Après une grève de la faim devant l’Assemblée, Line Legrand poursuit son combat depuis sa chambre d’hôpital, à Paris. Sans domicile fixe, cette Guyanaise de 47 ans devait entrer dans un logement social le 27 juillet, mais elle attend toujours.
Sans domicile fixe depuis deux ans et amputée d’une jambe, Line Legrand a commencé son combat le 10 juillet devant le Palais Bourbon pour réclamer un logement social et dénoncer "des discriminations et des injustices de la part des administrations". Diabétique, arrivée en métropole en 2013 pour subir une opération des yeux, celle qui se définit comme une "exilée sanitaire", a fini par être amputée d’une jambe avant de tomber dans la spirale de la misère.
Hospitalisée le 23 juillet en raison d'un pied nécrosé, Line Legrand continue à remuer ciel et terre pour obtenir un logement. "Je sais que d’autres sont dans ma situation, mais chacun mène son combat comme il l’entend ", s’exclame-t-elle. "Avant, je dormais partout dans la rue et mon Ritz était la gare de Lyon, maintenant je dis stop ! Je veux un logement social à Paris pour commencer une nouvelle vie."
De longues démarches administratives
Le 22 juillet, Line Legrand avait reçu, devant l’Assemblée, la visite et l’aide de Ségolène Neuville, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Elle est également soutenue dans ses démarches par Gabriel Serville. Selon un proche du député guyanais, "le dossier de Line Legrand avance lentement et il faut patienter pour obtenir le logement, car les démarches sont longues, surtout l’été". "Line s’est fait voler des documents administratifs et il faut du temps pour refaire ses papiers nécessaires à la constitution d’un dossier", explique ce proche du député.
Des arguments que refuse d’entendre Line Legrand qui estime que le problème est ailleurs. "Ils se battent pour savoir qui ne paiera pas pour le logement", s’indigne Line, qui a appelé en personne le président du Conseil général de Guyane. "Le département voulait payer, mais j’ai mis mon veto. Je ne dépends plus administrativement de la Guyane depuis 2013, je n’ai pas à embarrasser la Guyane de ma personne, argumente-t-elle avec obstination. C’est à Paris que ma déchéance est arrivée, c’est à Paris de payer."
Rester à tout prix
Hors de question également pour Line Legrand d’accepter un billet d’avion pour rentrer en Guyane. Selon elle, son handicap y serait plus difficile à vivre. "Les infrastructures ne sont pas adaptées, je ne veux pas être un fardeau pour la Guyane, explique Line. À Paris, je peux me rendre en fauteuil roulant dans les administrations et avoir une vie normale."
Sur les réseaux sociaux, la mobilisation du "comité de soutien à Line Legrand" continue. "Je suis touchée, mais ce n’est pas le sens de mon combat. Je ne suis pas une mendiante ou une clocharde, je ne suis pas là pour récolter de l’argent", explique Line qui estime qu’elle doit se débrouiller seule. "Je veux juste un logement pour enfin commencer ma vie ici. Là où j’ai perdu ma jambe et ma dignité."