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Valentin Narbonnais, l'ange gardien numérique de Christiane Taubira

À 22 ans, Valentin Narbonnais achève une mission au service communication du ministère de la Justice. Fasciné par Christiane Taubira, ce jeune socialiste martiniquais, qui multiplie les engagements politiques, veille sur la réputation numérique de la garde des Sceaux.

A 22 ans, le martiniquais Valentin Narbonnais vient d'achever une mission de communication au ministère de la Justice. © DR
© DR A 22 ans, le martiniquais Valentin Narbonnais vient d'achever une mission de communication au ministère de la Justice.
  • Par Laura Philippon
  • Publié le , mis à jour le
Ses yeux s’émerveillent, sa voix se remplit d’émotion et sa gestuelle s’emballe. Il parle d’elle avec engouement et passion. Dans un costume noir, chemise blanche et fines lunettes posées sur le nez, Valentin Narbonnais, jeune Martiniquais de 22 ans, évoque cette admiration sans borne qu’il voue à Christiane Taubira, celle qui a éveillé en lui "ce besoin de s’engager politiquement".

Le déclic remonte à 2002. "Christiane Taubira, qui porte cette forme de différence que je porte aussi, briguait la fonction suprême. J'avais 9 ans, j'étais fasciné par cette candidate à la présidentielle", se souvient le jeune homme qui "se construit alors un pupitre de fortune pour y lire les professions de foi des candidats".

A 22 ans, Valentin Narbonnais multiplie les engagements politiques. © LP
© LP A 22 ans, Valentin Narbonnais multiplie les engagements politiques.

Veilleur numérique de Taubira

Depuis, Valentin Narbonnais a "cheminé avec Christiane Taubira". "Elle est comme une marraine pour moi", explique le Martiniquais qui a noué depuis son enfance une relation privilégiée avec "la garde". Pendant un an, il a même travaillé pour la communication de la Chancellerie, une sorte de veilleur numérique de la ministre.

"Très actif dans la riposte sur les réseaux sociaux, j’ai été recruté en novembre 2014 pour participer au pilotage des comptes Twitter et Facebook de Christiane Taubira et du ministère", raconte-t-il. Même s'il a terminé sa mission début septembre "pour se concentrer davantage à (sa) licence de droit et de sciences politiques à l'université de Nanterre", le jeune internaute a bien l'intention de garder un œil sur les publications qui mentionnent le nom de Christiane Taubira sur les réseaux sociaux.

Lors d'un discours de Christiane Taubira (à droite), Valentin Narbonnais (à gauche) relaie sur les réseaux les propos de la ministre. © DR
© DR Lors d'un discours de Christiane Taubira (à droite), Valentin Narbonnais (à gauche) relaie sur les réseaux les propos de la ministre.

"Ce que mes parents ont semé, Taubira le cultive"

Né en 1993 à Paris, le jeune homme vit entre la métropole et la Martinique où il croise un jour la route de la Guyanaise. Originaire du quartier populaire de Trénelle à Fort-de-France, il se souvient des "visites de Christiane Taubira à Serge Letchimy au siège du PPM (le Parti progressiste martiniquais créé par Aimé Césaire), notamment lors des régionales de 2010". "Je sais qu’elle a eu vent à cette époque de l’éveil politique qu’elle suscitait en moi. Elle en discutait souvent avec ma maman, se rappelle celui qui tout petit déjà accompagnait ses parents dans l'isoloir. Ce qu'ils ont semé, Taubira l’a cultivé".

Au conseil municipal de Colombes

En 2009, Valentin Narbonnais se lance en politique et remporte les élections municipales des jeunes de Colombes dans les Hauts-de-Seine. "Une ville mosaïque, d’une richesse culturelle et cultuelle", où il réside depuis l'âge de 12 ans, avec ses parents. En parallèle, Valentin Narbonnais s’engage au Parti Socialiste. "J’ai adhéré au MJS (mouvement des Jeunes socialistes) puis j’avais envie d’être au contact des aînés", explique l’actuel secrétaire général adjoint de la section PS de Colombes et délégué Fédéral du PS des Hauts-de-Seine.

