kiirikou et M'Rick, 33 ans, se transforment en humoristes de stand-up. Comprendre par là : être seul en scène, multiplier les histoires drôles et incarner toute une batterie de personnages.

Vivre de leurs sketches ? "Pas encore, mais on en rêve !", lancent-ils en chœur, confortablement installés dans le canapé rouge de leur producteur parisien. A quelques jours de leur prochaine scène (le 26 juin, à Paris, au théâtre de la Traversière), les deux comiques antillais (Kiirikou est guadeloupéen, M'Rick guyano-martiniquais) ne sont pas rongés de stress, ou du moins pas encore. "Mais 300 places, à mon petit niveau, c'est énorme !", concède M'Rick, en écarquillant ses grands yeux en amande.

 

Deux habitués de la scène

Les deux amis ont pourtant l'habitude des publics nombreux. Kiirikou parce qu'il a longtemps animé des soirées afro-caribéennes (il en a d'ailleurs gardé son surnom). M'Rick parce qu'il a été chanteur pendant 17 ans (on lui doit notamment le tube "Ambiance tropicale" avec le groupe Décibel). "Mais faire rire des gens, c'est vraiment différent !", explique Kiirikou, une boucle d'oreille "K" accrochée au lobe droit.

Le 26 juin, c'est M'Rick qui ouvrira le bal avec son spectacle "Merci Maman" : une heure pour rire de l'éducation qu'il a reçue de sa mère guyanaise, à Saint-Denis (93). "Les mamans créoles tapent d'abord, et elles discutent après, rapporte-t-il, dans un large sourire. Et à côté de ça, tout passe par le regard... Certaines mères vont peut-être menacer leurs enfants de compter jusqu'à 10. Les mamans créoles, elles, elles les fusillent des yeux."


Tout le monde en prend pour son grade

Puis viendra le spectacle "Kiirikou fait son show". L'humoriste guadeloupéen se moque, lui aussi, de l'éducation "à l'antillaise". Il se plaît également à lancer des piques à ses "fwewes de la Mawtinique", qu'il imite en grossissant leur accent.

Mais Kiirikou n'en reste pas là. Arabes, Chinois, Portugais, Français, Juifs, Africains, tout le monde en prend pour son grade. "Attention, je suis là pour faire rire, pas pour blesser, affirme Kiirikou, qui a grandi à la cité des Courtillières, à Pantin (93). "La mixité, ça m'ixcite", glisse-t-il souvent dans ses sketches.


Influences : de Jamel à Patrice Kancel

Quand on interroge les deux amis sur leurs influences, Kiirikou se réfère immédiatement à Jamel Debbouze, Gad Elmaleh ou Dieudonné. M'Rick cite aussi des humoristes antillais : Viviane Emigré, Jean-Yves Rupert (Bankoulélé), Patrice Kancel... Les deux comiques de Seine-Saint-Denis adoreraient se produire Outre-mer, sur les traces de leurs aînés.

Et quand on demande aux deux complices ce qu'ils pensent de l'imitation par Michel Leeb  de "l'accent africain", Kiirikou et M'Rick haussent les épaules en souriant. "Si le Blanc veut tirer sur le Noir, c'est très bien. Si le Noir veut tirer sur le Blanc, tant mieux ! On est tous les mêmes et on est là pour faire rire, affirment-ils d'une même voix. L'humour, c'est fait pour rigoler, pas pour s'embrouiller !".

Kiirikou et M'Rick à l'affiche.
Kiirikou et M'Rick à l'affiche. ©DR

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