Dans les mosquées d'Outre-mer, la communauté musulmane se mobilise contre le terrorisme

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Musulmans d'outremer
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Vendredi, jour de prière pour les musulmans, des centaines de fidèles se sont réunis dans les mosquées d'Outre-mer. Sous le choc, ils ont appelé à faire bloc contre une dérive sectaire qu'ils ne cautionnent pas. 
De Martinique à La Réunion en passant par la Nouvelle-Calédonie, des centaines de musulmans d'Outre-mer se sont retrouvés vendredi dans les mosquées pour le traditionnel jour de prière. Une semaine après les attentats de Paris qui ont fait au moins 130 morts, imams comme fidèles ont voulu montrer leur solidarité avec les victimes et les familles. Tous ont appelé à ne pas faire d'amalgames entre islam et terrorisme. Sous le choc, beaucoup ont dénoncé "des criminels qui n'ont aucun lien avec la religion".
 

Martinique : jour de prière particulier pour les musulmans

En Martinique, la communauté musulmane s'est retrouvée à la mosquée de Fort-de-France. Un moment particulier, une semaine après les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Ces évènements dramatiques étaient au cœur des prêches de l'imam M'Baké. "Je voulais montrer comment l'Islam voit la paix. [...] La mort d'un homme de façon brutale, ça choque en tant qu'être humain", a-t-il déclaré à Martinique 1ère.
 
"On n'approuve pas ce qui s'est passé à Paris. Ceux qui ont fait les attentats interprètent mal l'Islam", s'indigne Mansour, un fidèle.
 

Nouvelle-Calédonie : les fidèles saluent une France "unie" et regrettent les "amalgames"

En Nouvelle-Calédonie aussi, la petite communauté musulmane est toujours sous le choc une semaine après les attentats. Ses membres parlent de barbarie et saluent la réaction de la France, qui, selon eux, n'a pas joué le jeu des terroristes et est restée unie. "C'est le monde entier qui a été bouleversé", explique Affif à Nouvelle-Calédonie 1ère. "C'est une onde de choc terrible", poursuit-il.
 
Pour beaucoup de musulmans, les récents attentats ont provoqué une nouvelle vague de suspicion à leur égard. "L'amalgame est fait directement. Beaucoup moins ici, parce qu'on est à 22.000 kilomètres", souligne un jeune homme. 
 

Polynésie : "les premières victimes de ces actions sont les musulmans"

Actuellement en métropole, Hicham El Barkani, fondateur et président du centre islamique de Tahiti, a dénoncé au micro de France 24 en arabe des "actions issues d'un groupe sectaire extrêmement minoritaire au sein de la communauté musulmane et qui n'ont aucun lien avec la religion". Voisin de l'assaut mené mercredi contre des terroristes dans un immeuble de Saint-Denis, il a tenu à souligner que "l'islam n'a aucun lien avec ces actions, que l'islam est une religion de paix et de miséricorde". "Les premières victimes de ces actions sont les musulmans eux-mêmes, les premières victimes des amalgames, des regards dans la rue", a regretté l'imam, qui s'est heurté ces dernières années à l'hostilité de la population tahitienne.
 

La Réunion : "Ces crimes n'ont rien à voir avec l'islam"

Des centaines de fidèles tout de blanc vêtus ont rendu hommage aux victimes des attentats à la grande mosquée de Saint-Denis. Houssen Amode, président du conseil régional du culte musulman, a condamné "des crimes qui n'ont rien à voir avec l'islam. Aucune religion n'invite à tuer au nom de dieu", rapporte le site Imazpress. "Nous avons voulu envoyer un message très fort à l’attention de tous les Réunionnais pour signifier que nous allons combattre, nous allons rester ensemble et debout. Il n’est pas question de céder à la peur ou la terreur", a-t-il martelé. Un même texte d'hommage a été lu dans toutes les mosquées de l'île.
 
En parallèle, le groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion a organisé un hommage aux victimes des attentats de Paris, sur le parvis de Droits de l'Homme à Saint-Denis.