Valentin Narbonnais aux côtés de François Hollande lors de la campagne de 2012. © DR
© DR Valentin Narbonnais aux côtés de François Hollande lors de la campagne de 2012.

Aux côtés du candidat Hollande

En 2012, Valentin Narbonnais est appelé aux côtés de François Hollande pour rédiger les 30 propositions du candidat à la présidentielle pour les Outre-mer. "C’était incroyable, je préparais mon bac et je me retrouvais dans l’équipe du candidat, avec Victorin Lurel, George Pau-Langevin, Stéphane Le Foll et surtout Christiane Taubira", s’émerveille le jeune homme qui tutoie aujourd’hui "ses amis" devenus ministres. "Ils me parlaient de 1981 et la victoire de la gauche, je me demandais quand j’allais vivre cela ! 2012 était une année extraordinaire".

La désillusion

Deux ans plus tard, c’est la désillusion. Le 30 mars 2014, la liste socialiste de Philippe Sarre, sur laquelle est inscrit Valentin Narbonnais, est battue aux municipales. "Un coup de massue injuste", estime le jeune homme qui vit sa première désillusion politique.

La même année, l’état de santé de sa mère, gravement malade, empire. "Maman a croisé Christiane Taubira quelques mois avant de mourir, confie-t-il. "La garde" l’a serrée très fort dans ses bras, en pleurant, comme si elle savait que c’était la dernière fois qu’elle la voyait".

Valentin Narbonnais et Christiane Taubira lors de la campagne PS de 2012 pour le candidat Hollande. © DR
© DR Valentin Narbonnais et Christiane Taubira lors de la campagne PS de 2012 pour le candidat Hollande.

Et 2017 ?

A l’approche de 2017, Valentin Narbonnais ironise face à "une droite en débâcle avec Sarkozy qui a le parti, Fillon le programme et Juppé les sondages". Mais qui pour représenter la gauche ? Le jeune homme verrait bien François Hollande, " à condition qu’il fasse baisser la courbe du chômage". "Personnellement, moi, président, murmure-t-il avec un sourire discret, je n’aurais pas conditionné ma candidature à cela".

 

Bien sûr, Valentin Narbonnais préférerait voir "son modèle", Christiane Taubira accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat, "mais parfois j’ai peur pour elle", avoue-t-il avec affection. "Il faut qu’elle se repose après la chancellerie, cette femme donne tout pour son métier et se met en danger pour servir les autres".

La campagne des régionales

Lui qui voulait être avocat ne sait plus bien : "le métier se durcit, être rémunéré au SMIC pour une décennie d’études, j’hésite". Le jeune homme reste aussi de tous les combats et multiplie les soirées porte-à-porte pour défendre, à Colombes, la candidature de Claude Bartolone aux régionales.

Malgré des appels du pied de certains politiques en Martinique, Valentin Narbonnais n’envisage pas un retour dans son île. "J’y vais une fois par an, c’est vital pour moi, mais je pense que j’ai d’autres projets à accomplir ailleurs", confie le conseiller régional des jeunes d’Ile-de-France.


Les conseils de Taubira

Bercé par les lectures de Césaire, Fanon, Hugo et Glissant, Valentin Narbonnais garde dans son téléphone les bons conseils que lui distille au gré de leurs rencontres, la garde des Sceaux.  

Valentin, ne cesse surtout jamais de te cultiver, de t’instruire et de demeurer à l’écoute des autres. En politique, c’est avec les autres que l’on améliore la vie, pas sans eux et même pour eux.










Ce message de Christiane Taubira, il l’a sauvegardé dans son téléphone et le relit souvent. "Elle me guide, je l’aime énormément et elle me le rend bien", conclut celui qui rêve un jour de briguer un mandat.

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