Glob’îles #8 : la plus grande réserve marine du monde va-t-elle voir le jour en Polynésie ?

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Poema du Prel, consultante pour l'ONG internationale Pew Charitable Trusts
Poema du Prel, consultante pour l'ONG internationale Pew Charitable Trusts ©CB
La 1ère poursuit sa série de reportages hebdomadaires avant la Conférence climat, la COP21 qui aura lieu à Paris à partir de 30 novembre. Pour son huitième volet, Glob’îles part à Tahiti à la rencontre des partisans de la grande réserve marine des îles Australes. 
La Polynésie française est une collectivité unique au monde. Le Fenua compte une population d’environ 250 000 personnes pour une surface aussi vaste que l’Europe. Dans l’océan, toute la pêche au chalut est interdite en Polynésie française ainsi que l’accès aux navires étrangers. Mais la population des îles australes veut aller encore plus loin en proposant la création de la plus grande réserve marine au monde au large des îles australes. Cet archipel situé au sud de Tahiti est composé de cinq îles habitées : Tubuai, Rurutu, Rimatara, Raivavae et Rapa. La 1ère est parti à Tahiti à la rencontre de ceux qui se battent pour la création de Rahui Nui No Tuhaa Pae (Le grand rahui des Australes) : 

A l'approche de la COP21, voici un projet intéressant en Polynésie : la plus grande réserve marine au monde va peut-être voir le jour aux Australes.

Trois questions à Jérôme Petit
 Directeur du bureau de Pew en Polynésie

Jérôme Petit, directeur du bureau de Pew en Polynésie
Jérôme Petit, directeur du bureau de Pew en Polynésie ©CB

A votre avis quelles sont les conséquences les plus évidentes du changement climatique en Polynésie ?
Les conséquences les plus évidentes sont probablement dues à l’élévation du niveau marin et les épisodes cycloniques. Nous avons connu plusieurs épisodes cycloniques récents dans un pays où le risque est normalement considéré comme faible. Du coup, les aménagements ne sont pas adaptés. Les cyclones majeurs de 1982-1983 ont causé des dégâts de 80 millions d’euros. Les populations des Tuamotu ont du être déplacées vers Tahiti. On craint en ce moment une intensification des cyclones dans la région.
 
La hausse du niveau des mers est-elle déjà visible ? Sur quelles îles ?
En Polynésie, l’élévation du niveau marin se monte à 7.5 cm depuis 30 ans. On assiste à des modifications de la ligne de rivage, une artificialisation importante des rivages (par les remblais ou enrochement), une disparition de certaines plages, des affleurements de la nappe phréatique, des inondations. Il est difficile de mesurer avec exactitude l’effet spécifique du changement climatique, car ces évolutions sont aussi dues à d’autres processus naturels et anthropiques c’est-à-dire provoqués par l’homme (dragage, extraction corallienne, etc).

Les 82 atolls de Polynésie française (20 % des atolls de la planète), qui s’élèvent à 4 mètres maximum, et construits par le corail sont particulièrement vulnérables. Des vagues de 15 mètres ont été enregistrées sur l’île de Hao au Tuamotu lors de la période cyclonique en 1982, 1983.
 
La perte de biodiversité est-elle réelle et liée au changement climatique ?
L’impact du changement climatique sur le corail entraine des conséquences majeures pour tous les écosystèmes marins, car les récifs sont des nurseries pour les poissons. Donc, la fragilisation des coraux a des impacts sur la pêche, mais aussi sur le tourisme (hautement lié à qualité de l’environnement marin), la perliculture (augmentation des maladies de la perle et des blooms d’algue).
C’est pourquoi, les projets d’aires marines protégées en Polynésie aux îles australes et aux îles Marquises sont indispensables pour la résilience des écosystèmes.  
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