Eramet reporte le projet de centrale au charbon de la SLN à Doniambo

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La 1er.fr
Photo Alain Jeannin. Acier inoxydable au ferronickel SLN 25 Eramet ©Alain Jeannin
Le groupe minier et métallurgique français a annoncé mercredi vouloir limiter ses investissements industriels. À Nouméa, le projet de centrale électrique au charbon serait reporté. Comme toutes les compagnies minières, Eramet est confronté à la forte baisse du prix des matières premières.

La SLN au régime sec

"Temporisation dans le timing", c'est en ces termes métaphoriques, qu'une source bien informée et proche du groupe Eramet, confirme le report du projet de nouvelle centrale électrique au charbon pour l'usine de ferronickel de Doniambo. Un projet pourtant essentiel pour remplacer l'antique centrale au fioul et pérenniser la production et faire baisser les coûts.  La même source indique que le groupe Eramet a fait des investissements importants en Nouvelle-Calédonie.

Après Glencore, son concurrent anglo-suisse le mois dernier, c'est donc au tour du fleuron minier français d'annoncer une cure d'austérité sans précédent pour faire face à la faiblesse des cours du nickel et du manganèse. Eramet a accusé au premier semestre une perte opérationnelle courante de 70 millions d'euros contre un bénéfice de 14 millions pour la période correspondante de 2014. Le groupe assure conserver une liquidité financière de 1,8 milliards d'euros. En Bourse, le titre a perdu 47 % depuis janvier 2015.

Pas de commentaire d'Eramet

Contacté par la 1ere.fr à Paris, la Direction du groupe Eramet se refuse à tout commentaire. Dans son communiqué publié après son conseil d'administration, Eramet indique également vouloir poursuivre ses cessions d'actifs afin d'améliorer ses flux de trésorerie dans un contexte de crise sur le marché des métaux. Un expert parisien qui souhaite également conserver l'anonymat, estime qu'il s'agirait de la vente d'unités industrielles et minières en Norvège et au Sénégal. 

De son côté, Didier Julienne expert des matières premières ne s'étonne pas de la situation: " j'ai mis en garde depuis 2012 sur la chute des cours du nickel et sur la situation très fragile de la SLN en raison de ses coûts de production, or rien n'a été fait pour la protéger de la crise".

Le gouvernement sensibilisé

De sources sûres, on apprend que les plus hautes autorités de l'État s'inquiètent directement de la situation du nickel en Nouvelle-Calédonie. A Paris, les consultations d'experts ont commencé à huis clos.