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Les enfants de Saint-Denis se déchaînent sur les rythmes du gwoka

Sous la férule du danseur Max Diakok, une vingtaine d’élèves de l’école primaire Louis Pasteur  de Saint-Denis s’initient chaque semaine au gwoka, une musique traditionnelle originaire de la Guadeloupe.

©‎TDB. Les enfants de Saint-Denis découvrent le GwoKa aux côtés de Max Diakok et de Nathalie, sa percussionniste.
©‎TDB. Les enfants de Saint-Denis découvrent le GwoKa aux côtés de Max Diakok et de Nathalie, sa percussionniste.
  • Par Thomas-Diego Badia
  • Publié le
Embaumée par un soleil d’automne, la cour de récréation bruisse encore des cris des enfants de l’école primaire Louis Pasteur, grand bâtiment terne de la cité Floréal à Saint-Denis. Il est 16 heures 15. Quelques secondes auparavant, la sonnerie annonçait le début des ateliers périscolaires. Sous le préau, le nez collé aux grandes baies vitrées d’une salle de jeu, des enfants intrigués regardent l’étrange spectacle qui se déroule sous leurs yeux.

Retrouvez les photos des cours de gwoka dans le diaporama ci-dessous :
 
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Au fond de la grande pièce, six fillettes de CM1-CM2 tournoient dans un ballet mystérieux autour de Max Diakok et de Nathalie, sa percussionniste. Pour la deuxième fois en septembre, le danseur-chorégraphe originaire de Guadeloupe anime sa séance de gwoka, une musique de résistance héritée des siècles d’esclavage. "Une quinzaine d’élèves sont venues la semaine dernière, c’est un peu moins aujourd’hui", constate le directeur de la Compagnie Boukousou.
 

Danse au rythme du « toumblak » et du « kaladja »

Cet après-midi, Max Diakok et ses jeunes disciples révisent deux des sept rythmes du gwoka appris la semaine passée. "Le toumblak et le kaladja qui traduisent la joie et la tristesse", s’exclament-elles en cœur. Et lorsque le maître "tambouyé" frappe sur la peau de cabri tendue de son Ka, le tambour traditionnel guadeloupéen, les petites se mettent soudainement à bouger en cadence. Appliquées, elles répètent les incantations en créole du "banjoguita", une succession d’onomatopées qui forment un chœur rythmique. Belinda, 10 ans Naylis, 9 ans, toutes deux antillaises, imitent minutieusement les gestes et marchent dans les pas du grand Max.


Transmettre la culture antillaise

Moins d’une heure plus tard, Max Diakok et sa musicienne ont à peine le temps de souffler qu’un tourbillon d’une dizaine d’enfants de 6-7 ans entre dans la pièce. "Ils sont très excité à cette heure de la journée", sourit le danseur. Malgré leur attention souvent volatile, les corps des jeunes apprentis s’adaptent aisément aux rythmes endiablés du tambour. 

Retrouvez en vidéo les danses des deux groupes d'enfants : 


A la fin de l’atelier, les élèves sont ravis.  Pour certains, c’est une belle découverte. Jade, 6 ans, s’émerveille des différentes tonalités du Ka, "même si c’est difficile d’en jouer". William, lui, connaissait déjà. Originaire de Martinique, il a été poussé par son père, "soucieux de transmettre la culture antillaise à ses enfants".  Le garçon de 7 ans se souvient "des danses, du tambour et des grandes rondes en famille".
 

"Nourrir l’imaginaire"

Partager sa passion, c’est le projet de vie de Max Diakok et le but de son travail avec les jeunes. L’atelier gwoka est "l’occasion de faire découvrir [sa] culture à un public cosmopolite comme celui de Saint-Denis", et pour les enfants des Caraïbes, de revenir sur une musique méconnue. "A partir d’une expression libre sur les bases et rythmes du gwoka, je veux nourrir leur imaginaire. De très belles choses surgissent alors", se félicite l’artiste.

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