Nouvelle-Calédonie : "Eramet et la SLN vont s’en sortir", déclare Philippe Chalmin

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Métallurgiste du nickel
Métallurgiste grec de Larco dans l'usine de nickel de Larymna ©Alain Jeannin
Pour le coordonnateur du rapport Cyclope 2015, considéré comme la référence des matières premières, le dernier fleuron minier et métallurgique français est dans une situation tendue, mais pas « catastrophique ». Hasard ou coïncidence, le marché du nickel retrouve des couleurs positives.
Rassurer les marchés des capitaux et tenir jusqu’à la reprise des matières premières. Le groupe Eramet va prendre un train de mesures destiné à surmonter notamment la faiblesse des cours du nickel. En Nouvelle-Calédonie, le projet de nouvelle centrale thermique est « suspendu », mais l’emploi est préservé. La réaction des investisseurs institutionnels est positive.

Opinion éclairée

Il pleut et il fait froid sur Paris. Philippe Chalmin nous répond au téléphone, coincé dans les embouteillages des départs en vacances de la Toussaint. « Eramet a de la ressource, car c’est un groupe diversifié et ses actionnaires, notamment le FSI (Fonds stratégique d’investissement, ndlr) sont solides ». Les propos plutôt optimistes du professeur d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine sont cependant réalistes : « le foyer des pertes d’Eramet c’est le nickel et c’est ce que voit la Bourse ». 
 
Et Philippe Chalmin de préciser sa pensée : « Eramet, on l’oublie, c’est aussi des milliers d’emplois dans des usines d’alliages spéciaux pour l’aéronautique et l’industrie, en Auvergne et en Normandie, et dans d’autres usines encore au Gabon et aux Etats-Unis ». Pour ce grand témoin de l’histoire mouvementée des métaux sur les marchés mondiaux « Eramet a pris les décisions difficiles mais nécessaires pour préserver ses atouts et ceux de la SLN calédonienne  qui n’est pas seule au monde ».

Le nickel remonte

Le quotidien Metal Bulletin est la référence de la presse anglo-saxonne pour l’ensemble des matières premières. A la City de Londres, ses analystes soulignent que les cours du nickel ont bénéficié cette semaine d'une forte demande asiatique pour la production d’acier inoxydable de type 304. À Shangai, le métal a vécu l’une de ses plus fortes reprises. Les cours du nickel ont clôturé à 10.620 dollars, en hausse de 2 %. Pour le Metal Bulletin, « la forte demande en nickel a contribué à la fermeté des prix de l’acier inoxydable ». Vendredi soir et malgré un ciel gris de Toussaint, le groupe français Eramet progressait de 4,40 % à la Bourse de Paris. Les analystes parisiens ont visiblement approuvé les mesures d’économie tous azimuts décidées par Eramet.

A lire : le site du rapport Cyclope sur les matières premières 
 
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