Le "lundi noir" d'Eramet, atteint par le nickel et Merrill-Lynch

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Dans une usine pyrométallurgique de nickel. ©Alain Jeannin
Dix-sept pour cent de baisse en cinq jours pour le groupe métallurgique et minier français Eramet qui enregistre lundi la plus forte chute de la bourse de Paris (- 8 %). Le leader mondial de la production de ferronickel sort du SBF 120. 
Et pourtant, les usines tournent. Le SLN 25, l'alliage de nickel et de fer produit par l'usine calédonienne du groupe Eramet compose l'un des meilleurs aciers inoxydables au monde. En Europe, les clients d'Eramet sont le belge Aperam, le finlandais Outokumpu, l'allemand ThyssenKrupp ou l'espagnol Acerinox.
 

Eramet paie l'alerte négative de Bank of America Merrill-Lynch…

Pourtant, et malgré sa très haute qualité, ce ferronickel subit directement les conséquences de l'effondrement des cours du métal pur, coté à la bourse des métaux de Londres (LME). Les énormes stocks du LME pénalisent l'ensemble des métaux à base de nickel. Lundi matin à Paris, Eramet était fortement pénalisé par l'opinion négative de Bank of America Merrill-Lynch, l'un des principaux investisseurs financiers dans les matières premières, qui a abaissé sa recommandation à "sous-performance " pour le groupe français. La situation toujours alarmante des cours du nickel et du manganèse, dont Eramet est l'un des grands producteurs mondiaux, explique en partie la forte dévalorisation de l'un des derniers fleurons de l'industrie minière et métallurgique française.
 

Et paie aussi son soutien à la SLN

Eramet qui a perdu près de 17 % de sa valeur boursière en cinq jours est aussi tiré vers le bas par les mauvais indicateurs de production des usines chinoises d'acier inoxydable au nickel. Enfin, selon l'agence Reuters, Eramet subit l'annonce de sa sortie de l'indice SBF 120 par Euronext, à compter du 21 septembre prochain. Le SBF 120 est déterminé à partir des cours de 40 actions du CAC 40 et de 80 valeurs cotées à Paris parmi les 200 premières capitalisations boursières françaises. Eramet n'en fait donc plus partie.
 
Une source bien informée et proche du groupe français indique cependant qu'Eramet "reste dans le compartiment A d'Euronext et pourrait rejoindre le SBF 120 quand se finira la crise du prix des matières premières". Lundi, toujours à Paris, le titre Eramet était survendu dans l'attente d'un hypothétique retournement de tendance du marché des métaux de Londres. Le nickel est en très légère hausse au LME, il vaut 10.200 dollars la tonne. Pas de quoi pavoiser. La ligne des 10.000 dollars va-t-elle tenir en attendant un rebond en 2016 ? Et Eramet ? Toujours selon Bank of America-ML, dans une note reprise par le quotidien Les Echos, le groupe va dépenser 114 millions d'euros de cash en 2016 et notamment pour soutenir sa production en Nouvelle-Calédonie.
 

Alignement de mauvaises planètes

On le sait, la Chine est victime d'un ralentissement de croissance, ses entreprises sont fragilisées. Le ralentissement de la demande chinoise en nickel impacte directement les géants du secteur. Sur un an, les grandes multinationales minières ont perdu près de 50 % de leur valeur. Glencore, Vale, BHP-Billiton, Anglo-American affrontent une conjoncture toujours plus difficile, une crise qui se prolonge et un marché saturé de matières premières, notamment de nickel et de Cuivre. Glencore vient de décider de suspendre sa production de cuivre et de cobalt pendant 18 mois à Kolwezi en République démocratique du Congo. Après ce lundi noir, le pire qu'ait jamais connu le groupe français Eramet, il est permis de s'interroger sur sa capacité à ne pas suivre le chemin emprunté par Glencore en Afrique.
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