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Les associations d'enfants de la Creuse se fédèrent à Quézac

Trois associations d'enfants de la Creuse ont décidé de se regrouper pour former la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d’Outre-mer. Présidée par l’universitaire réunionnais Wilfrid Bertile, elle a vu le jour, mercredi 12 août, dans le Cantal. 

Réunies dans le Cantal, trois associations d'enfants de la Creuse ont décidé de se regrouper pour former la FEDD, la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d’Outre-mer. © DR
© DR Réunies dans le Cantal, trois associations d'enfants de la Creuse ont décidé de se regrouper pour former la FEDD, la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d’Outre-mer.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le , mis à jour le
"L’union fait la force, nous avons donc décidé de parler d’une seule voix pour mieux nous faire entendre", explique à La1ère.fr, Valérie Andanson, vice-présidente de l’association Rasinn Anler. "Notre histoire, page sombre de l’histoire de France, est sortie de l’ombre, mais il reste encore beaucoup à faire".

Avec deux autres associations d’enfants de la Creuse, "Génération Brisée" et "Couleur Piment créole", "Rasinn Anler" a rejoint la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d’Outre-mer. La création de cette nouvelle structure a eu lieu lors d’une première assemblée générale, mercredi 12 août, à Quézac dans le Cantal, à l’endroit même où des dizaines d’enfants réunionnais avaient été envoyés.

Une nouvelle étape dans le combat

"En créant cette Fédération, nous franchissons une nouvelle étape dans notre combat, commente Valérie Andanson qui rappelle les attentes des enfants de la Creuse. Notre dossier est loin d’être clos. La ministre des Outre-mer a promis une commission nationale pour étudier notre histoire, nous souhaitons que cela se mette en place et que ça ne soit pas juste des paroles".

Le passé est la chair du présent, il est important de savoir d'où l'on vient







Les ex-pupilles demandent également des réparations financières pour "toutes leurs années de douleurs". "Notre histoire est celle de 1 600 enfants exilés de force, elle dérange et nous ne sommes pas écoutés", déplore Valérie Andanson, qui rappelle que le ministère s’était engagé à ce que les enfants de la Creuse accèdent plus facilement aux archives et à leurs documents personnels. "Il y a encore des dossiers avec des pièces manquantes et des zones d’ombre, ça ne peut pas durer. Le passé est la chair du présent, il est important de savoir d’où l’on vient".

Wilfrid Bertile, président de la Fédération

Les trois associations regroupées dans cette Fédération des enfants déracinés des départements et régions d’Outre-mer, ont chacune un vice-président. Les ex-pupilles ont demandé à l’universitaire Wilfrid Bertile de prendre la présidence de la Fédération. "Leur cause est juste, je ne pouvais qu’accepter, confie Wilfrid Bertile joint par La1ère.fr. Le fait que je ne sois pas un ex-pupille montre que cette Fédération est ouverte à tous ceux qui sont sensibles à leur combat".

Une pensée pour Sudel Fuma

Wilfrid Bertile était aussi un proche de l’historien, Sudel Fuma, décédé en 2014 et fervent défenseur du combat des enfants de la Creuse. "En me proposant de prendre la tête de la Fédération, je pense que les enfants de la Creuse rendaient aussi un hommage à Sudel", commente Wilfrid Bertile qui a bien l’intention de poursuivre l’engagement de son collègue et ami.

"Deux ans après la reconnaissance morale, les promesses doivent se concrétiser pour atténuer les douleurs faites à ces personnes durant leur enfance", estime Wilfrid Bertile. Un grand rassemblement des ex-pupilles est d'ores et déjà prévu le 18 février prochain, deux ans jour pour jour après l’adoption de la résolution mémorielle, à l’Assemblée nationale.

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